Leslie Chérubin posant avec le ballon officiel des éliminatoires lors de sa dernière nomination, en février au Mozambique

Le geste est parfois violent, parfois souple. Pourtant, Leslie Chérubin, arbitre de basket-ball de son état, mimique ces mouvements propres aux hommes en noir lorsqu’ils officient sur le parquet. Des gestes qui témoignent d’une maîtrise parfaite des règles du jeu. Ce qui lui a valu, pour la deuxième fois consécutive, d’être appelé par la FIBA Afrique pour la troisième fenêtre des éliminatoires de la Coupe du Monde 2019.

Lorsque Leslie Chérubin se met au basket-ball, c’est avec la défunte équipe de Joinville, avec laquelle il connaîtra la joie d’un titre de champion de Maurice, sous la houlette de Tony Cruidoz. Les souvenirs remontent. « Il avait pris l’équipe et au bout d’un an, il nous avait conduits au titre de champions de Maurice. » Pourtant, il a failli raccrocher à cause de problèmes de vue. « Le coach est venu me voir pour m’expliquer le souci. » Sauf qu’au lieu de ranger la tenue, c’est celle d’arbitre qu’il va endosser. « Cela fait 20 ans depuis mes débuts. »

Après deux ans comme arbitre national, il gravit rapidement les échelons. À ses débuts, lui-même ne s’attend pas à atteindre son niveau actuel. De son premier examen à ses nombreuses séances de recyclage, l’arbitre, aujourd’hui âgé de 46 ans, n’a jamais cessé d’apprendre. « Il a fallu du temps, du travail et beaucoup de sacrifices », dit-il.

Dans un contexte où les nominations du corps arbitral valent tout aussi cher que les qualifications des équipes, chaque place est bonne à prendre. En fait, ils ne seront qu’une poignée de représentants africains à faire le déplacement en Chine l’année prochaine. « Ce sera vraiment très dur. Le niveau de l’arbitrage africain est tellement élevé et il faut savoir que les arbitres du monde entier tenteront tous de gagner leur nomination pour la Coupe du monde. »

Depuis son accession au titre d’arbitre international en 2006, il n’a manqué aucune compétition majeure sur le continent, si l’on excepte son année de suspension en 2013. « C’était une mauvaise année. C’est mieux de laisser tout ça derrière. » En accédant au plus haut niveau de l’arbitrage africain, il se rend compte de toute l’importance que prend le basket-ball sur le continent. D’ailleurs, la Coupe d’Afrique des Nations de la FIBA est considérée — à juste titre — comme la CAN de football. « Tout comme on voit les stars du football à la télé, le basket-ball africain a aussi ses stars. »

Mais pour lui, pas question de tenir la séance selfies-autographes, neutralité du corps arbitral oblige. « Je me dois d’avoir cette réserve en tant qu’officiel », explique-t-il. Dans un peu moins d’une semaine, il sera l’un des arbitres désignés pour officier pour le groupe C au Caire, avec l’Angola, l’Égypte, le Maroc et la République démocratique du Congo. Un déplacement rendu possible grâce au soutien de son employeur. « Je tiens d’ailleurs à le remercier pour son soutien. Je dois aussi dire merci au MJS, qui m’a aidé pour ce déplacement. »