Le Rajiv Gandhi Science Centre (RGSC), à Bell-Village, accueille depuis le début de la semaine une exposition intitulée « The rise of digital India ». Le vernissage a eu lieu mardi après-midi par la présidente de la République Ameenah Gurib-Fakim. Cette exposition que propose le National Council of Science Museums de la Grande Péninsule pendant six semaines, embarque le visiteur dans un voyage à travers l’histoire de la communication en Inde, témoin d’un développement fulgurant après son indépendance avec l’avènement du numérique. Une visite s’impose…
Maquette de satellites, de fusées et de trains, le télégraphe utilisant le code morse ou encore la première radio qui a vu le jour en Inde fonctionnant sur un écran tactile… L’exposition « The rise of digital India » est l’occasion donnée pour parcourir la magie de la communication à travers l’histoire. Proposée en quatre parties, elle démarre avec l’histoire ancienne de l’Inde, où sont retranscrits les modes de communications à travers les arts — peintures, sculptures, chants, danses, expressions faciales et corporelles. Il y a aussi un petit historique sur la composition de la population indienne, ses traditions, ses cultures et ses langues.
S’ensuit la période coloniale britannique, où sont introduits les moyens de communication de « l’ère moderne » avec en 1850, le télégraphe. De cet outil, certains affirment que le premier système télégraphique indien a fonctionné dès 1833. De là est introduit le système de chemin de fer et des métros dans la Grande Péninsule, dont la dernière en date est de 2014. Comparable à celle de Tokyo, il dessert 192 kilomètres de lignes. À noter que le système de transport par train/métro en Inde est l’un des plus vastes au monde avec 11 000 trains, 13 millions de passagers et 1,2 million de tonnes de fret par jour. Cette exposition fait aussi une place importante à un autre moyen de communication : le cinéma indien, qui a fêté ses 100 ans en 2013.
L’évolution dans divers secteurs est retranscrite de panneau en panneau. Le visiteur ne peut rester insensible à cette magnifique image d’un groupe de femmes assises à même le sol écoutant une petite radio introduite en Inde en 1853. Le fonctionnement d’un ancien modèle peut être expérimenté à travers un écran tactile. Difficile dès lors d’imaginer que ce simple outil a abouti au développement des 793 télévisions satellitaires privées et 242 radios FM qui existent aujourd’hui dans la Grande Péninsule et qui sont exposés.
Immersion ensuite dans l’ère postindépendance de l’Inde où le premier Premier ministre indien, Jawaharlall Nehru, avait mis l’accent sur le développement de la science et de la technologie, sollicitant dès lors la collaboration de grands scientifiques internationaux. Une photo d’Albert Einstein témoigne de cette initiative. L’exposition donne une place de choix aux projets scientifiques majeurs qui ont vu le jour, avec le développement des réacteurs nucléaires et celui des ordinateurs. La vision du Premier ministre Nehru continuera d’exister puisque des universités verront le jour avec l’anglais comme langue d’enseignement et d’apprentissage pour permettre une plus grande ouverture des Indiens sur le monde.
L’Inde continuera sa marche vers le progrès numérique avec la libéralisation de son économie en 1991 et le développement de Bangalore, la Silicon Valley de l’Inde. Très vite, la technologie fera son entrée dans le secteur agricole pour, entre autres, tenir les planteurs au courant de la situation météorologique. Le téléphone mobile s’est immiscé dans tous les foyers, son utilisation s’étendant désormais à chaque individu. L’appareil sert dans plusieurs domaines : lutte contre la corruption, utilisation intensive dans le cadre des campagnes électorales, ou encore des appels en absence, une manière gratuite et simple de communiquer avec ses proches soit pour dire que « tout va bien. On est bien arrivé à destination », ou « appelle moi ».
Les passionnés de science et de technologie qui ont l’intention d’entreprendre des études ne peuvent qu’être encouragés en voyant la réussite de quelques fils du sol indien. Parmi les plus cités, Narayana Muthy qui avec six jeunes ingénieurs a créé Infosys en 1981 à Pune. À ses débuts, la compagnie n’avait même pas d’ordinateur et les ingénieurs devaient travailler sur ceux des clients pour développer des applications. Mais en 1991, avec la libéralisation de l’économie, elle connut un développement fulgurant.
La dernière partie de l’exposition est réservée au développement de recherches aérospatiales. Outre des images et des panneaux expliquant l’impact de l’exploration de l’espace sur la vie de l’homme, une maquette de Chandrayaan-1, satellite qui participa à la première mission indienne sur la lune en 2008. « The spacecraft orbited around the Moon at a height of 100 kilometres from the lunar surface for chemical, mineralogical and photo-geologic mapping of the lunar surface ». Selon le NCSM, « the most notable achievement of Chandrayaan-1 was the discovery of water with data collected by one of its payloads – Moon minerology mapper. It could detect presence of Hydroxyl – a molecule containing one oxygen and one hydrogen atom-in the lunar soil ». D’autres maquettes de satellites et de fusées dont une de celles qui ont participé à la mission sur Mars en 2013 sont également exposées…
L’exposition est ouverte 7/7 de 10h à 16h, jusqu’au 22 avril. Quatre jeunes volontaires, nommément Chrissie Sundanum, Khetha Jayantrai, Poornima Ramdany et Pehnaz Garrib y proposent quotidiennement une visite guidée. L’entrée est gratuite.