ÉDUCATION TERTIAIRE : De nouveaux plans de financement pour la recherche

Le financement du gouvernement pour la recherche a triplé cette année, passant de Rs 16 millions à Rs 50 millions. La Tertiary Education Commission (TEC), organisme responsable pour le partage de ce fonds, a lancé 13 plans de financement pour différents types de recherche à Maurice.
Les 13 plans ont été officiellement lancés jeudi matin au centre de conférences à Trianon en présence des acteurs du secteur éducatif. Selon un récent rapport publié sur la recherche en Afrique, ce secteur ne se développe pas à son niveau optimal à cause d’un manque de financement. Si la tendance a commencé à changer depuis peu de temps, Sid Nair, directeur général de la TEC, soutient qu’il est plus que jamais nécessaire pour l’Afrique d’être au premier plan dans la recherche. La société, dit-il, bénéficiera grandement de la hausse du financement octroyé pour la recherche. « 2018 sera l’année du développement des compétences et des capacités. D’ici trois ans, nous allons consolider notre position comme un centre régional pour la recherche ». Mais pour Sid Nair, la recherche requiert aussi de la patience, même si l’effet attendu ne se produit pas. « Même si les effets ne se voient pas rapidement, il faut faire de la recherche, pour le bien de la société ». Mais pour ce directeur, il ne faut pas mettre l’accent uniquement sur la recherche et négliger l’enseignement. « Il faut un équilibre entre la recherche et l’éducation car les deux sont importantes ».
Pour soutenir les institutions tertiaires publiques en matière de recherche, une collaboration étroite a été conclue entre Maurice et l’Australie. « Il y a un besoin pressant pour la recherche dans les domaines de l’agriculture, la santé et les problèmes sociétaux », dit Surendra Bissoondoyal, président de la TEC, car la société est rongée par plusieurs fléaux. Pour que la recherche puisse se faire dans de bonnes conditions, avance-t-il, il incombe aux universités d’offrir un environnement propice pour les chercheurs et les étudiants.
Un professeur d’une université étrangère sera à Maurice en novembre pour des discussions pour encadrer les universités publiques sur la recherche. Par ailleurs, des accords ont été signés avec deux universités australiennes, la Murdoch University et Edith Cowan University, pour des bourses et des Joint PhD.
Présente lors de ce lancement, la ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, ne cache pas le fait que la recherche nécessite des investissements importants, d’où la nécessité d’augmenter le fonds. Pour elle, le manque de financement est la raison d’une recherche faible. « Nous sommes déterminés à changer cette situation tout en améliorant la qualité de l’enseignement », dit la ministre. Elle ajoute que des chercheurs étrangers viendront collaborer avec leurs homologues mauriciens.
Les plans lancés par la TEC sont, entre autres, Visiting Fellowship For International Researches, Early Career Research Grant, Visiting Fellowship Scheme For Academic Staff in Public TEIs, Capacity Building Workshops/Seminars, Training For The Higher Education Sector, International Conferences/Workshops For PHD Students.
La recherche devient un élément essentiel pour rehausser le niveau des universités publiques mauriciennes. Maurice a signé et soutient l’accord de Kigali visant à placer les universités africaines parmi les 300 premières au monde d’ici 2030.

 
UOM — Leela Devi Dookun : « Nous laissons l’université agir en toute autonomie »
 
Répondant à une question du Mauricien sur la décision de l’Université de Maurice mercredi après-midi de geler les Graduation Fees suite à une deuxième manifestation des étudiants, la ministre de l’Éducation « préfère ne pas s’immiscer » dans cette affaire. « J’ai pris connaissance des requêtes des étudiants et je sais que le vice-chancelier cherche des moyens d'aider les élèves. Je préfère que l’université agisse en toute autonomie et gère ce problème. Je pense qu’ils trouveront une solution », dit-elle. En effet, suite à la hausse des Graduation Fees par le conseil de l’Université de Maurice, l’union des étudiants avait manifesté sa colère à deux occasions. La décision d’aller vers une grève de la faim était également évoquée.