Ce Mauricien, qui a quitté l’île il y a 40 ans et est établi au Swaziland actuellement, possède 18 restaurants fast-food à travers Maurice et 7 autres dont la franchise est détenue par d’autres entrepreneurs en quelques années seulement de business sur notre territoire. « Le succès arrive à ceux qui courent vite », dit Gaëtan Ning, après l’ouverture de son 18e restaurant à Bagatelle récemment.
« Black Steers », « Debonairs », « Steers », « Mugg & Bean », « Wimpy » et « FishAways ». Autant de noms de débits de fast-food qui sont situés dans une dizaine de localités à travers le pays. Des restaurants de luxe et modernes qui proposent aux Mauriciens divers menus très prisés, surtout par les jeunes et les accros aux prêts à manger. Autant de marques internationales amenées d’Afrique du Sud par Gaëtan Ning, entrepreneur international ayant des entreprises à Maurice, en Afrique du Sud et au Swaziland. 
Ce n’est pas de Maurice que Gaëtan Ning a lancé son business vers ces pays africains. C’est de ces deux pays dans le sud de l’Afrique où il a débarqué il y a 40 ans, à une époque où les Mauriciens partaient en grand nombre pour l’Europe, qu’il est revenu au pays pour lancer son entreprise. Ainsi est né Island Famous Brands, basé sur Famous Brands d’Afrique du sud et sous lequel tombent les master-franchise des six marques en question. 
« J’ai grandi avec cette grande entreprise de fast-food d’Afrique du Sud. C’est ainsi que j’ai pu faire venir Steers, Debonairs, il y a 10 ans à Maurice. Puis est venu Island Famous Brands, aujourd’hui the fastest growing fast-food restaurant in Mauritius », déclare Gaëtan Ning. « Nous faisons assez bien dans le domaine en attendant que le gouvernement fasse venir davantage de touristes dans le pays. Nous sommes prêts à nourrir n’importe quel touriste. Nos employés aussi s’adaptent à cette culture de restauration », dit-il, ajoutant qu’à une époque il était très difficile de concurrencer les dholl puris, gato pima e samoussa ou dipin sardinn, mais toute la culture de restauration a changé maintenant. Quoiqu’au début, il était difficile, selon lui, d’amener les Mauriciens à manger des burgers et des pizzas dans des fast-food outlets. Ils n’y étaient pas habitués.
Le développement économique, estime Gaëtan Ning, a été comme un catalyseur pour la restauration. « Ce développement arrive tellement vite que nous n’avons pas le temps de souffler. Cela continue depuis les deux dernières années. Nous ouvrons restaurant après restaurant, et ce presque tous les mois », souligne notre interlocuteur, qui ajoute : « Nos restaurants marchent très bien et nous sommes en train d’améliorer la qualité de nos services qui est un exercice continu. » Mais cet entrepreneur se trouve face à deux défis majeurs : le manque de main-d’oeuvre et l’absence d’une législation adéquate pour gérer ce genre d’établissement. 
« Les Mauriciens n’ont pas encore la culture de travail du soir et durant le week-end. Petit à petit, ils comprennent que le business a besoin d’eux les soirs et les week-ends. Je pense que le gouvernement devrait étudier ce problème car notre pays a une vocation touristique très importante. Les touristes sortent en grand nombre le soir. Nous devons être prêts pour les servir », affirme Gaëtan Ning. Pour le moment, ses restaurants s’en sortent bien en matière de main-d’oeuvre grâce aux licenciés dans d’autres secteurs mais s’il faut en importer plus tard, il en fera la demande au gouvernement.
L’autre défi qui gêne, selon Gaëtan Ning, ce secteur de la restauration fast-food, qui brasse des milliards de roupies à Maurice, est la législation. « Savez-vous que nous opérons sous une licence de victualer, soit ce qu’on appelle une tabagie ? Ce permis d’opérer ne nous aide pas. Il nous faut un permis pour la restauration en mode franchise. Le gouvernement doit reconnaître cette industrie », soutient-il, avant de faire remarquer qu’un restaurant fast-food génère 68 postes, outre les nombreux fournisseurs locaux obtenant des contrats. À l’avenir, dit-il, pas mal de restaurants fast-food vont s’ouvrir dans le pays. D’où la nécessité pour cette industrie de se doter d’une législation adéquate…