ENTRAÎNEUR ALAIN PERDRAU : Une carrière au Champ de Mars pas dans mes projets, a déclaré Kersley Ramsamy

Kersley Ramsamy tient sa première victoire dans l’île. Le Mauricien, qui passe en quatrième et dernière année d’apprentissage à la South African Jockeys Academy (SAJA), a mené Golden Ball à la victoire dans l’épreuve de clôture de la dernière journée au terme d’un finish épique qui l’a vu prendre la mesure de deux senior riders. De quoi motiver davantage le natif de Chemin Grenier, qui compte poursuivre sa carrière à l’étranger une fois son apprentissage terminé.

Kersley Ramsamy, quels sont vos sentiments après avoir décroché votre première victoire au Champ de Mars ?
C’est une joie indescriptible et une grande fierté. C’est un rêve d’enfant qui se réalise. J’en profite pour remercier le Mauritius Turf Club, le Chief Stipe Stéphane de Chalain, Samraj Mahadia, l’entraîneur Alain Perdrau, son fils Yannick, Gavin Glover et tous les propriétaires à l’entraînement Perdrau qui m’ont toujours soutenu. Je remercie aussi mes parents qui ont toujours cru en moi ainsi que mes amis.

Racontez-nous la course de Golden Ball. Quelles chances lui accordiez-vous ?
Sur le papier on lui accordait une bonne chance, d’autant qu’il donnait l’impression d’avoir progressé sur sa première course où il n’avait pas été ridicule après huit mois sans compétition. Je craignais seulement sa mauvaise ligne. J’ai eu la chance d’avoir pu trouver une bonne position en one-off du meneur. Le cheval s’est bien détendu par la suite et dans la ligne droite, le fait qu’il se soit retrouvé entre deux chevaux l’a beaucoup aidé car cela lui a permis d’accélérer.

Golden Ball s’est montré assez récalcitrant derrière les stalles. Quel était votre état d’esprit à ce moment-là ?
Pour être honnête, cela ne m’a pas inquiété outre mesure. C’est le comportement, je dirai normal, de tout jeune coursier. Il ne faut pas oublier qu’il n’en était qu’à sa deuxième sortie au Champ de Mars.

Avec Golden Ball, vous permettez aussi à l’entraînement Perdrau de goûter à sa première victoire 2017….
Je dirai plutôt que c’est l’entraînement Perdrau qui m’a offert ma première victoire (rires). Je suis très content pour toute l’équipe à l’écurie. Ils ont travaillé dur et ils le méritent.

Expliquez-nous comment vous vous êtes retrouvé sur les chevaux Perdrau ?
Tout a commencé un lundi matin à Floréal où je me suis rendu au lendemain de mon arrivée à Maurice. Derreck Hip me demande de faire travailler Battle Ready. Je me suis exécuté et voilà comment tout a commencé. Je monte aussi les chevaux de l’écurie à Port-Louis. J’en profite pour remercier mes collègues Sanish Ramgopal et Vikram Sola qui, comme moi, habitent le Sud et qui ne rechignent pas à me véhiculer tous les matins pour les entraînements vu que je n’ai pas de transport.

Ne ressentiez-vous pas la pression, d’autant que les critiques pleuvaient après votre course sur Schachar ?
Pour être honnête, je ne sentais pas la pression ni ne me mettait-on la pression à l’écurie. Ma première journée au Champ de Mars, je l’avoue, a été une catastrophe. Mais M. Perdrau m’a dit de ne pas m’en faire, que ça ira mieux à mesure que je m’habituerai à la piste. Pour en revenir à la course de Schachar, je pense que j’étais tout simplement malchanceux ce jour-là. Ni mon entraîneur ni les propriétaires du cheval n’ont rien trouvé à redire sur ma monte. Ce qui me laisse à penser que j’ai monté selon les instructions et que ce sont les circonstances de course qui m’ont été défavorables. Dans ce domaine, vous serez toujours sous le feu des critiques dès que vous perdez avec un favori. Les courses sont ainsi faites et à Maurice plus encore. Avant la course de Golden Ball, MM. Perdrau et Glover m’ont demandé de me détendre et de ne pas me mettre la pression. Que ce ne serait pas la fin du monde si le cheval perdait.

Avec la venue imminente de Raymond Danielson, ce sera difficile pour vous d’obtenir des montes chez Perdrau. Comment envisagez-vous la suite ?
Tout d’abord, je suis très reconnaissant envers l’écurie Perdrau de m’avoir donné ma chance. Concernant la suite, je vais continuer à évoluer en freelance vu que je serai à Maurice pour encore deux ou trois semaines. Il me reste une dernière année d’apprentissage en Afrique du Sud et je compte bien la terminer.

Envisagez-vous une carrière à Maurice après votre apprentissage ?
(Catégorique) Non ! Une carrière au Champ de Mars n’est pas dans mes projets. Je suis encore jeune et j’ai tout à apprendre. J’aurais aimé monter un peu partout à travers le monde et découvrir d’autres centre hippiques et hippodromes. Mon rêve c’est de monter un jour à Dubaï et de remporter des courses de Groupe 1, mais dans l’immédiat, c’est en France que je veux poursuivre ma carrière, un pays où j’ai remporté une course. C’est un beau pays et j’espère que cela se concrétisera.