Il semblerait que la fin de l’été, qui se fait désirer, a cédé la place à la saison des amours dans le monde politique. Plus précisément celles d’éventuelles alliances parce que malgré leurs tonitruantes déclarations et leurs oppositions affichées, la grande majorité des politiciens est d’accord sur une chose: aucun parti ne peut aller aux élections seul.

C’est cette règle non écrite mais scrupuleusement respectée qui réglemente l’action politique locale. Avec sa franchise, qui peut parfois être perçue comme une brutalité, SAJ l’a déjà admis : une alliance du MSM avec le MMM est du domaine des possibilités. Il a, du coup, oublié cette bouchée de gâteau d’anniversaire que Paul Bérenger lui mit dans la bouche, en avril 2014, juste avant d’aller conclure une alliance avec Navin Ramgoolam.

Que ne ferait-on pas pour que sa famille puisse continuer à conserver l’Hôtel du gouvernement et ses privilèges à distribuer aux membres du clan, de la famille et de la cuisine, surtout quand on l’a perdu plus d’une fois au bénéfice de Navin Ramgoolam? Si, du côté du MSM, il suffira d’une décision du père, pour une fois d’accord avec son fils, pour que les troupes marchent au pas, ce ne sera pas aussi facile au MMM. Profondément échaudés par la catastrophique alliance avec Navin Ramgoolam, les militants seront plus difficiles à convaincre. Même s’il semble évident que les membres de la direction sont déjà convaincus qu’il faut “faire des sacrifices pour sauver le pays.” Ce sens du sacrifice peut provoquer des miracles, comme celui de transformer un petit crétin détesté en petit frère perdu et retrouvé. Un petit frère sur le point d’être retrouvé qui gagnerait à demander à ses députés de tourner leur langue plusieurs fois dans leur bouche – comme Tarolah ! – avant de dire n’importe quoi. Par exemple que le MSM est “le plus grand parti du monde.”!

C’est peut-être pour détourner l’attention de ce qui se prépare au niveau national que le leader du MMM focalise le débat sur les problèmes internes de son parti. Avec sa capacité si particulière de donner aux mots le sens qui convient à sa stratégie du moment. C’est ainsi que quand Dorine Chukowry, première Lord-maire du MMM, démissionne du parti, le leader minimise les choses en disant qu’il s’agit d’un regrettable malentendu. Mais lorsque Pradeep Jeeha envoie une lettre pour prendre un congé du BP, le leader des mauves confond le mot congé avec celui de démission et l’accepte séance tenante.

C’est tellement énorme que Françoise Labelle a été obligée de dire que le leader avait confondu entre congé et démission. Mais mauvaise interprétation des mots ou pas, le leader a immédiatement organisé le remplacement de l’ex-leader adjoint. En le qualifiant de mal élevé, pour lui avoir envoyé sa demande de congé tard le soir,  et de traître, pour avoir supposément tenté d’organiser le boycott d’une réunion. Mais généreux, le leader du MMM ne demandera pas de sanction ou de  motion d’expulsion contre le traître mal élevé, pour le moment. Question : comment se fait-il qu’avec sa capacité légendaire à interpréter le body language de ses interlocuteurs, Paul Berenger ait déjeuné deux fois par semaine pendant des mois avec Pradeep Jeeha sans s’apercevoir qu’il était un mal élevé avec une forte tendance à la trahison ? Pour répondre aux attaques de son ex-leader, Pradeep Jeehah a choisi une arme rarement utilisé en politique, la poésie. C’est en effet avec des vers qu’il a répliqué sur les réseaux sociaux en ces termes.

“You may write me down in history

With your bitter, twisted lies,

You may tread on me in the very dirt…

but still, like dust, I’ll rise…

You may shoot me with words,

You may cut me with your eyes,

You may kill me with your hatefulness,

But still,like air, I’ll rise.”

Terminons avec le  leader du PMSD qui semble avoir trouvé une occupation qui le passionne : veilleur d’alliance. Un moment de ses conférences de presse – destinées à expliquer qu’il a cassé un grand paquet au Parlement – est utilisé pour donner un bilan des fiançailles MSM/MMM. Est-ce qu’il se livrerait à cette activité parce que lui-même n’arrive pas décrocher une promesse d’alliance avec le PTr ? Et l’on s’étonnera que, selon l’institut Afrobarometer, les Mauriciens n’ont guère confiance en leurs politiciens!