ENVIRONNEMENT -AQUACULTURE ET ACCAPAREMENT DES PLAGES : Une vague de contestation la côte ouest

La côte ouest s'est transformée en terrain de contestations le week-end dernier. Une mobilisation citoyenne contre l'aquaculture et l'accaparement des plages et des terres. Samedi les opposants au projet d'aquaculture se sont réunis sur le terrain de football à proximité de la plage publique de Tamarin où ils ont été rejoints par les membres du collectif Say No to Petroleum Hub et à un moment par la Karavann Sov Nou Lakot qui a sillonné la côte ouest pour protester contre le projet d'hôtel à Pomponette notamment. D'autres initiatives écologiques étaient également visibles sur la page de Tamarin.

 

Trois combats, une seule vision. Celle d'une île Maurice écologique et qui ne prive pas les Mauriciens de leurs acquis naturels. Le collectif Say No To Fishfarming at Sea et le collectif Aret Kokin Nou Laplaz ont donné rendez-vous au public le weekend dernier afin de disséminer les informations quant aux enjeux des projets contre lesquels ils se battent. Sur le terrain également, des membres de Say No To Petroleum Hub venus prêtés mains fortes.

 

“Nous risquons de ne plus pouvoir mettre des pieds dans l'eau.”

Pour les deux collectifs organisateurs, le bilan de ces rassemblements est positif. “Étant donné que c'est une organisation de dernière minute, nous sommes plutôt satisfaits. Selon nos estimations, nous avons accueillis entre 700 à 800 personnes tout au long de la journée. Notre but était de communiquer sur les enjeux et nous avons pu toucher pas mal de personnes”, fait savoir Sasha Lagesse de la plateforme Say No To Fishfarming At Sea. “Par rapport aux différents points qu'on avait identifiés, on a eu un très bon retour”, dit pour sa part Carina Gounden du collectif Aret Konin Nu Laplaz.

À Tamarin, ils ont été nombreux à avoir pris la parole pour sensibiliser le public, notamment l'océanographe Vassen Kaupaymuthtoo qui a exposé les dangers que représentent l'aquaculture en mer. “C'est un enjeu qui concerne le futur de notre industrie touristique. Si on laisse ce type de projet se développer, on risque de ne plus pouvoir mettre des pieds dans l'eau à cause du danger que représenteront les requins. À La Réunion, on sait qu'il y a un lien entre la ferme d'aquaculture de St Paul, qui a fermé ses portes, et la présence de requins. Il suffira d'une attaque de requin à Maurice pour faire tomber toute l'industrie touristique”, a-t-il expliqué.

 

On diminue l'accès aux plages aux Mauriciens.”

Vassen Kauppaymuthoo a également fait ressortir que l'aquaculture en mer n'est pas forcément rentable tout en étant très polluante. “Il faut dix kilos de farine de poissons sauvages pour produire un kilo de poisson d'aquaculture. Une grande partie tombera dans la mer et les antibiotiques qu'ils contiennent contamineront les poissons indigènes. Ce projet bouleversera aussi l'écosystème comme c'est déjà le cas dans l'est où on trouve désormais des ombrines, un poisson prédateur, alors qu'il n'y en avait pas auparavant.”

De leur côté, la collectif Aret Konin Nu Laplaz a sillonné quelques plages publiques de la côte ouest notamment Albion, Tamarin, La Gaulette et Belle Ombre à travers ce qu'il a nommé la Karavann Sov Nu Lakot. Le but était d'informer le public présent sur les implications de l'accaparement de plages qui se poursuit à Maurice notamment pour des constructions d'hôtels qui résultent en la diminution de nos plages publiques. “L'idée est de dire qu'on n'est pas contre le développement mais contre cette vision du développement que prônent nos dirigeants. Ils mettent un hôtel dans une région ou il y a de gros problèmes d'érosion. Ça aggraver le problème et on diminue l'accès aux plages pour les Mauriciens”, indique Carina Gounden.

En sus des interventions, de la music live a été proposée au public présent à la samedi à Tamarin avec des performances de Crossbreed Supersoul, Éric Triton et A4C entre autres, alors que ceux qui se sont déplacés à Pomponette dimanche ont aussi pu voir sur scène Éric Triton de même que Nitish Joganah, Ras Natty Baby ou encore Steve Laridain. 


Expositions écologiques

Hormis, le rassemblement et le concert tenus sur le terrain de football, le public a aussi pu se délecter d'expositions de gestes écologiques sur la plage public. Claude Leduby et sa petite équipe de la compagnie Spirit Inside ont exposé des objets utiles et décoratifs faits à partir de matériaux de récupération. On a pu voir des cadres à photos, des étagères pour bouteilles fabriqués à partir de palettes en bois ou des boîtes de conserve. Ils invitaient également les enfants à peindre et faire des dessins sur des palettes récupérées. À côté, le groupe Enn Ocean Vivab montrait des plumiers, porte monnaie, sofa de jardin créés avec des objets récupérés alors alors que le groupe Heka exposait ses instruments de musique fabriqués à partir de matériaux de récupération.