Le vice-Premier ministre et ministre de l’Énergie, Ivan Collendavelloo, a laissé entendre mardi, lors d’une déclaration à l’Assemblée nationale, que « Maurice arrête son programme de développement de l’énergie géothermique ». Cela suivant les recommandations des experts d’ELC Electroconsult S.p.A d’Italie. L’énergie géothermique est obtenue à partir de l’exploitation de la chaleur de la terre.
Dans sa déclaration à la Chambre, Ivan Collendavelloo a d’abord rappelé que son ministère avait choisi, en décembre 2011, la firme ELC Electroconsult S.p.A d’Italie pour mener une étude en profondeur sur le potentiel de Maurice en matière d’énergie géothermique. Cette énergie, on le rappelle, est obtenue à partir de la chaleur de la terre. « Cette étude au coût de quelque 90 175.90 euros a été financée par l’Agence française de développement », a indiqué le ministre.
Les consultants ont commencé leurs études en janvier 2012. « Les experts ont d’abord minutieusement étudié les endroits de Maurice où pouvaient être installés des sites de forage à la recherche de gisements géothermiques. C’est ainsi qu’ils se sont concentrés dans la région de Nouvelle-Découverte, plus précisément sur le versant ouest où les activités volcaniques les plus récentes ont été recensées, notamment dans les environ de la colline de l’Alma, Bar le Duc et l’Escalier », a-t-il souligné.
Les consultants ont soumis leur rapport final en septembre 2015. « Sur la base de leurs recherches, ils ont conclu qu’il n’y a aucune preuve de la présence de gisements géothermiques tant dans les endroits explorés qu’ailleurs dans le pays. Ils ont par conséquent recommandé l’arrêt du programme de développement de l’énergie géothermique à Maurice », a-t-il indiqué.
Sollicité par Le Mauricien, Khalil Elahee, ancien président de l’Energie Efficient Management Office et présentement maître de conférences à l’Université de Maurice, a indiqué ne pas être autrement surpris par les conclusions des consultants. « Malgré son origine volcanique, Maurice a un sol stable. Pour peu qu’on ait étudié les sciences au niveau secondaire, on sait qu’il ne peut exister de gisements géothermiques à Maurice », explique-t-il.
Il soutient toutefois que cette technique présente bien certains avantages (voir encadré). « Au début de ses études sur les énergies renouvelables à exploiter à Maurice, Joël de Rosnay avait mis l’énergie géothermique dans son mix des énergies renouvelables, mais l’a enlevé très vite après une étude sommaire », ajoute Khalil Elahee. « S’il n’y a pas de gisements géothermiques à Maurice, l’on peut en revanche exploiter le froid présent naturellement à 10-30 mètres sous la surface du sol, même si la surface est chaude. Ce froid peut être utilisé pour rafraîchir nos maisons en été, à la place de la climatisation électrique », indique-t-il.
L’universitaire se félicite par ailleurs de la mise en oeuvre du projet DOWA (Deep Ocean Water Applications) par la firme Sotravic Ltd. Il s’agit de l’exploitation des eaux profondes de l’océan non loin de Port-Louis pour climatiser certains bâtiments de la capitale.