Dans ses pensées les plus secrètes, elle caresse ses rêves du bout des doigts. Personne ne devra jamais soupçonner leur “aventure”. Ce n’est pas l’idylle d’une jeune femme désireuse de vivre une liaison interdite. Les choses sont arrivées d’elles-mêmes. Sans préméditation. Elle est tombée amoureuse d’une femme. Une histoire que leurs proches auront bien du mal à accepter.

Cette sensation d’être transportée par l’autre, avec qui elle est en phase. Nul besoin de parole pour se comprendre à demi-mot, au détour d’un regard croisé. Un clin d’œil amusé et complice. Il lui semble impossible de vivre cet amour au grand jour, car deux femmes ne devraient pas s’aimer d’amour. C’est contraire aux bonnes mœurs. C’est péché ! crierait sa mère.

Elle n’a pas cherché à aimer une femme. Ni que cet amour grandisse en silence. Elle éprouve quelque chose de fort pour elle. Une admiration pour une femme qui a osé vivre sa préférence malgré ses incertitudes. Sa grande tendresse s’est mue, un jour, en une passion émue. Sensuelle et précieuse, mais dévorée de culpabilité. Aller contre ses envies véritables serait se mentir à elle-même…

Elle ne demande qu’à s’envoler (ailleurs) pour la rejoindre et s’épanouir au grand jour, en tant que femme libre de son choix, libre de sa sexualité. Elle anticipe le moment redouté du coming out, et s’imagine comment pourraient réagir sa mère et son père, d’honnêtes gens bien comme il faut. Ces parents ne semblent se douter de rien. Il leur serait impensable d’imaginer que leur fille puisse être “comme ça”.

Le petit copain de passage brouille bien les pistes. Si bien qu’elle se pose elle-même des questions à propos des garçons. Elle les trouve “gentils”, mais si peu matures. Ils n’ont souvent aucun projet et n’envisagent l’avenir autrement qu’au jour le jour. Ils ne sont pas très responsables. Ceux qu’elle a connus n’avaient pas la tête sur les épaules, malgré toute leur séduction. Elle a toujours goûté la douceur des sens plutôt que l’intrusion…

Elle veut s’envoler. Poser ses valises ailleurs et laisser libre cours à sa vraie nature. Sa vraie personnalité. Ne plus avoir à se cacher du regard inquisiteur. Si elle se sent heureuse ainsi, pourquoi devrait-elle se soucier de ce que pensent les autres ? C’est sa vie; elle se doit de la vivre au mieux de ses moyens. Ce ne sera sûrement pas en restant ici, à l’étroit entre ignorance et préjugés.

Le silence du secret est un supplice. Elle l’aime si fort que sa peine grandit en son absence. Qu’importe ce que seront leurs retrouvailles ! Ce sera peut-être tendre ou houleux. Sa seule certitude est qu’elle aimera toujours cette femme. Elle ne se l’explique pas. C’est ainsi qu’est sa vie de jeune fille moderne. Elle vit dans son époque et laisse battre son cœur d’amazone…

8 mars. Journée internationale des femmes. On parlera en France de Journée internationale des droits de la femme. Ou lorsque les femmes (divisées par des différences ethniques, linguistiques, culturelles, économiques et politiques) prennent le temps de réfléchir sur leur condition. C’est aussi une lutte pour l’égalité, la justice, la paix et le développement.

L’idée d’une Journée internationale de la femme s’est construite au tournant des 19e et 20e siècles, période caractérisée dans le monde industrialisé par l’expansion et l’effervescence, une forte croissance démographique et l’émergence des idéologies radicales.

Cette année, l’ONU propose de réfléchir aux moyens innovants permettant de faire progresser l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, notamment dans les domaines suivants : les systèmes de protection sociale, l’accès aux services publics et la construction d’infrastructures durables.

Quid de l’indépendance des Mauriciennes dans ce monde interconnecté ?