EXPOSITION : Céline Le Vieux, ovni des pinceaux

Elle est retour à Maurice après cinq ans d’études au Paris College of Art. Céline Le Vieux, 24 ans, habitante de Grand-Baie, se dévoile à travers treize tableaux et une tapisserie à la zone industrielle de Saint Antoine, Goodlands. Up the Boohai, sa première exposition, dépeint les paysages bien de chez nous.
Vêtue d’une petite robe blanche et des Converse couvertes de peinture, Céline Le Vieux fait faire le tour de son exposition à sa grand-mère et l’embrasse avant qu’elle ne parte. “La famille, c’est important”, dit-elle à Scope. L’artiste plutôt timide avoue : “Cette exposition est le fruit de mes souvenirs.” Le thème ne relève pas du hasard. “Up the Boohai signifie perdue au milieu de nulle part. Cette expression vient de la Nouvelle-Zélande.”

Vivre de l’art.
Devant un tableau où prédominent le vert, le rouge et le jaune, Céline confie, avec un sourire radieux : “Celui-là, c’est mon préféré. Ce tableau représente un paysage de Pamplemousses et des gens qui travaillent.” Dans la galerie, treize tableaux sont exposés. “Je veux que les gens laissent libre cours à leur imagination. À eux d’essayer de comprendre ce qu’un tableau signifie et représente. C’est le but de mon exposition.” C’est pourquoi elle n’a pas nommé ses œuvres.
“Je n’ai jamais songé être artiste. Mais depuis que je suis toute petite, j’aime dessiner. Mes parents m’ont énormément soutenue, surtout mon père”, révèle la jeune artiste peintre. Après son bac au Lycée des Mascareignes, elle ne savait pas vers quel choix de carrière se tourner. Céline a eu la merveilleuse idée d’envoyer trois dessins au Paris College of Art, où elle a été acceptée. “Pendant ces cinq ans dans cette école d’art, j’ai su ce que je voulais faire: vivre de l’art”, lâche celle qui admire Anselm Kiefer, plasticien allemand contemporain. De retour à Maurice, elle a montré son portfolio à Alicia Maurel de Third Dot, et elles ont par la suite collaboré.

Pratique et répétition.
Depuis, la jeune femme avance en toute tranquillité. Elle donne des cours de peinture chez elle et aussi chez les gens. “Je n’avais pas envie d’être derrière un bureau.” C’est une passion qui demande beaucoup de persévérance. “Ce qu’il faut avant tout, c’est la pratique et la répétition. Il faut savoir observer objectivement”, affirme-t-elle.
Être une artiste peintre n’est pas toujours de tout repos. “Il y a tout un rituel avant de travailler. Je préfère travailler la journée. J’ai du mal à travailler le soir car je suis vite distraite”, avoue la jeune artiste, qui passe de longues heures sur la terrasse de son container, où elle range ses tableaux.
Ses journées sont émotionnellement intenses. La jeune femme de 24 ans confie que pour dessiner une maison, elle observe tout ce qui se passe autour d’elle. Elle se laisse toucher par le moment précis et se laisse guider par sa sensibilité. “Il faut savoir où s’arrêter quand on fait un tableau et être consciente de sa sensibilité visuelle.”
Une chose est sûre : Céline Le Vieux ne compte pas s’arrêter là. Ses tableaux laissent apparaître un talent certain. Elle reviendra certainement avec d’autres idées…