FACE À LA PRESSE : Carton rouge à Bérenger, a déclaré Etienne Sinatambou

Le député et leader du MMM, Paul Bérenger, est actuellement dans la ligne de mire du gouvernement. Il ferait depuis plusieurs mois preuve de léthargie dans l’hémicycle, a estimé le tandem Lepep MSM-ML lors de sa conférence de presse hebdomadaire. Le porte-parole du gouvernement et ministre de la Sécurité sociale, Etienne Sinatambou, n’a pas été tendre envers l’ex-leader de l’opposition. Et le walk-out de l’opposition à l’Assemblée nationale, vendredi dernier, lui a, dit-il, « donné raison » sur l’attitude désinvolte du député Bérenger.
« Ce walk-out était une action préméditée », a soutenu Etienne Sinatambou, qui a reproché à Paul Bérenger d’avoir « qualifié la Speaker d’imbécile à cinq reprises. » Le porte-parole de l’alliance gouvernementale a dit avoir noté que « Paul Bérenger a repris so bann move labitid avek so komportman vwayou ! » « Si nous n’étions pas dans un Parlement où il existe une autorité, le comportement de Bérenger envers la Speaker aurait été qualifié d’assault […] Si nous étions sur un terrain de football, Bérenger aurait écopé d’un carton rouge. »
Etienne Sinatambou a dit avoir constaté avec effroi que le député Paul Bérenger est peu actif à l’Assemblée nationale depuis qu’il n’occupe plus le poste de leader de l’opposition. « Depuis le 23 janvier, il n’a posé aucune question parlementaire et encore moins des questions supplémentaires, des projets de loi ou amendements de loi. Le seul moment où on l’a vu avec un certain nombre de papiers en main, c’est quand il a fait sa lecture lors des débats budgétaires. Paul Raymond Bérenger est payé des fonds publics pour intervenir à l’Assemblée nationale », s’est indigné Etienne Sinatambou.
Ce dernier a rappelé les remarques grotesques et injures des députés du MMM à l’égard des parlementaires de la majorité en avril dernier. Il a souligné que le leader des mauves avait émis des observations déplacées sur la tenue vestimentaire du Deputy Speaker. Étienne Sinatambou, qui a réclamé, « par obligation vu les événements », la démission de Paul Bérenger, a aussi espéré que celui-ci présente ses excuses à l’Assemblée et à la Speaker, Maya Hanoomanjee. Paul Bérenger, a encore rappelé Etienne Sinatambou », est aujourd’hui un simple parlementaire » et devrait libérer son poste puisqu’il n’a pas été actif pendant six mois.
« La place d’un député qui n’est pas présent au Parlement pendant trois mois doit être déclarée vacante. Il en est de même pour Bérenger qui, de par sa passivité, a été quasiment absent. Li’nn asize, li pa fer narye apar insilte Speaker. Je lui demande d’arrêter sa comédie. Pa vinn fer komik, fer vilin ! Son comportement demeure choquant et ce, depuis qu’il a perdu son portefeuille de leader de l’opposition. Nous souhaitons qu’il se reprenne au plus vite. Qu’il fasse son travail ou qu’il démissionne ! » Un peu plus tard, Etienne Sinatambou associera le walk-out de l’opposition à l’intervention du ministre Mentor, sir Anerood Jugnauth, sur les Chagos. Selon Etienne Sinatambou, l’opposition serait envieuse du résultat obtenu par SAJ aux Nations unies. La décolonisation de Maurice et de l’Afrique ne ferait pas plaisir à certains, selon le porte-parole du gouvernement.
Commentant la partielle au N°18, Etienne Sinatambou a réitéré le souhait du gouvernement de ne pas dévoiler ses cartes, pour le moment. L’annonce du candidat MSM-ML se fera, a-t-il insisté, en temps et lieux. Pour le moment, le gouvernement, a-t-il laissé entendre, trouve plus intéressant d’adopter la position de wait and see et d’observer ses adversaires sur le terrain. Énumérant les candidats annoncés ou potentiels des partis du camp adverse, Etienne Sinatambou s’est dit d’avis que l’opposition est «de facto désunie ».
Les élections générales, a-t-il rappelé, ne sont pas d’actualité et elles relèvent des prérogatives du Premier ministre. Il a aussi fait ressortir que Pravind Jugnauth ne démissionnera pas de son poste en tant que Premier ministre, comme le souhaiterait Paul Bérenger. Il a réitéré sa conviction que le Privy Council confirmera l’acquittement de Pravind Jugnauth. « L’hystérie de l’opposition » autour de la partielle, a-t-il indiqué, a fait oublier « le très bon budget » dont les augmentations aux différentes allocations destinées aux bénéficiaires des aides sociales.
Par ailleurs, à l’heure des questions, Étienne Sinatambou, qui commentait sur les allégations qui pèsent sur l’avocat et président de la Gambling Regulatory Authority, Raouf Gulbul — par des trafiquants devant la Commission d’enquête sur la drogue —, a d’emblée rappelé que Pravind Jugnauth sera sans pitié quand il s’agit du combat contre la drogue. Et de s’indigner contre la presse qui, selon lui, contribuerait à enfler les doutes dans l’opinion à chaque convocation d’un avocat par la commission.