L’heure de vérité se précise au Central Electricity Board (CEB) par rapport au projet d’installation de quatre turbines de 15 MW chacune à la centrale thermique de Saint-Louis pour éviter un black-out dans le pays. En effet, après une année de perdue en contestations légales et un nouvel exercice d’appel d’offres, la cotation de BWSC, cette même société qui avait été retenue lors de l’exercice avorté du début d’année, a été transmise au Board de la Banque Africaine de Développement (BAD), le bailleur de fonds de ce projet, pour le feu vert. Le conseil d’administration du CEB s’est réuni samedi pour passer en revue la situation et se prononcer sur la pertinence de mettre à exécution le plan B avec deux turbines à gaz de 36 MW chacune pour repousser la menace d’un black-out en 2017.
Dans la conjoncture, la question qui se pose est si le Board de la BAD acceptera d’avaliser la démarche du CEB, qui coûtera Rs 700 millions de plus que pour la version de 2014. En effet, l’offre de la firme BWSC, après le second appel d’offres, est de Rs 4,3 milliards contre Rs 3,6 milliards pour la précédente. Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien auprès de sources concordantes indiquent que le dossier de cotation de BWSC a été transmis au QG de la BAD pour les autorisations nécessaires avant l’adjudication de cet important contrat dans le domaine énergétique.
Mais, à ce jour, la réaction de la BAD tarde à se faire connaître. Ce délai vient s’ajouter aux craintes entretenues par rapport aux risques de black-out. Ainsi, les membres du Board du CEB, après analyses des derniers développements et l’évolution de la situation, ont pris la décision de s’imposer une échéance pour attendre le feu vert de la BAD au sujet de l’offre de BWSC et du financement du projet de la réhabilitation de la centrale thermique de Saint-Louis.
Passé ce délai, soit probablement le début de décembre, le CEB aura recours à un plan B, élaboré dans le dernier rapport de la Banque mondiale, soit la mise en opération de turbines à gaz même si le coût de génération du kilowattheure est nettement supérieur à la moyenne, soit Rs 12 contre Rs 3.30 pour les autres sources de combustible. Commentant les grandes lignes des recommandations de la Banque mondiale, le vice-Premier ministre et ministre des Services publics, Ivan Collendavelloo, a déclaré à l’Assemblée nationale que « for the period 2018-2022, the World Bank report has considered CEB’s high demand forecast instead of a “sensitised” forecast which is lower than CEB’s forecast. The main recommendation is that gas turbines of 2 × 36 megawatts [MW] should be procured. The plant will initially run on light diesel oil and later to be shifted to LNG in a combined cycle mode ».
Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour le CEB qui devra se prononcer sur d’importantes décisions d’investissements stratégiques car la BAD et la Banque mondiale sont unanimes à souligner avec force que « the existing reserve of 43 MW may be too small as demand grows and repairs of power plants are scheduled. While this slow expansion could be justified by the low load factors of most thermal stations, new generation projects will be required, as forecasts indicate that energy demand is likely to increase by approximately 60 percent over the next 10 years ».
Le point positif dans l’Operational Matrix du CEB se situe au niveau des retombées de la chute du cours mondial du pétrole 2015, mais également du charbon sur le marché mondial, soit une baisse de 60 % en moyenne comparativement à l’année dernière. Les Net windfall gains de l’évolution du cours mondial des combustibles varieraient entre Rs 3,6 milliards et Rs 4 milliards. C’est ce qu’affirment des spécialistes.