«EREINTÉ» ET «À BOUT DE SOUFFLE» : Bérenger soupçonne que le gouvernement aura recours à des vacances parlementaires prolongées

«Si le parlement part effectivement en vacances dès cette semaine, cela renforcera le scepticisme de ceux qui doutent que Ramgoolam tiendra parole sur la réforme électorale», dit-il
Paul Bérenger et Alan Ganoo soupçonnent le gouvernement de vouloir recourir à des vacances parlementaires prolongées en vue d’éviter les questions de l’opposition sur les nombreux scandales qui secouent le pays
  • Le leader du MMM rappelle, de nouveau,  «l’engagement catégorique»pris par le PM sur la question le  7 mai dernier à l’Assemblée nationale

Paul Bérenger, leader du MMM, soupçonne le gouvernement, «éreinté et à bout de souffle à l’Assemblée nationale», de vouloir, dès cette semaine, recourir à des vacances parlementaires prolongées en vue d’éviter le «barrage d’interpellations»de l’opposition sur les nombreux «scandales» et autres «incompétences». Pour lui, s’il se confirme que le parlement part en vacances prolongées dès cette semaine, cela ne pourra que renforcer le scepticisme de ceux qui doutent que le Premier ministre et leader du PTr, Navin Ramgoolam, tiendra son engagement «solennel» qu’il publiera un Livre Blanc sur la réforme électorale «by july» mais, plus important encore, le projet de loi y relatif à être débattu à l’Assemblée nationale.
Paul Bérenger trouve évident que le pays est comme un bateau qui navigue, tout à la fois, «sans capitaine, sans gouvernail et sans boussole». Ce qui lui fait croire que, dans la conjoncture, le gouvernement choisira «la fuite en avant» avec la mise en congé «pour de longs mois» de l’Assemblée nationale dès cette semaine. Il en veut pour preuves, d’une part, l’ordre du jour de la séance parlementaire de mardi prochain, de l’autre, le fait qu’à vendredi après-midi, le Government Notice (GN) qui doit donner force de loi à la décision de majorer à Rs 150 la redevance télé payable à la MBC, n’avait pas encore été publié à l’officiel dans la Government Gazette.
Dans le cas de l’Order Paper de mardi, le leader du MMM note qu’alors qu’aucun nouveau projet de loi n’est inscrit à l’agenda pour être débattu en première et deuxième lectures, le gouvernement a choisi de présenter en première, deuxième et troisième lectures, le projet d’amendement qui donnera force de loi à l’émission de nouvelles cartes d’identité nationale. Il laisse comprendre son agacement qu’une question aussi «importante» et «technique» soit traitée lors d’une unique session parlementaire.
Pour ce qui concerne la redevance télé, le leader des mauves explique que s’il se confirme que l’Assemblée nationale entre en congé prolongé cette semaine, la Motion of Disallowance que le leader de l’opposition se proposait de présenter pour contester cette décision gouvernementale ne pourra, ainsi, être débattue. Ce qui, dit-il, constituera «une véritable provocation». Jugeant le gouvernement «éreinté» et «à bout de souffle» à l’Assemblée nationale, Paul Bérenger le soupçonne de vouloir recourir à de longues vacances parlementaires en vue d’éviter le barrage hebdomadaire d’interpellations de l’opposition sur les nombreux «scandales» et autres «incompétences».
«White Paper by july»
Le leader du MMM trouve aussi que s’il se confirme que l’Assemblée nationale part en vacances prolongées dès cette semaine, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, manquera à sa parole de présenter un Livre Blanc sur la réforme électorale «by july», suivi de la présentation du projet de loi y relatif à être débattu par les parlementaires. «Cela ne pourra qu’ajouter à la méfiance et au scepticisme qu’il tienne parole sur le sujet», dit-il. Paul Bérenger qui rappelle l’engagement «catégorique» pris à cet effet par Navin Ramgoolam à l’Assemblée nationale le 7 mai dernier insiste, de nouveau, sur le fait qu’il faut, non seulement que le White Paper sur la réforme électorale soit publié, mais aussi que le projet de loi y relatif soit présenté au parlement.
Le leader des mauves, qui souligne le flou entourant l’identité de la personne supposée travailler sur le Livre Blanc, est d’avis qu’avec de la volonté, «une semaine suffit pour rédiger le projet de loi y relatif». «Tout a, déjà, été discuté», dit-il. Tout en indiquant qu’il ne sera «jamais trop tard» pour une «bonne réforme électorale», Paul Bérenger est, quand même, d’avis que l’entrée éventuelle de l’Assemblée nationale en vacances prolongées ne pourra que renforcer le scepticisme de ceux qui doutent de la volonté réelle du Premier ministre sur la question.
Abordant les relations industrielles à la Corporation Nationale de Transport (CNT), le leader du MMM accueille favorablement le fait que l’on ait «évité l’affrontement». Il estime, toutefois, que rien n’est réglé, pour autant. «Il est évident que l’on a irrité les syndicats lors de la réunion de vendredi», dit-il. Selon lui, tant le management de la CNT que le ministère du Travail ont «tourné en ridicule» les syndicats. «Il n’y a eu, selon lui, aucune discussion sérieuse et tout a été renvoyé». D’où son appel pour que l’on n’exaspère pas les travailleurs.
Paul Bérenger revient sur les deux interviews de presse du président du Conseil d’administration de la corporation, Ashvin Dookhun, du week-end dernier qui, trouve-t-il, sont «damning» pour le directeur-général, Robin Soonarane, mais encore plus, pour le ministre de tutelle, Anil Bachoo. Pour lui, après ce qui aura été dit dans ces interviews, il est évident qu’entre Anil Bachoo et Ashvin Dookhun, l’un ou l’autre aurait dû avoir abandonné son poste. Il se dit, par ailleurs, «choqué» par le fait que le receveur de l’autobus accidenté de Sorèze qui est en congé de maladie est privé de salaires. Il dit s’attendre à ce que le ministre Bachoo ou le Premier ministre réagissent par rapport à ce cas.
«Allet aurait dû avoir déjà démissionné»
Par rapport à l’affaire Varma, le leader du MMM note que, dans sa déposition à la police, le leader du PMSD et président du Conseil d’administration de la Mauritius Ports Authority (MPA) s’est, selon lui, «fait un devoir» d’entraîner le Premier ministre et leader du PTr, Navin Ramgoolam, dans toute la controverse quand il a impliqué le conseiller en Communications de ce dernier, Subash Gobine. Pour lui, Maurice Allet aurait dû avoir déjà démissionné dès qu’il a été arrêté. Paul Bérenger cite, à ce propos, l’exemple de l’ex-PPS, Reza Issack, «qui a, lui, au moins, démissionné».
Au sujet de la controverse autour du projet de routes à péage devant être mis à exécution selon la formule Public Private Partnership (PPP), le leader des Mauves assure que quand la loi y relative avait été votée par le gouvernement MSM/MMM d’alors, toutes les précautions avaient été prises. Or, il soutient que, depuis, plusieurs amendements ont été apportés à la loi sur le PPP si bien qu’il est, aujourd’hui, question qu’un appel d’offres pour un projet PPP ne s’apparente pas, tout à fait, à un appel d’offres normal.
Citant l’exemple français où, à la suite d’une enquête du ministère des Finances, tout le concept des projets PPP est remis en question, Paul Bérenger laisse entendre que son parti se réserve, tout aussi, le droit, à l’avenir, au pouvoir de remettre en question tout le concept des PPP. Le leader du MMM se dit, par ailleurs, très préoccupé par la situation du chômage dans le pays ; particulièrement, du sort des gradués-chômeurs. Il rappelle, à ce propos, le problème semblable qui s’était posé dans le temps.
Paul Bérenger juge, enfin, «dramatique» et «extrêmement dangereux» la tournure des événements en Egypte avec, dit-il, le «renversement par l’armée d’un président démocratiquement élu». Même s’il concède que rien n’était parfait dans ce pays et que son parti, le MMM, n’était pas d’accord avec nombre de choses faites par les Frères Musulmans qui étaient au pouvoir, le leader des mauves rappelle que le président Morsi destitué avait été porté au pouvoir lors d’élections unanimement reconnues comme ayant été démocratiques.
Il juge positif que l’armée s’est engagé à rétablir l’ordre constitutionnel et souhaite, au plus tôt, de nouvelles élections «free and fair».


