L’Equal Opportunities Commission a bouclé son enquête dans l’affaire de la Professeure Ameenah Gurib-Fakim. Cette dernière avait porté plainte en décembre dernier car elle estimait avoir été écartée du poste de Vice-chancelor de l’Université de Maurice (UoM) en raison de son appartenance ethnique. L’enquête de l’EOC a démontré que tel n’a pas été le cas, mais note, toutefois, des manquements dans le processus de sélection. Le rapport cite notamment, l’absence de critères précis pour l’évaluation des candidats ainsi que de mark sheets. De même, le dernier mot revient au Professeur Jugessur, président du Council de l’UoM en cas de tie-break.
Un membre du panel de sélection pour le poste de Vice-Chancelor a changé d’avis au dernier moment; cela a donné lieu à un tie-break nécessitant l’intervention du professeur Soodursun Jagessur quant au choix final du candidat. Toutefois, l’EOC note qu’Ameenah Gurib-Fakim n’a pas été jugée selon son appartenance ethnique, mais en fonction de ses « traits of character » démontrés lors de l’interview. Ce qui veut dire qu’elle n’a pas été victime de discrimination selon le status pour lequel elle s’était plaint.
Toutefois, l’enquête de l’EOC note que pour cet exercice de promotion, l’UOM ne disposait d’aucun critère préétabli pour évaluer les candidats. Les membres du panel ont donc jugé les candidats selon leurs propres critères. « Each member of the panel therefore proceeded with their own markings as they deemed fit », note le rapport.
De même, l’absence de mark sheet est soulignée par l’EOC. Il n’a pas été possible, cependant, de déterminer si les papiers utilisés lors de la sélection sont restés avec les membres du panel ou avec l’« Alleged discriminator » qui est le professeur Jugessur.
Le rapport révèle également que selon les règlements en cours, en cas de tie-break — le panel étant composé de six membres –, c’est le professeur Jugessur qui vote pour trancher. Ce qui lui donne donc, en quelque sorte, le pouvoir de choisir le candidat au poste en jeu dans ce contexte précis.
Même si Ameenah Gurib-Fakim n’a pas eu gain de cause dans cette affaire, l’EOC vient révéler certaines pratiques qui laissent planer des doutes dans les exercices de promotion au sein de cette université.