Le grand comédien et metteur en scène, formateur et enseignant Daniel Mesguich présidera le jury du festival Passe-Portes aux côtés de participants mauriciens tels que Gaston Valayden et Sedley Assonne, ainsi que de la comédienne française Valérie Mairesse, de Bernard Faivre d’Arcier, qui a longtemps présidé aux destinées du plus grand festival de théâtre au monde, celui d’Avignon en France et qui est le parrain de Passe-Portes depuis ses débuts à l’île de Ré et du directeur du théâtre de Neuchatel en Suisse, Robert Bouvier. Implantée au Théâtre Serge Constantin et au Club Med d’Albion du 24 au 29 mai, cette troisième édition prévoit trois types de programmes : le festival Kids, les pièces francophones en compétition ainsi que des pièces et concerts hors compétition…
Daniel Mesguich a incarné Napoléon, Léon Blum, Louis XIV ou Louis XIII. Il a mis en scène de nombreuses pièces, Kafka, Marivaux, Racine, Claudel, Shakespeare, Sophocle, Tchekov, Sartre et tant de grands auteurs classiques, d’autres contemporains et même parfois inattendus dans les arts dramatiques, tels que Jacques Attali pour ne prendre que cet exemple. Il a été le Walter Raim de La belle captive, le prêtre de L’araignée de satin, et bien d’autres personnages profondément marquants, au cinéma et à la télévision. Mais le volet de sa carrière sur les planches a tout autant marqué l’histoire du théâtre européen, par sa pensée, son jeu et sa présence sur scène qui sont pour ainsi dire hypnotiques.
Daniel Mesguich compte à son actif plus d’une centaine de mises en scène pour le théâtre, une quinzaine pour l’opéra, en France et à l’étranger (Bruxelles, Prague, Moscou, Budapest, Leipzig, Séoul, Brazzaville, Bologne, Pékin…) et a été l’acteur d’une quarantaine de films pour le cinéma et la télévision. L’autre volet moins connu de sa carrière est celui du formateur. Des acteurs de la trempe de Philippe Torreton, Sandrine Kiberlain, Dominique Frot, Richard Anconina ou Vincent Pérez se sont par exemple brillamment imprégnés de son enseignement.
En 1983, il revient au Conservatoire national supérieur d’arts dramatiques, à la demande de Jean-Pierre Miquel et en devient le plus jeune professeur. Il ne l’a plus quitté ensuite et en a été nommé directeur de 2007 à 2013. Il est, par ailleurs, fréquemment sollicité pour diriger des master classes à l’étranger : Académie de Pékin, Princeton University, Monterrey (Mexique), Budapest… et est invité à donner de nombreuses conférences sur la pédagogie théâtrale à travers le monde. Daniel Mesguich a également assumé la direction de deux équipements nationaux : le théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis, et le théâtre national de Lille, Tourcoing et la région Nord-Pas de Calais. Il a occupé la Cour d’Honneur du Palais des Papes au festival d’Avignon de 1981 et les plus grandes scènes françaises et étrangères (Comédie française, théâtre de Chaillot, Opéra de Pékin…).
Aujourd’hui encore, Daniel Mesguich s’adonne fréquemment à des lectures dans de nombreuses manifestations littéraires (Marathon des mots à Toulouse, Banquets de Lagrasse…) et se produit, tout aussi fréquemment, comme récitant aux côtés de grandes personnalités musicales. Avec le pianiste Cyril Huvé, il a remis à l’honneur le genre perdu du mélodrame, ce dont témoigne un CD paru aux Éditions des Femmes. En connaisseur subtil de la richesse des mots et de l’action, il a écrit de nombreux articles théoriques sur le théâtre, traduit de nombreuses pièces de théâtre et signé l’essai L’éternel éphémère, publié aux éditions Verdier. Le monde des arts dramatique à Maurice a tout à gagner de la présence au festival Passe-Portes de cet homme, qui a donné son nom à une salle du célèbre cours Florent à Paris. Nous reviendrons prochainement sur la programmation de Passe-Portes 2016, la troisième à Maurice, qui sera marquée notamment par la présence de l’auteur-compositeur Art Mengo et par une soirée hommage à Claude Nougaro.