Deux semaines après la révocation de la Banking Licence de la Bramer Banking Corporation Limited, provoquant l’écroulement de l’empire-B (h) AI Rawat, la maison Rawat essuiera en cette fin de semaine le coup de grâce. Avec le démarrage de l’enquête confiée au Central CID sous la supervision de l’assistant commissaire de police, Heman Jangi, la décision a été entérinée en vue d’enclencher les procédures pour le gel des avoirs de Dawood Rawat et de ses trois filles, en l’occurrence Kerima, qui s’est installée à Washington D. C., aux États-Unis, et le tandem Laina et Adeela, qui, avec leurs époux respectifs Bryan Burns et Claudio Feistritzer, menaient à la baguette les entreprises du groupe à Maurice d’Apollo-Bramwell à Iframac en passant par Courts. En sus de cela, le Central CID devrait loger en cours de journée une motion devant le tribunal de Port-Louis en vue de l’obtention d’un mandat d’arrêt international contre le Chairman Emeritus du groupe BAI, Dawood Rawat. De son côté, le Chief Executive Officer de BAI Co (Mauritius) Ltd, l’étendard du groupe, Oomeshsingh Sookdawoor, aussi connu sous le nom de Rishi, a été entendu pendant trois heures dans les locaux du Central CID, hier après-midi avec les plus perfides insinuant que ce n’est que le début de son calvaire avec une inculpation provisoire en guise de conclusion à cet exercice – qui devra s’étaler sur plusieurs jours. Le BAI Mega Scam s’est également invité aux débats sur le budget 2015-16 avec le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, confirmant l’intention du gouvernement d’aller jusqu’au bout de cette « operasyon netoiyaz ».
D’ici la fin de la journée, la première étape de l’offensive légale contre Dawood Rawat et consorts devra être complétée avec les motions pour les Restraining Orders (gel des avoirs) déposées devant un juge de la Cour suprême siégeant en référé ou encore l’émission du mandat d’arrêt international contre le principal protagoniste du scandale financier BAI disséminé à travers le monde par le réseau Interpol. Ce développement est intervenu dans le sillage de l’examen et de l’Auditing des fichiers bancaires « retrieved » des archives de cette banque-écran BCBG utilisée par les auteurs de cette fraude massive.
Selon les premiers éléments d’informations de ce volet d’enquête menée par la Banque de Maurice et la Financial Intelligence Unit (FIU) sur les transferts bancaires opérés du Common Policy Holders Fund du groupe BAI au profit de Dawood Rawat et des membres de sa famille, le montant des préjudices est estimé dans la fourchette de Rs 8,5 milliards à Rs 10 milliards en attendant la confirmation officielle avec la conclusion du Forensic Auditing Exercise en cours. « Sur la base de ces premières informations, il est plus qu’évident qu’un Prima Facie Case peut être établi contre le Chairman Emeritus de BAI pour détournement de fonds à partir des contributions des clients du Super Cash Back Gold Scheme et pour blanchiment de fonds », indique-t-on dans des milieux autorisés.