SUTTYHUDEO TENGUR Négociateur – Government Hindi Teachers’ Union

Si pour certains l’annonce de la gratuité pour les études universitaires est une mesure électoraliste, par contre pour la majorité des parents dont les enfants ont entrepris des études tertiaires à l’UoM, cette décision est salutaire.

L’octroi de cette gratuité se situe dans une logique où l’éducation à Maurice est déjà aux frais de l’État pour le primaire et le secondaire. Donc, cette décision de Pravind Jugnauth quant à l’accès aux études tertiaires complète la boucle de l’éducation gratuite à Maurice.

Les retombées de cette mesure sont multiples. D’abord, la majorité des étudiants universitaires viennent de la classe moyenne et du bas de l’échelle. Pour la plupart de ces parents dont les salaires ne dépassent pas Rs 25 000 mensuellement, offrir à leurs progénitures une étude universitaire requiert d’énormes sacrifices. D’ailleurs, très peu des parents aisés optent pour l’Université de Maurice, préférant envoyer leurs enfants à l’étranger. Donc, ceux dont les enfants fréquentent l’UoM appartiennent à la classe défavorisée.

L’autre aspect important demeure le fisc. Les parents dont les dépenses universitaires locales touchent la barre de Rs 44 000 annuellement bénéficient d’une exemption sur leur fiche d’impôt. Par contre, si cette somme est inférieure, cette exemption devient nulle. Il y a eu des cas dans le récent passé, où des parents ont dû rembourser des sommes conséquentes car ils réclamaient cette exemption alors que les dépenses universitaires étaient inférieures à Rs 44 000 ! Cette mesure est donc un grand soulagement pour ces parents qui tombent dans cette catégorie de payeurs d’impôts.

Cette décision du Premier ministre a en effet régularisé cette situation et a en même temps apporté un équilibre dans le système éducatif à Maurice. Ce sont là des effets dans le court et moyen terme. Mais dans le long terme, c’est le pays qui sortira grand gagnant. Car à l’avenir, on aura une main-d’œuvre hautement qualifiée qui, pourra répondre aux nouvelles exigences du développement mondial et se mettre dans les souliers de Singapour. C’est dans cette optique qu’il faut entrevoir les effets de cette mesure car la compétence pourra se mesurer avec celle de n’importe quel pays du monde. Ce sera aussi une grande ouverture pour le pays dans son ensemble.

L’île Maurice a souvent pris ce tigre asiatique comme référence. Mais, il faut compter que le grand succès économique de ce petit pays asiatique repose sur une main-d’œuvre hautement qualifiée avec une formation universitaire.
Cette décision du gouvernement positionne le pays vers un avenir assuré avec une économie de plus en plus compétitive.

8 janvier 2019