Le message donné par le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth aux deux Britanniques George Ben Gunn et Paul Scotney  est plusque simple : «Clean up that mess once for all». Lors de leur rencontre avec le board du  Mauritius Turf Club la semaine d’avant,  les deux Britanniques ont d’abord voulu être rassurants. Selon nos informations, ils ont souligné que d’un point de vue général, le MTC a fait des efforts et que des progrès ont été constatés face aux dénonciations relevées dans le rapport Parry. George Ben Gunn et Paul Scotney, qui sont désormais des consultants du gouvernement mauricien ont aussi expliqué que le plus gros problème qui guette l’industrie des courses demeure la corruption. Ils sont même allés jusqu’à indiquer aux administrateurs que la corruption dans ce milieu n’est pas généralisée, elle est sectorielle et ne s’applique qu’à des personnes précises. Il faudrait, de ce fait,  que le MTC trouve  la volonté nécessaire de passer à l’action pour en finir avec ces mafieux qui gangrènent ce sport.
Il n’y a pas une once de doute qu’à Week-End,nous sommes entièrement d’accord avec la démarche de George Gunn et Paul Scotney qui consiste à procéder à ce qu’on peut appeler une ablation de la partie corrompue des courses à Maurice. Mais nous disons aussi que toute démarche visant à nettoyer le Champ de Mars de ses corrupteurs doit commencer par le commencement. Comme nous avons aussi dit, la semaine dernière ,que la mission de George Ben Gunn et Paul Scotney à Maurice ne serait un succès que quand ils arriveront à convaincre le Premier ministre à rendre public le rapport intérimaire qu’ils avaient, eux-mêmes, rédigé avec Richard Parry.
Qu’on se le dise cependant que malgré ses 200 ans d’existence, le  MTC ne s’est jamais soucié à mettre en place des structures qui lui permettront  de détecter toute force de corruption et de combattre les corrupteurs. Dans ces conditions, il est primordial que le MTC, maillon fort dans l’organisation des courses à Maurice, soit aidé, voire guidé dans un tel exercice ô combien périlleux.
Les noms des «mafieux» connus
Les noms de ces « mafieux » sont connus et nous disposons d’informations crédibles qu’ils sont mentionnés noirs sur blanc dans le rapport intérimaire de Richard Parry. Il n’est donc plus question, que ce soit pour la Police des Jeux, la GRA ou le MTC, de tourner autour du pot. Il est aujourd’hui d’une nécessité absolue que tout ce beau monde crève l’abcès et rende publics les noms de ceux qui ont pendant ces dernières années, magouillé dans l’ombre sans être inquiétés ni par le MTC ni par la Police des Jeux.
A moins que le Premier ministre, malgré son message de «clean the all mess»
veuille protéger certaines personnes, qui disent dans les coulisses qu’ils sont intouchables car ils ont financé l’Alliance Lepep aux dernières élections générales, du 14 décembre dernier. Vrai ou faux ? Il coule de source que c’est le Premier ministre, himself, qui pourra nous dire qui dit vrai dans cette histoire.
Personne controversée du turf mauricien
Dans cette démarche pour «nettoyer», comment ne pas saluer la démarche de l’actuel président du MTC. Jeenarain Soobagrah qui a réussi, en deux fois, ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’a osé entreprendre. Mettre hors circuit Paul Foo Kune, d’abord comme Stable Manager, puis comme propriétaire de chevaux n’est pas une mince affaire. La décision a été prise mardi dernier par le board des administrateurs de ne pas renouveler le contrat de Paul Foo Kune comme propriétaire et   le courrier lui informant cette décision a déjà été envoyée.  Le MTC apprenons-nous veut pousser le bouchon encore plus loin en décidant cette fois de «write-off» le nom de Paul Foo Kune comme membre du Club. «Ce ne serait qu’une suite logique de notre démarche actuelle», a confié un cadre du MTC à Week-End.
Faut dire que ces dernières années, Paul Foo Kune a été l’un des hommes les plus controversés du monde hippique. Celui qui avait d’abord empiété dans une affaire de corruption impliquant le jockey Eric Chellin en l’an 2000 et qui fut banni du Champ de Mars pendant 5 ans, a des tentacules partout. A l’intérieur comme à l’extérieur du Champ de Mars et du MTC, avec pour résultats que bien souvent ses jockeys ont été montrés du doigt et sanctionnés lourdement par les Commissaires des Courses pour des montes douteuses. Vijay Anand Bundhoo, Dinesh Sooful, Jean Roland Boutanive, Benedict Woodworth, Fausto Durso et autres Derreck David et Sherman Brown sont autant d’exemples.
Maintenant que Paul Foo Kune sait qu’il n’est pas du tout le bienvenu dans ce monde, c’est à lui de prendre ses distances du Champ de Mars, mais le connaissant, nous prenons déjà le pari qu’il ne sera jamais très loin de l’action.  C’est justement là que la Police des Jeux doit agir car il n’y a pas que Paul Foo Kune qui rode dans les parages. Il y a également des bookmakers clandestins, dont certains sont des récidivistes notoires dont les actions sont souvent contraires aux règles du jeu et aux règles établies par le MTC et qui défient les autorités tout le long de la saison en opérant a chaque coin de rue et au Champ de Mars.
Qui octoire les permis aux bookmakers?
A cet effet, nous aurions aimé savoir qui octoire les permis aux bookmakers pour opérer? Est-ce la Gambling Regulatory Authority (GRA) ou le MTC? Quoi qu’il en soit, il est important qu’un tri soit effectué afin d’éviter les prête-noms. C’est un secret de polichinelle au Champ de Mars qu’il existe au moins quatre personnes qui sont directement liées à des gens mafieux. Ce sont eux, qui font le «dirty work and the dirty tricks» et qui vendent ou qui achètent au gré de ceux qui tirent les ficelles de l’intérieur.
Dans cette démarche, nous apprenons d’une source autorisée que le bookmaker Salva est désormais dans le colimateur du Mauritius Turf Club (MTC). Notre source indique qu’il existe des fortes chances que son permis d’opération comme bookmaker au Champ de Mars ne soit pas renouvelé pour la saison 2016.