ENTRAÎNEUR RAMESHWAR GUJADHUR : Je cravache dur pour un contrat, a déclaré Rye Joorawon

Pour sa troisième participation sous les couleurs de Rameshwar Gujadhur, Rye Joorawon a sauvé sa journée d’entrée avec Alberts Day, un sujet déclassé en 0-15. La suite des hostilités a été plus difficile, avec deux placés seulement pour le recordman des victoires au Champ de Mars (340 gagnants.
« J’évolue toujours en freelance, » remarque Rye Joorawon, un tantinet déçu de la 8e journée, déjà tronquée avec l’annulation de l’épreuve principale du jour sur recommandation de la Gambling Regulatory Authority. Aussi, les journées ne semblent plus se ressembler pour le jockey mauricien, sans doute le plus talentueux de sa génération. Le compteur n'indique que quatre victoires dans son escarcelle — dont deux, Phiri E Kwatile et Elite Class, acquises avec son ancien employeur Ricky Maingard —, alors qu’on approche le quart de la saison 2017. « Je cravache dur pour espérer décrocher un contrat du côté de Rameshwar Gujadhur », martèle le jockey.
Après une première journée “sans” (6e) du côté de Rameshwar Gujadhur, Joorawon avait tardivement rallié l’arrivée en vainqueur lors du 7e acte, grâce à After Midnight (deuxième favori de l’épreuve de clôture). Ensuite, il y a eu une trêve forcée. Samedi, Joorawon a repris les affaires en main et a frappé très tôt avec un gros favori (Rs 250), Alberts Day. « Là encore, je dois dire que cela n’a pas été facile. » Alberts Day, battu dans ses deux dernières incursions en 0-20, abordait cette fois un 1500m en 0-15. « Le cheval était one-paced. J’ai dû faire preuve de patience et user de mon expérience. J’ai pris l’initiative dans la descente et j’ai trouvé une place à la corde. On a attaqué ensuite au bon moment pour contenir l’assaut final de Montante. »
Ce sera le seul succès de Joorawon, qui s’accrocha quand même à deux places. « Blow Me Away a surtout été desservi par son mauvais couloir. Il a aussi tiré en course. Mais Scotsnog était le plus fort dans ce 1400m (ndlr : le cheval de Gilbert Rousset a couru en 1'23"56, ce qui constitue un nouveau class record dans le rating 50 +). Mr Bond a lui aussi subi les conséquences d’une ligne extérieure (10). Il n’a jamais pu se placer proche du gagnant. Il n’a pas été ridicule non plus. »
Des déceptions, il y en a eu aussi. À l’image d’Al Firenze, seulement septième à 7,20 longueurs de l’outsider Data Controller, vainqueur surprise de la deuxième épreuve du jour. Une course qui a vu un double retrait alors que les coursiers se rangeaient dans les stalles. Laughistheanswer fut le premier à faire des siennes et se retrouva coincé sous sa stalle. Le nouveau Glen Coco montra lui aussi un énervement excessif qui lui coûta — sur ordre du vétérinaire en chef suppléant Dr Marie Claire Domaingue — sa première participation mauricienne à ce 1365m de la C7. « Al Firenze nous a déçus. On s’attendait mieux de lui. Il est à revoir. »
Newsman, qui fait lui aussi partie de la cuvée 2017, a déçu ses partisans. « Il a encore couru green », lâche son jockey. « De son couloir 1, je m’attendais qu’il bondisse bien pour ensuite profiter de son positionnement. Il n’a pas montré de la vitesse. Je crois qu’il a été perturbé par la présence de l’ambulance de service qui se trouvait à côté des stalles sur la petite piste. » Joorawon insiste et fait une requête auprès du Mauritius Turf Club. « Je suggère qu’on place l’ambulance légèrement en retrait des stalles à l’heure du départ. Du moins pour ne pas être trop dans le champ de vision des chevaux qui courent. Certains s’adaptent à la présence de ce véhicule. D’autres pas. »
Quoi qu’il en soit, Rye Joorawon, qui voudrait bien devenir le premier jockey mauricien à atteindre la barre des 350 victoires au Champ de Mars, se doit de redoubler d’efforts cette saison. Il n’est pas dans le Top 5 actuel — il est même rejoint au niveau des quatre victoires par le nouveau venu de l’entraînement Alain Perdrau, Raymond Danielson —, mais il ne désarme pas. « Je suis patient mais confiant », conclut-il.