Ecole pré-primaire Serge Coutet à Baie-du-Tombeau

« Il apparaît que la ministre de l’Education n’a pas la volonté de dynamiser le secteur du préprimaire. Plusieurs recommandations du rapport 2016 du PRB n’ont pas été implémentées. » C’est ce que soutient Narendranath Gopee, président de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU), qui animait une conférence de presse mercredi 11 avril aux côtés des membres de l’Early Childhood Care and Education Authority Employees Union (ECCEAEU). Ce qui l’a amené à dire que « le préprimaire est complètement délaissé par la ministre ».

Le secteur préprimaire compte 630 écoles privées, 190 publiques, 53 municipales et 10 Roman and Hindu Aided Schools. Narendranath Gopee explique : « Le gouvernement a introduit le Nine-Year Schooling mais il a eu une omission fondamentale, soit le préprimaire. Or, l’Education Act de Maurice a rendu obligatoire l’éducation préprimaire. Malheureusement, avec la nouvelle ministre, le préprimaire a complètement été délaissé. »

Pour les deux syndicats, il est « inconcevable » qu’un Acting Coordinator doive s’occuper de trois zones, soit 480 écoles. « Et une seule zone de quelque 150 écoles est gérée par un assistant coordinator. »

Au vu de ces problèmes, les deux syndicats ont sollicité une rencontre avec le secrétaire permanent du ministère. « Au départ, il y avait de la réticence, mais à force de pressions, on a pu obtenir une réunion. Toutefois, nous avons l’impression qu’on nous a simplement écoutés sans aucune action constructive par la suite. »

Rappelant l’historique du préscolaire à Maurice, Narendranath Gopee devait indiquer que tout a commencé en 1987 à l’initiative des PTA, qui ont mis sur pied des écoles préprimaires. « Les employés n’étaient pas rémunérés par le gouvernement mais par les PTA. Ils ont travaillé sous la PTA de 1987 à 2000, soit pendant 13 ans. En 2000, le gouvernement a ouvert le Pre-School Trust Fund, qui a duré jusqu’en 2008. En 2008, le ministère a créé l’ECCEA, tombant sous le ministère de l’Education. Les anciens employés sont allés sous l’ECCEA mais leur temps de service sous la PTA n’a pas été considéré. Cela a un impact sur leur salaire et leur pension. Le PRB demande 33 ans 1/3 de service pour avoir droit à une pension in toto. Or, ces employés ont perdu 13 ans. » S’ils disent avoir soulevé à plusieurs reprises ce problème à l’Officer in Charge de l’ECCEA, « rien n’a été fait », lancent-ils.

La FCSOU fait part en outre de postes vacants d’assistant coordinator et de coordinator qui ne sont pas remplis. Il y aurait de plus des promotions recommandées par le dernier rapport du PRB qui n’ont pas été réalisées. « Une centaine d’enseignants sont concernés. Nous avons écrit à la ministre la semaine dernière mais cela a été le silence total. »

Autre question abordée : des allocations non payées aux enseignants du préprimaire qui travaillent pour les ZEP. « De plus, les quatre zones ont été ramenées à deux et les coordinators doivent visiter les écoles en bus. On avait fait une demande pour qu’ils puissent bénéficier du Duty Free pour leur permettre d’acheter une voiture, mais là aussi, nous n’avons eu l’approbation du ministère. »

Narendranath Gopee estime qu’il « ne faudrait pas négliger l’éducation préprimaire ». Il lance ainsi un appel à la ministre pour qu’elle accorde aux deux syndicats une réunion. Interrogé quant à la remise en question de son nouveau mandat alors qu’il prend sa retraite, Narendranath Gopee estime que « l’instance suprême, ce sont les délégués à l’assemblée générale », poursuivant : « Ceux-ci ont voté à 100%, donc je reste. »