Erreur de calcul

En vérité, je vous le dis : errare humanum est, perseverare diabolicum. L’erreur est humaine, mais l’entêtement est diabolique. Ce n’est pas un arriviste qui a décrété cela. Ainsi, d’aucuns se seraient trompés dans leurs calculs. Et sans vergogne, ils nous envoient la facture des pots cassés. Ne se moquerait-on pas un tantinet de nous ?

Je ne sais si les (ir)responsables ont démissionné dans un sursaut d’honneur. Nous leur devons une majoration du prix du carburant et la hausse du pain et plein d’autres denrées élémentaires. Nos amis fumeurs compulsifs et consommateurs d’alcool la sentiront passer, celle-là. Nous devrons raquer pour compenser l’incompétence. Cela rejaillira sur petit prince.

Est-ce extrapoler que de penser que le projet du petit train procède d’un entêtement tout aussi buté, qui nous assujettira durablement au prêteur de milliards ? Est-ce que le coût comprend les dessous-de-table ? Pardon de penser à mal, mais notre fric est en jeu dans cette folle affaire… dont la finalité laisse songeur. Qui saura nous rassurer ?

L’honneur sinon la crédibilité des professionnels employés par l’État pourrait être questionné. Tout comme sont mis à l’index ceux se faufilant par l’imposte. Sans nulle autre légitimité que le patronyme. Jugnauth, Ramgoolam, Duval. Je n’allongerai pas la liste, pourtant extensible.

Les quatre bornés auront un rôle prépondérant à jouer. Si Roshi réussi à vous enrober de sirop avec un anti-pravinisme primaire, et bien peu m’en chaut ! Un mec arborant barbe fournie accentuant un look “terroriste végétalien des années 70” a voulu me convertir en résistante alternative. Je suis contre tout prosélytisme. Et prends les choses avec une pincée de sel. Je ne suis pas de celles qui croient sans voir.

On me taxera d’être féministe si je clamais : “mon utérus m’appartient; j’en fais ce que je veux.” Avorter en toute illégalité dans des cliniques huppées ou dans un garage douteux est un choix. Combien peuvent le faire dans les conditions optimales et sans risque pour leur santé ? Il se passe des choses bien plus graves que la bêtise désolante des politiques. Mais ces messieurs s’en branlent !

Car, en vérité, je vous l’écris. N’a-t-on jamais cru reconnaître un messie débarqué des docks, puis se dérouter en zigzag. Pour, des années après, symboliser ce contre quoi ce même mec militait jadis. Kapitalis, kamarad ! Ces années dites de braise couvent sous les cendres. Et pourraient renaître, tel un phénix, selon Gordon & Tann…

Et si le grand badin était un arriviste qui s’ignore ? Un vieux dans un corps de jeune ? Je ne peux que vous poser la question. À vous de trouver la réponse.

Notre population vieillissante est réfractaire au changement. Elle se méfie de l’inconnu comme de l’étranger ! La fille d’honneur que je prétends être ne saurait vous celer cela. Mais que risque le quatrebeurnais, hormis sentir le poids du pays peser sur ses épaules au moment de caser sa croix sous une bannière ou une autre ? Injecter du sang neuf nous fera du bien, mais certains pourraient ne pas supporter l’opération jouvencelle. Aussi importe-t-il de peser le pour et le contre.

Je ne serais pas contre le petit train pravinien si ce projet était bien calculé. On ne dirait pas. Disons que le charmant petit prince donne l’impression de vouloir laisser une empreinte durable de son passage au pouvoir. D’inscrire en lettres dorées son prénom dans les pages d’histoire, comme le père de la modernité. Et non pas un imposteur devant sa légitimité (comme bien d’autres) au patronyme.

Sans doute est-ce un calvaire que d’être le fils du père. Et pourtant, le père tint un jour au fils à peu près ce langage : “Ne te lance pas en politique car ce monde est cruel et le peuple dépourvu de reconnaissance du bien que tu l’apporteras.” Hélas, le jeune premier persévéra dans l’obstination. Errare humanum est, perseverare diabolicum…