La municipalité de Port-Louis continue de traiter les nouvelles demandes d’enregistrement des colporteurs qui souhaitent obtenir un étal à Decaen et Immigration. L’exercice d’enregistrement prendra fin demain après-midi. Le Front Commun des marchands ambulants a soumis de son côté deux listes contenant 339 noms.
La première liste, avec 169 noms, concerne des colporteurs qui n’ont pas obtenu d’étals et la deuxième liste regroupe ceux qui se sont désistés lors de l’exercice d’enregistrement par la municipalité de Port-Louis et dont les places ont été allouées à d’autres colporteurs. Selon Hyder Raman, 339 colporteurs sont toujours dans les rues de Port-Louis et dans l’attente d’obtenir un étal. Le Front Commun continue de négocier pour l’ouverture de sites alternatifs pour accueillir tous les colporteurs de la capitale.
À la municipalité, l’exercice d’enregistrement se poursuit, alors que le retour dans les rues n’est plus négociable. Ainsi, 209 demandes ont été reçues hier. Ces demandes, fait comprendre le Lord-maire, Oomar Khooleegan, passeront par les étapes traditionnelles telles que la vérification des justificatifs, notamment une preuve que ces personnes sont bien des marchands ambulants en produisant des anciens pass ou des contraventions, entre autres. Si elles sont éligibles, un exercice de tirage au sort sera tenu sous la supervision d’un huissier de justice pour déterminer les étals qui seront alloués aux futurs occupants. Le Lord-maire a par ailleurs effectué une site visit durant la matinée à Decaen et Immigration.
Le ministre des Collectivités locales, Anwar Husnoo, a de son côté fait une déclaration hier au Parlement concernant la situation des marchands ambulants en rappelant que ce fléau dure depuis plus de 30 ans et occasionne un lot de problèmes au public, piétons, maraîchers de Port-Louis et propriétaires de magasins, entre autres. L’objectif du plan de relogement est de faire respecter le jugement de la Cour suprême interdisant tout commerce illégal dans un rayon de 500 mètres du Marché central, tout en essayant de trouver une solution humaine à ce problème et de permettre aux colporteurs de continuer à gagner leur vie, a soutenu le ministre.
Anwar Husnoo affirme que la grande majorité des colporteurs ont déjà quitté les rues et se sont installés dans les locaux temporaires nouvellement attribués et que ceux restants vont leur emboîter le pas au cours des prochains jours. Le ministre a déclaré à la Chambre qu’en dépit des réticences initiales des colporteurs d’opérer dans ces deux sites de Decaen et Immigration, ils ne peuvent continuer à travailler dans les rues en raison du jugement de la Cour. Il a ajouté que des travaux mineurs doivent être effectués dans ces deux sites, visant notamment à améliorer les équipements disponibles concernant l’hygiène et des conditions sanitaires ou encore à les couvrir pour protéger du soleil et de la pluie. Anwar Husnoo a demandé au conseil municipal de se pencher sur ces aspects. Le conseil, dit-il, surveillera la situation sur les deux sites temporaires afin que les colporteurs puissent travailler dans des conditions acceptables, en attendant la mise en oeuvre du projet de redéveloppement de la ville de Port-Louis, un projet qui pourrait ouvrir de nouvelles opportunités commerciales pour les colporteurs, affirme le Lord-maire.