ENVIRONNEMENT: Fermeture de la pêche à l’ourite

Les pêcheurs regrettent l’absence d’une formation aux techniques de pêche durable pour la réouverture
Une femme pêcheur de Baie-du-Cap montrant sa prise

« Nous avons eu un retard à réagir sur la situation. Rodrigues a pris les devants et les résultats ont été positifs. » C’est en ces termes que Prem Koonjoo a expliqué la démarche des autorités pour la fermeture de la pêche à l’ourite à Maurice. Les dispositions légales ont déjà été prises. Un projet pilote avait eu lieu l’année dernière. « Les résultats ont été formidables. »
Pour cela, le ministère a bénéficié de la collaboration de la COI, du GEF Small Grants Programme de l’UNDP et des Ong Reef Conservation, Eco Sud, Eco Mode et la MMCS. Des campagnes de sensibilisation ont eu lieu avec les pêcheurs dans différentes régions. Prem Koonjoo a expliqué que cette mesure s’étend à l’ensemble de notre territoire, y compris Agaléga. Il a rappelé que toute infraction sera passible d’une amende allant jusqu’à Rs 50 000. Il a invité les gardes-pêche à bien faire leur travail pour veiller à ce que cette mesure soit respectée. Il met en garde par là même contre toute tentative d’abus de la part de ces derniers.
Les autorités espèrent que cette fermeture permettra une reproduction et une croissance adéquates de l’espèce. Selon le ministre, les prises d’ourites ont baissé drastiquement ces dernières années, passant de « 200 tonnes en 1990 à 30 tonnes actuellement ». Il a assuré que les pêcheurs ne seront pas affectés par cette fermeture car « il n’y a pas de pêcheurs d’ourites en tant que tels enregistrés. Rodrigues est un cas différent. » D’où sa décision de ne pas accorder de compensation. « C’est une décision courageuse que nous avons prise. J’espère que tout le monde apportera sa collaboration et que la loi sera respectée. »
Cependant, la question qui se pose est de savoir quelle technique sera utilisée pour pêcher les ourites à la réouverture en octobre. Un pêcheur explique : « Tout le monde sait qu’à Maurice comme à Rodrigues, on pique les ourites. Pour cela, il faut utiliser des outils, le fusil sous-marin ou “la fouine”. Or, ces outils sont interdits. Ce qui veut dire qu’en quelque sorte, la pêche à l’ourite est déjà illégale. Si elle existe, ça veut dire tout simplement que les autorités ne font pas leur travail. » Ce dernier est ainsi d’avis que pour une vraie efficacité, le ministère aurait dû former les pêcheurs aux techniques de pêche durable. « A quoi cela servira si on doit encore piquer les ourites ou casser les coraux pour les trouver ? »
Interrogé à ce sujet, le ministre Prem Koonjoo a avancé qu’une technique de pêche à l’aide d’un casier a été présentée à Rodrigues par des experts australiens. Toutefois, cette technique n’est pas encore applicable à Maurice.