ROUTES À PÉAGE : Il y a eu  protestation de l’un des soumissionnaires, selon Ganoo
Alan Ganoo, leader de l’opposition, fait état d’une lettre de protestation en date du 24 avril 2013 adressée par l’un des deux soumissionnaires autre que le «prefered bidder» pour le projet de routes à péage. Il explique que, dans toute cette affaire, le rôle de l’Opposition est de s’assurer que le projet soit mené à bon port dans les meilleures conditions possibles.
Alan Ganoo souligne que le projet de routes à péage d’un coût colossal de Rs 30 milliards est le premier mis en chantier sous le Public Private Partenership Act voté en 2004. Il explique, dans ce contexte, que le rôle de l’opposition est de s’assurer que le projet soit mené à bon port dans les meilleures conditions possibles. Revenant à sa PNQ y relatif de mardi dernier, il explique que le ministre de tutelle, Anil Bachoo, a semblé confirmer que le PPP Committee n’était pas au courant, dès le début, du projet en question.
Alors que, déclare le leader de l’opposition, le ministre Bachoo a laissé entendre qu’il n’y avait aucune protestation de la part des deux soumissionnaires autre que le «prefered bidder»,  il fait état d’une lettre de protestation de l’un des deux en date du 24 avril 2013 notamment adressée au Premier ministre, au ministre de tutelle et au Central Procurement Board (CPB). Ce qui lui fait croire qu’Anil Bachoo «n’a pas dit la vérité à la Chambre.» Alan Ganoo fait, de même, état d’une correspondance du CPB en date du 16 novembre adressée au «prefered bidder» qui, selon lui, «a tout changé.»
Sur ce dernier point, alors que le ministre parle de «demande de clarifications», le leader de l’opposition, lui, allègue qu’il s’agissait, en fait, de «suggestions d’ajustement des propositions» faites. Ce qui, selon lui, aurait fait que ce soumissionnaire aurait pu, ainsi, se qualifier pour être le «prefered bidder.» Alors que, rappelle Alan Ganoo, toute l’affaire est devant la Cour suprême, il laisse entendre que l’opposition continuera à «maintenir la pression» sur toute la question.