Les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à utiliser le compost fabriqué à partir des déchets domestiques, au lieu des fertilisants chimiques, dans leurs plantations de fruits et légumes. Cela fait suite à la récente subvention de 30 % du gouvernement sur le prix du compost produit par Solid Waste Recycling Ltd situé à La Chaumière. De plus, le compost coûte moins cher que les fertilisants chimiques – environ Rs 5 000 la tonne contre Rs 21 800-Rs 23 800 la tonne.
Kritanand Beeharry prépare ses terres à Sorèze, près de Port-Louis, pour cultiver le melon. Il est venu avec des milliers de plantules de ce fruit qu’il a fait pousser dans des petits pots en plastique sans fertilisant chimique, mais avec du compost. Il fait partie des milliers d’agriculteurs qui croient en la capacité du compost de fertiliser le sol.
« C’est la même chose que le fumier qu’on utilisait autrefois mais qui n’est plus disponible à cause de moins en moins d’activités d’élevage. Nous n’avions alors pas de choix que d’utiliser les produits chimiques qui, par la suite, ont endommagé notre sol », explique Kritanand Beeharry.
D’autres agriculteurs estiment que le compost arrive au bon moment pour défier le coût de production des fertilisants chimiques qui ne cesse d’augmenter. « Nous ne pouvons plus acheter les produits chimiques car ils sont trop chers. Le coût du compost est moindre. De plus, il est subventionné. Il donne aussi une nouvelle vie à notre sol qui se meurt », fait ressortir l’un d’eux.
Depuis quelques années, Manoj Vaghjee, président de la Fondation Ressources et Nature (FORENA), une organisation non gouvernementale travaillant en faveur de l’agriculture durable, forme des personnes aux bonnes pratiques agricoles ; le compost y fait partie. Selon lui, outre le coût des intrants qui baisse avec l’usage du compost, les plantes deviennent plus fortes et résistantes aux insectes et maladies. Leur rendement est également meilleur. « Nos stagiaires ont récolté entre 30 et 40 % de lalos, de manioc, de calebasses et de bringelles en plus grâce au compost », fait-il ressortir.
L’agronome Eric Mangar, Manager du Mouvement auto-suffisance alimentaire (MAA), ajoute que le compost aide à retenir l’eau autour des plantes, développe des racines fortes, nourrit les plantes et structure le sol tout en prévenant l’érosion. Les fertilisants chimiques, soutient-il, affectent le sol, réduisent la résistance des plantes contre les insectes et les maladies, polluent les rivières, les cours d’eau et les nappes phréatiques et affectent la qualité des légumes. D’où l’intérêt des agriculteurs pour le compost. Des membres du MAA opérant dans le sud-ouest de l’île fabriquent aussi du compost avec des algues.