ÉDUCATRICES SPÉCIALISÉES À L’APEIM : En confidence et en confiance

Elles n’étaient pas destinées à faire ce métier. Aujourd’hui, elles ne se voient pas en changer tant elles s’y plaisent. En sus de s’occuper des petits, elles sont ravies de partager des moments de bonheur avec ceux-là qui sont atteints d’un handicap mental. Sahera Curumthaullee, Sindy Christian, Valérie Vythilingum et Véronique Jumeau sont éducatrices spécialisées à l’Association de Parents d’Enfants Inadaptés de l’Ile Maurice (APEIM) de Barkly.
Uniquement par un sourire, ces petits parviennent à égayer leur quotidien. Par moments, il leur arrive aussi de les surprendre par leurs petits gestes affectifs et des mots doux. À l’école, Sahera Curumthaullee, Sindy Christian, Valérie Vythilingum et Véronique Jumeau ne s’arrêtent pas à leur rôle d’éducatrice spécialisée. Elles agissent comme une mère, une confidente pour ces enfants, qui ont besoin d’amour, d’attention et de soutien. Que ce soit pendant les classes, la récréation ou les moments de détente en groupe, c’est avec le même sourire et le même dévouement qu’elles partagent des instants de joie avec leurs petits bouts de chou de l’Association de Parents d’Enfants Inadaptés de l’Ile Maurice (APEIM) de Barkly.

Amour.
Elles comptent toutes une dizaine d’années comme éducatrices spécialisées dans ce domaine, hormis Valérie Vythilingum, qui s’est laissée tenter par l’aventure, il y a seulement cinq ans. Elles ont une chose en commun : l’amour pour les enfants. Avant de rejoindre l’APEIM, Valérie Vythilingum a travaillé pendant douze ans au centre de la Fraternité Mauricienne des Malades et des Handicapés (FMMH). Véronique Jumeau et Sahera Curumthaullee se sont occupées d’enfants de la maternelle. Venue effectuer un stage d’une semaine, Sahera n’est plus repartie. “C’est bien souvent ainsi que cela se passe. Nous venons pour voir et on finit par aimer et poser nos valises”, confie Valérie. Aujourd’hui, personne n’est prête à laisser sa place pour un autre travail.

Adaptation.
Ce ne sont toutefois pas les difficultés, les moments de doute et de découragement qui manquent lorsqu’on exerce un tel métier. Ces jeunes femmes admettent que tout n’est pas facile au quotidien. Entre s’assurer que tous les élèves se sentent bien dans leur environnement, gérer les cas difficiles, apporter une attention et un soutien supplémentaires à ces petits et faire les classes, leurs journées sont bien remplies, parfois épuisantes. “Il nous faut également gérer des problèmes de comportement et savoir comment agir face à une fugue”, raconte Sahera.
Dans le passé, elles ont déjà rencontré ce genre de cas. Souffrant de troubles de déficit de l’attention, un élève quittait régulièrement l’enceinte de l’établissement sans l’autorisation des éducatrices. C’était la panique, raconte Sahera. “Il nous fallait lui courir après, le ramener et surtout parvenir à l’aider à canaliser son énergie.” Les enfants étant pour la plupart très bruyants et énergiques, ces jeunes femmes ont eu du mal à s’adapter à l’environnement des handicapés mentaux. “Au début, à force de les entendre émettre des bruits, crier pendant toute la journée, je rentrais tous les jours à la maison avec une migraine. Je m’étais même demandée si j’allais continuer ou pas”, confie Valérie.

Autonomie.
C’est aujourd’hui avec un amour immense mais aussi avec une grande patience que Sindy et ses collègues prennent soin de ces petits. Elles sont à leur écoute, les aident à compléter leurs devoirs, les accompagnent à l’heure du déjeuner, les font pratiquer la zumba et plusieurs autres activités. Cela fait partie du curriculum, un outil de travail de neuf matières dont disposent les éducatrices de l’APEIM. “Le programme est le même pour tous les enfants, quel que soit leur âge. Sauf que l’adaptation varie selon la capacité de l’élève. Certains prennent plus de temps à comprendre et requièrent une assistance prolongée. En préparant notre plan de travail pour la semaine, nous devons tenir compte des besoins de chacun”, dit Véronique.
À l’APEIM de Barkly, on reçoit des autistes et des trisomiques. Ils sont âgés entre 6 et 20 ans. Certains portent toujours des couches; d’autres ont besoin de se faire aider pour aller aux toilettes. “Les autistes sont des cas particuliers. Ils vivent dans un monde propre à eux et aiment la solitude. Ce qu’ils détestent le plus, c’est le changement”, raconte Véronique. Elle poursuit : “À l’APEIM, nous mettons l’accent sur l’autonomie. Car si un enfant ne peut prendre soin de lui, se brosser les dents, s’habiller, cela ne sert à rien d’essayer de lui apprendre à lire et à écrire.” Acquiesçant, Sindy souligne que “l’autonomie est la base de tout. Nous œuvrons pour l’épanouissement de l’enfant afin qu’il puisse s’adapter et être accepté dans la société”.

Défi quotidien.
Lorsqu’un nouvel élève arrive à l’APEIM, les éducatrices doivent s’adapter à ses difficultés et parvenir à se faire accepter. Sahera Curumthaullee et les autres ont suivi plusieurs formations internes : celle qui leur permet de mieux connaître les différents handicaps à celle basée sur la prise en charge des enfants, en passant par un cours pédagogique et un autre sur l’enseignement spécialisé. Mais elles avouent toutefois avoir appris sur le tas.
Dès qu’elles franchissent le seuil de l’établissement scolaire, Sahera et les autres éducatrices disent mettre de côté toutes leurs préoccupations personnelles. Elles deviennent alors les mamans, les confidentes et les accompagnatrices des petits. “Au fur et à mesure que le temps passe, on oublie les différences. On finit même par apprendre des enfants. On s’attend à tout et on se sent prêt. C’est un défi qu’on doit relever au quotidien. C’est pour cette raison que le travail d’équipe est important.”

Commentaires

c'est tout a fais vraie, c'est notre vie aux quotidiens, que du bonheur, ceux qui ne connaissent pas ce monde, ne peuvent pas comprendre. nous avons toujours des petites anecdots a ramenner. ceux qui travaille a l'apeim ont vraiement un amour pour ces enfants, nous avons tous a l'apeim plusieur annees de service, pour quoi?