« Notre proximité avec le continent africain doit être exploitée au maximum, surtout qu’en Afrique, le nombre de ceux en âge d’étudier devrait doubler de 200 millions actuellement à 400 millions d’ici 2045 ». C’est l’appel lancé aux institutions tertiaires à Maurice par la ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun. Elle intervenait jeudi à l’occasion du Jubilé d’Or de l’Université de Maurice (UoM). La ministre a appelé l’UoM à puiser dans la mobilité internationale croissante des étudiants. Pour exploiter ce potentiel, souligne-t-elle, « il est d’une importance capitale d’établir des partenariats interinstitutionnels de même que de nouvelles approches d’apprentissage qui incluraient un mélange d’études dans son pays et à l’étranger ».
« En tant que plus ancienne université à Maurice, l’UoM doit puiser dans la mobilité estudiantine internationale grandissante », devait dire la ministre de l’Éducation à l’occasion des 50 ans de l’UoM jeudi dernier. Selon elle, les chiffres sont parlants. Rien que l’an dernier, quelque 5 millions d’étudiants à travers le monde avaient bougé vers d’autres pays pour des études. Il est prévu que le chiffre atteigne les 8 millions d’ici 2025. Par ailleurs, selon la ministre, sachant qu’environ 50 % des étudiants africains choisissent d’étudier dans des universités sud-africaines et le reste en Europe et aux États-Unis, « les possibilités sont énormes si nous pouvons nous positionner comme un “quality tertiary education provider” ».
Pour cela, selon la ministre, « il est d’une importance capitale d’établir des partenariats sans frontières entre les institutions ». Ce nouveau contexte explique aussi, dit-elle, « notre volonté d’accueillir des campus d’institutions de renom au niveau local ». Bien sûr, nuance-t-elle, « il faut des protections. Il faut décourager les usines à diplômes ». Le Higher Education Bill en cours de préparation au sein de son ministère, dit-elle, aidera à harmoniser les lois gouvernant ce secteur. « Ce projet de loi est basé sur les principes de l’efficience, l’efficacité et la transparence, entre autres ».
La ministre Dookun a par ailleurs lancé un appel à l’UoM ainsi qu’à d’autres institutions tertiaires à se focaliser davantage sur leurs capacités de recherches en vue de transformer Maurice en un “knowledge hub”. « Nous oublions trop souvent la création de nouvelles connaissances. Pour que l’UoM soit encore plus crédible, l’environnement autour des recherches devrait être riche. Les recherches devraient être engagées et éthiques, s’adresser à des thèmes d’actualité à Maurice, dans la région ou concernant l’humanité. À l’instar de l’économie océanique, la biotechnologie, les énergies renouvelables et le changement climatique. »
Leela Devi Dookun a d’autre part souligné que même s’il y a une compétition entre les institutions tertiaires du pays, « Maurice est trop petite pour que les ressources précieuses soient éparpillées ». La relation coût/efficacité dicte aujourd’hui, selon elle, la nécessité d’une collaboration, d’un partage et d’une mise en commun des connaissances et des chercheurs ainsi que d’autres facilités. « Cela peut paraître une tâche difficile avec des propriétés intellectuelles et tout. Mais, ce n’est pas une tâche impossible. Prenons le fameux cas de la double hélice d’ADN. Il a fallu quatre scientifiques travaillant dans diverses parties du monde, mais partageant leurs découvertes pour résoudre le mystère de l’ADN. Les lauréats du Prix Nobel ne travaillent pas dans le même laboratoire ou dans le même pays, mais le partage est devenu leur devise en tant que scientifiques ». Elle a ainsi lancé un appel à l’UoM de montrer la voie.