La Commission Éducation du MMM brosse un tableau sombre en ce qu’il s’agit des institutions publiques offrant des études supérieures et met en exergue les différents problèmes pour soutenir son constat. Selon cette commission, « l’ingérence politique à outrance », depuis 2005, « a miné l’autonomie de ces institutions » et a conduit au « mauvais fonctionnement » de ces établissements. « Aret linzerans politik dan sa bann institisyon-la ! » a lancé, lors d’une conférence de presse hier, Steven Obeegadoo, président de cette commission, à l’adresse de la ministre de l’Éducation. Cette commission estime « nécessaire et urgent » un état des lieux, mais surtout « un audit de qualité » de ces différentes institutions. Elle demande au gouvernement « d’agir au plus vite ».
À la suite des récentes protestations sur le campus de l’Université de Maurice, et après les remous à l’UTM, répercutés dans la presse il y a quelque temps, la Commission Éducation du MMM a fait un diagnostic des institutions publiques offrant des études universitaires en écoutant les différents stakeholders concernés. « Sitiasyon bien bien grav dan sa sekter-la », a estimé hier Steven Obeegadoo. « Bizin enn diagnostik san konplezans e dan la transparans de sa bann institisyon-la. Un audit de qualité est impératif », a insisté hier Steven Obeegadoo, lequel était entouré pour l’occasion des autres membres de cette commission ainsi que des membres de l’aile jeune du parti mauve.
Dans son tour d’horizon du secteur de l’enseignement supérieur public, cette commission tire la sonnette d’alarme en premier lieu sur la situation qu’elle qualifie de « catastrophique » à l’Université de Maurice, alors que démarre la nouvelle année universitaire. « La situation là-bas est extrêmement préoccupante », a estimé Steven Obeegadoo, qui a égrené différents problèmes. Et de citer notamment ceux du manque d’espace, des infrastructures inadéquates, des équipements « obsolètes », des « faiblesses » au niveau de la gestion, du taux d’échec « effarant » pour certaines facultés, de l’absence d’examinateurs externes, des investissements financiers « insuffisants », du manque de ressources humaines, des « changements fréquents » à la tête de l’institution, du « manque de communication » ainsi que de « l’indifférence » de la direction concernant les besoins des étudiants. « Il est inconcevable qu’une institution universitaire qui se respecte ne puisse respecter son calendrier d’entrée », poursuit Steven Obeegadoo, avant d’ajouter que la baisse dans les demandes d’admissions devrait alerter les autorités concernées car « celle-ci témoigne du manque d’intérêt et d’un manque de confiance » dans l’institution.
Selon les observations de cette commission du MMM, les maux qui affectent l’Université de Maurice « se répètent » à l’UTM et à l’Université des Mascareignes. « Nou finn retrouv mem zafer dan UTM ek dan Universite des Mascareignes. » Et l’ancien ministre de l’Education du MMM de déplorer la « politisation à outrance » des institutions publiques tertiaires et de souhaiter un « ressaisissement » du gouvernement. « L’ingérence politique est le problème principal du dysfonctionnement des institutions publiques. Le gouvernement, certes, énonce les grandes lignes de la politique en matière d’enseignement supérieur mais, selon la loi, ces institutions sont autonomes dans la gestion et doivent fonctionner en toute liberté », souligne Steven Obeegadoo. Ce dernier demande au ministre de l’Education et au Premier ministre de prendre l’engagement solennel de ne plus nommer de membres de partis faisant partie du gouvernement à des postes de responsabilité dans ces institutions.
La Commission Education du MMM constate aussi que le gouvernement, en poste depuis 2014, n’a « jusqu’ici pas fait part de sa vision et de sa stratégie » pour le développement de l’enseignement supérieur et demande à la ministre de l’Education d’énoncer un plan dans cette direction.