La Human Rights Education fera son entrée dans le cursus du secondaire très bientôt. Une soixantaine d’enseignants de Social Studies suivent en effet actuellement une formation dispensée par deux représentants du Commonwealth Secretariat. Ces classes sont destinées aux élèves de Form I. Le projet pilote concerne dix collèges, d’Etat et privés, dont un à Rodrigues.
La Human Rights Education sera intégrée à la classe de Social Studies. Pour ce projet pilote, seuls les élèves de Form I seront concernés. La première ébauche du programme a été élaborée pour les enfants de 11 à 13 ans. Une soixantaine d’enseignants et quelques recteurs ont ainsi suivi une formation pour la mise en pratique du projet dans 28 collèges, dont un à Rodrigues.
Diana Copper, Human Rights Adviser au Commonwealth Secretariat, qui a assuré la formation, explique : « La Human Rights Education concerne la sensibilisation aux droits humains. Les enfants seront familiarisés sur le contenu de la déclaration universelle des droits humains ainsi qu’à la Constitution de Maurice. » Mais au-delà, ajoute-t-elle, l’éducation des droits humains concerne aussi les comportements et les attitudes. « Les enfants apprendront comment interagir avec les autres, avec les enseignants, ainsi que les valeurs comme le respect, la responsabilité et la diversité, entre autres. »
Au cours de la formation, qui a duré deux jours pour chaque groupe d’enseignants, différentes activités du programme ont été expérimentées. Les enseignants seront maintenant appelés à mettre en pratique ces exercices. Leur « feedback » permettra de finaliser le « toolkit » pour la Human Rights Education. Dans un premier temps, seul le “lower secondary” sera concerné par la Human Rights Education. Paul Mc Adams, consultant du Commonwealth Secretariat, précise cependant : « Le programme pourrait s’agrandir. Par ailleurs, il existe aussi, dans le cursus au primaire et au secondaire, certains éléments de l’éducation aux droits humains qui sont déjà présents. »
Pour Madoo Ramjee, recteur d’un collège d’Etat ayant participé à la formation, plusieurs partenaires, dont la Human Rights Commission et le bureau de l’Ombudsperson for Children, doivent être impliqués dans le projet. « A Maurice, il y a un problème : on parle souvent des droits, mais pas assez des responsabilités. » Il ajoute qu’au-delà des enseignants de Social Studies, c’est le collège tout entier qui devrait être formé, « car c’est l’école qui permettra d’apporter des changements dans la société ». Ce projet fait suite à une requête du bureau du Premier ministre pour une assistance technique du Commonwealth Secretariat pour l’intégration de l’éducation aux droits humains dans les écoles. La première phase a débuté en 2011, avec la révision des politiques d’éducations existantes. En 2014, le développement d’un cursus sur l’éducation aux droits humains a démarré et l’atelier de validation s’est tenu en 2015.