ÉNERGIE RENOUVELABLE : Nos déchets produiront 36 MW d'électricité en 2017

Le CEO de Green Waste Energy Group, Deven Maulloo, présentant son projet à la presse

Maurice produira, à partir de mai 2017, un total de 36 MW d'électricité à partir des déchets municipaux dans deux centrales, l'une dans le Nord et l'autre dans le centre de l'île. L'initiative revient à la compagnie Green Waste Energy Group, dont le Chief Executive Officer, Deven Maulloo, est un spécialiste de l'énergie renouvelable, ayant à son actif un total de 1,8 MW d'installations photovoltaïques. Le projet, qui coûtera Rs 8,75 milliards, a été approuvé par l’État il y a quelques semaines.
« Nous voulions d'un projet “at no cost to government” mais qui, en même temps, nous aide à réduire le volume des déchets ménagers enfouis à Mare-Chicose. Ce projet n'émettra aucun gaz susceptible de polluer notre environnement », a expliqué le ministre des Administrations régionales, Hervé Aimée, lors d'une présentation du projet à la presse cette semaine. Selon lui, Maurice produit chaque jour environ 1 300 tonnes de déchets. De ce volume, 300 tonnes entrent dans la fabrication de compost tandis que 300 autres ont été allouées à une entreprise produisant de l'électricité en incinérant les déchets. « L'entreprise en question utilise un procédé de gazéification, qui ne brûle pas les déchets et n'émet aucun gaz dangereux. Le gouvernement a donc décidé d'allouer 600 tonnes de déchets quotidiennement à cette entreprise, dont des déchets médicaux et le plastique. Ce projet réduira par ailleurs nos coûts de collecte et de transport de ces déchets vers Mare-Chicose, opération qui coûte actuellement environ Rs 240 millions par an », poursuit le ministre.
De plus, a-t-il soutenu, le centre d'enfouissement de Mare-Chicose occupe déjà 15 arpents de terre. « Nous ne pouvons trouver d'espaces additionnels pour aménager d'autres centres d'enfouissement », a-t-il lancé. Selon Hervé Aimée, Maurice ne peut disposer de 500 arpents de terre pour continuer à installer des panneaux photovoltaïques, qui produiront 36 MW d'électricité. « La technologie photovoltaïque est un apport pour le pays, mais elle ne produit que six heures d'électricité par jour. En revanche, le projet de Waste-T-Energy produira de l'électricité 24/24h et 7/7 jours », a-t-il indiqué. Selon lui, l’État économiserait ainsi environ Rs 48 milliards au cours des 20 prochaines années grâce à ce projet.
Deven Maulloo, pour sa part, explique que les déchets qui arriveront aux deux centrales passeront par une phase de tri, qui permettra de retirer le métal et le verre. Les détritus seront ensuite exposés à une température variant entre 1 200°C et 1 400°C dans un réacteur, « qui fait disparaître totalement toute toxicité et oxygène ». De là est ensuite obtenu un gaz qui est converti en énergie. « Avec 600 tonnes de déchets, nous produirons 36 MW d'électricité ferme, soit entre 6 et 8% des besoins du pays, qui est de 420 MW en “période de pointe” et d'une moyenne de 380 MW », a-t-il indiqué.
Selon le CEO de Green Waste Energy Group, son entreprise est prête à démarrer le projet, à commencer par l'Environment Impact Assessment (EIA), qui démarre incessamment. « Si tout va bien, le projet devrait être opérationnel à la mi-2017 », a-t-il conclu.