Paul Bérenger trouve que le constat de la mission d’évaluation du Fonds Monétaire International (FMI) sur l’état de l’économie mauricienne confirme les appréhensions qu’il avait exprimées lors de son intervention, en juin dernier, à l’Assemblée nationale dans le cadre des débats budgétaires. Toujours au chapitre économique, le leader du MMM s’inquiète de la survie de l’industrie sucrière dans le contexte de la libéralisation complète du prix du sucre après l’abolition des quotas garantis auprès du marché de l’Union européenne (UE). Sur un plan plus politique, il dément les nouvelles rumeurs de rapprochement du MMM avec le MSM. “Aucun rapprochement avec le MSM d’aujourd’hui avec lequel nous ne voulons rien avoir à faire”, assure-t-il.
Paul Bérenger affirme que, dans son communiqué publié au terme de sa mission d’évaluation dans le cadre des Article IV Consultations annuelles, le FMI tire la sonnette d’alarme “dans un langage codé” qu’il convient de lire “entre les lignes.” Il souligne que dans ce communiqué, le FMI prend soin d’évoquer un “mais” pour chaque constat a priori positif qu’il fait. Il considère que les recommandations faites dans le document sont “dures.” Il cite en exemple le paragraphe où il est souligné que l’économie mauricienne est “robust” mais que, “however”, le pays doit faire face à un “challenging environment” laissant percevoir des vulnérabilités.
Paul Bérenger évoque l’inquiétude exprimée par les évaluateurs de l’institution de Bretton Woods par rapport à la dette publique et au déficit budgétaire. Abordant le budget de développement, dit-il, le FMI souligne que des coupes dans les dépenses d’investissement ne favorisent pas la relance de l’économie, outre le constat d’une inflation de nouveau galopante. Mais le plus “inquiétant”, dit le leader du MMM, demeure la situation au niveau du déficit du compte courant. “Le FMI prévoit une telle détérioration du déficit à ce niveau qu’il recommande plus de flexibilité au niveau du taux de change”, dit-il.
Selon lui, en termes clairs, cela équivaut à recommander une dévaluation ou une dépréciation de la devise nationale. “Ce que j’avais prévu dans mon discours dans le cadre des débats budgétaires se confirme”, note-t-il. Évoquant d’autres recommandations du FMI, il parle de celle relative à une réforme structurelle du marché du Travail. “J’appelle la population à prendre conscience de ce cri d’alarme du FMI et à revoir ce que j’avais eu à dire sur le budget le 20 juin dernier”, lance le leader du MMM. Il réaffirme que le dernier budget présenté par le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth est “insoutenable” et “non viable.”
Il en est de même de toute l’orientation budgétaire depuis l’installation du gouvernement Lepep au pouvoir en décembre 2014. “Je suis en accord total avec l’analyse du FMI”, soutient Paul Bérenger. Aussi, pour lui, un prochain gouvernement devra reconsidérer d’urgence toute la politique budgétaire adoptée depuis les dernières élections. Pour lui, si d’autres n’arrivent pas à lire entre les lignes en vue d’une juste appréciation de l’évaluation actuelle de l’économie mauricienne par le FMI, des agences de notations comme Moody’s sauront le faire. Il réaffirme que ce qui devrait surtout retenir l’attention est le message adressé par rapport au déficit du compte courant et à l’endettement public.