Deux semaines après la révocation de la licence bancaire de la Bramer par la Banque de Maurice (BoM), avec une nouvelle entité d’État prenant le relais pour les opérations bancaires, le clan Rawat envisage de passer à l’offensive. Du moins, c’est ce qui découle d’une conférence de presse de Me Yousuf Mohamed (SC), qui se présente comme le porte-parole du Chairman Emeritus du groupe BAI, à son bureau hier après-midi. Les Mohamed Chambers réclament une « judicial review » face à l’ordre de la BoM de mettre hors-jeu la Bramer Bank. D’autre part, avec le jugement de la Cour de Port-Louis rejetant le mandat d’arrêt et les trois inculpations provisoires contre Dawood Rawat par le Central CID, Me Yousuf Mohamed a fait état d’une « claque magistrale contre certaines personnes qui souffrent d’un excès de zèle ».
En annonçant qu’une « judicial review » serait initiée sur la révocation de la licence bancaire de la Bramer, Me Yousuf Mohamed, Senior Counsel, est revenu sur l’ultime journée précédant ce développement de taille dans les services financiers à Maurice. L’homme de loi a fait état d’un délai accordé par la BoM dans la matinée du jeudi 2 avril pour atteindre un pourcentage requis en termes de liquidité. « Le matin même, la BoM avait accepté de donner un délai à la Bramer Bank pour qu’elle arrive au pourcentage requis dans ses liquidités. Et cela avait été fait en écrit. Mais dans la nuit, il y a eu un changement radical. Sans donner aucune raison, ils ont changé d’idée et n’ont pas accordé le délai d’un mois, avec la révocation de la licence de la Bramer Bank. Avec tout le respect que j’ai pour les institutions et les directeurs de la Banque centrale, mon opinion est qu’ils ont fait quelque chose d’atroce avec la Bramer Bank », a déclaré Yousuf Mohamed, citant à cet effet le cas d’une banque anglaise qui faisait face à des problèmes de liquidités, la Bank of England venant à sa rescousse.
Poursuivant sur le même volet, Me Yousuf Mohamed a affirmé qu’il y avait eu des retraits de liquidités par des ministères et des corps para-étatiques après l’avènement du gouvernement de l’alliance Lepep. Il devait également faire part de toutes ses incompréhensions devant le changement radical de position de la BoM entre la matinée et la soirée du jeudi 2 avril. « La BoM est une banque qui fonctionne de manière indépendante et qui, d’après les lois en vigueur, fonctionne sans pression aucune. Mais j’aurais souhaité connaître la raison pour laquelle la Banque centrale a accordé un délai d’opération à la Bramer Bank et, dans la nuit, ils ont révoqué la licence de cette banque sans aucune raison. C’est grave ! », a fait comprendre l’homme de loi.