Le leader du Front Patriotique Rodriguais écologique (FPRe) Johnson Roussety appelle les partis politiques de l’opposition de Rodrigues à se rapprocher afin de s’unir pour barrer la route à l’Organisation du Peuple de Rodrigues (OPR). Lors d’un point de presse à la veille de l’enregistrement des partis politiques, il explique que l’opposition doit faire front commun afin de « mettre fin au règne des jouisseurs ». Son appel est dirigé principalement en direction des dirigeants du Mouvement Rodriguais (MR).

Avec les élections générales du 7 novembre, Johnson Roussety définit la stratégie que compte adopter son parti. « Au sein du FPRe, nous sommes pour l’intérêt de Rodrigues avant tout. La campagne électorale sera faite dans le respect de l’adversaire, en donnant des résultats encourageants. Mo finn angaz mwa dan politik depi lane 2000 avek boukou sikse me osi avek bann aksidan parkour politik », dit-il.

Dressant un constat du paysage politique rodriguais, il déclare qu’il n’y a plus de lutte entre deux partis politiques, mais plutôt une « fragmentation de l’opposition » suite à des divergences d’idées « où chacun pense que le travail peut se faire tout seul ». Selon lui, la division au sein de l’opposition profite à leur adversaire commun, c’est-à-dire à l’OPR. « Ce qui paradoxalement fait que le peuple demande à “tir sa ladverser komin-la”, donc le gouvernement régional de l’OPR et son équipe qui, comme tout le monde le sait, a produit un nombre incalculable de scandales et d’insatisfactions. Et le peuple à Rodrigues en a plus qu’assez. Les projets individuels n’avancent pas. Lors des exercices de recrutement, seule une catégorie de personnes est recrutée. Bref, il y a un découragement généralisé à cause des passe-droits », dit-il.

Johnson Roussety poursuit : « Certaines personnes ne doivent pas se prendre pour Superman. Nou tou bizin koste ansam pou fer enn roupi. Personne au sein de l’opposition ne gagnera les élections si l’opposition est divisée. Prenant en compte le souhait d’une grande partie de l’électorat pour l’unité, il faut faire un travail d’unification et de cohésion afin d’aller aux prochaines élections générales avec des arguments valables en proposant à la population une équipe solide, soudée et forte. Nou kone ena dimounn pa pou oule fer sa, me nou pou bizin fer enn demars pou nou fer zot dakor ek sa. L’impossible doit devenir possible. Ena dimounn pou bizin devis zot bann boulon car “we must unite and win”. Aller vers la victoire, c’est cela le but ultime ! » dit-il.

Johnson Roussety a également fait une rétrospective de la « naissance douloureuse » du FPR. « En 2014, nous avons raté la victoire et deux “best losers”. En 2014, l’alliance du FPR avec le Mouvement Militant Rodriguais (MMR) avait fait un score de 16% à Rodrigues. Le MR avait obtenu 28% des votes. Les deux mis ensemble font 45%. S’il y avait eu unification à ce moment-là, les choses auraient été différentes et on aurait eu deux “best losers” », avance-t-il pour justifier sa démarche en vue de réunir les partis de l’opposition.


Les partis locaux aligneront des candidats

Suite à la dissolution de l’Assemblée nationale, les choses s’activent à Rodrigues en vue des élections du 7 novembre. Le Mouvement Rodriguais (MR) de Nicolas Von Mally, le Front Patriotique Rodriguais écologique (FPRe) de Johnson Roussety, l’Organisation du Peuple de Rodrigues (OPR) de Serge Clair ainsi que PMSD Rodrigues comptent aligner chacun deux candidats. Toutefois, le choix des candidats n’a pas encore été révélé. Quant au Mouvement Indépendantiste Rodriguais (MIR), dont le président est Jocelin Louis, ce parti n’a pas encore pris de décision à ce jour. Cependant, selon la tendance, les choses pourraient radicalement changer d’ici ce week-end pour prendre une tout autre tournure. Car selon le souhait d’une bonne partie de la population, les partis de l’opposition auraient dû s’unir derrière un seul parti afin de « faire bloc contre le bulldozer » qu’est l’OPR.