FINANCE BILL—AMENDEMENTS À LA NATIONAL HERITAGE FUND ACT: Une réunion urgente avec les autorités souhaitée

La Port-Louis Development Initiative dénonce « des amendements désastreux pour notre patrimoine architectural »

Le Finance Bill, prévu en deuxième et troisième lecture à l’Assemblée nationale demain, prévoit entre autres des amendements à la National Heritage Fund Act. Ceux-ci donnent le pouvoir au ministre des Arts et de la Culture de déclassifier un monument classé patrimoine national sous certaines conditions. Les défenseurs du patrimoine montent au créneau pour dénoncer ce « danger ».
La Port-Louis Development Initiative (PLDI) a pris officiellement position contre les amendements prévus à la National Heritage Fund Act par le biais d’un communiqué émis hier. Jean-Claude de l’Estrac et Gaëtan Siew, respectivement CEO et président, disent avoir pris acte « avec anxiété et effroi » des projets d’amendements à la National Heritage Fund Act présentés dans le cadre du Finance Bill. Ils considèrent ainsi ces changements à la loi comme étant « désastreux pour le patrimoine architectural » et réclament une réunion urgente avec les autorités pour en discuter.
La PLDI dit souhaiter que l’État « tire parti de notre patrimoine et de notre culture pour mieux revitaliser l’économie ». Le parallèle est fait avec d’autres pays où les industries de la création « sont une source énorme de revenus et de création d’emplois ». L’accent est également mis sur des sites essentiels, comme le quartier général de la SMF, à Vacoas, ou le théâtre de Port-Louis, et un appel est lancé pour « une stratégie de progrès » concernant les sites patrimoniaux. Gaëtan Siew ajoute : «Nous sommes persuadés qu'un dialogue avec le gouvernement ouvrirait la voie à l'élaboration d'un modèle de travail qui mettra en valeur la viabilité de différents modèles destinés à la fois à préserver les sites patrimoniaux et à leur redonner vie. » Tout en reconnaissant que le financement représente souvent une difficulté dans la conservation des sites, il invite à trouver de « nouveaux modèles capables d'attirer des investissements du secteur privé en créant sur les sites patrimoniaux des activités économiques qui bénéficieront au gouvernement, aux investisseurs et au grand public ».
La PLDI souligne également que la destruction des sites du patrimoine « prive nos aînés d'un lieu de mémoire et notre jeunesse, de bâtiments qui ont contribué à façonner le pays tout autant que l'économie ». L’item 36 du Finance Bill prévoit ainsi des amendements à la section 12 de la National Heritage Act. Ceux-ci stipulent que le ministre peut, en consultation avec le National Heritage Fund Board, déclassifier un monument comme patrimoine sous certaines conditions. À savoir si les conditions liées au patrimoine n’existent plus, si ce n’est plus d’intérêt public ou si le lieu nécessite des travaux onéreux, sans autres alternatives pour le préserver.