En marge de l’édition 2016 du forum annuel de l’UIT, qui se tient à Genève dans le cadre du sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) sous l’égide des Nations Unies, Etienne Sinatambou, ministre de la Technologie et de la Communication, a  rencontré cette semaine Akram Atalah, président et PDG d’ICANN, afin de discuter, entre autres, de la problématique de la redélégation du nom de domaine de l’île Maurice (ccTLD), le « .mu », et qui est malheureusement resté non résolu pendant plusieurs années.
Le ministre a exprimé sa déception sur « le temps perdu dans le processus » de redélégation qui, a-t-il rappelé, a été enclenché auprès de l’ICANN quand il occupait le portefeuille de ministre des TIC, de 2005 à 2008, et qui avait d’ailleurs été approuvé par le gouvernement d’alors, « mais qui a malheureusement souffert d’un manque de suivi ».
Il a mentionné que ce n’est qu’en février 2015 que « la machine a été relancée pour qu’on ait, cette fois, une redélégation planifiée, résolue et réussie, et qui donnera satisfaction aux internautes et à la population », qui représentent Maurice sur le cyberespace à travers le « .mu ccTLD ». Il a fait comprendre à Akram Atalah que les consultations ont déjà été relancées avec l’institution d’un forum en juin 2015, comprenant les représentants de la société civile mauricienne (“multi-stakeholder forum”), « qui est d’ailleurs une condition prérequise pour une redélégation réussie » auprès de l’ICANN. Le ministre a aussi mentionné que le propriétaire du domaine aurait fait une proposition de redélégation « contre la somme faramineuse de USD 20 millions » et qu’il considérait cette proposition comme étant « non seulement inacceptable, mais aussi indécente ». Le ministre a aussi émis un avis favorable pour le recrutement d’un consultant agrée par l’ICANN afin d’aviser Maurice sur la marche à suivre. Il a cependant déploré, et s’est même dit « attristé », le fait que, « depuis plus de dix ans, très peu aura été fait » et qu’on « se trouve toujours dans une situation où la communauté des internautes mauriciens ne peut légitimement disposer du .mu ».
Akram Atalah a, pour sa part, tenu à louer l’initiative du gouvernement « pour son engagement à trouver une solution durable à ce problème », rappelant que « s’il n’est pas résolu à temps, cela risque d’avoir des conséquences graves, non seulement pour la stabilité du “.mu ccTLD”, mais aussi pour la réputation de notre île comme pays respecté dans le domaine des TIC ». Il a cependant donné l’assurance que l’ICANN donnera tout son soutien au processus de redélégation qui, espère-t-il, « sera conclu dans un délai raisonnable, et ce avec l’accord et la compréhension de toutes les parties concernées ».