Le Fonds monétaire international (FMI) a maintenu à 3,9% son estimation de la croissance économique de Maurice pour 2017, taux qui pourrait grimper à 4% l’année prochaine. C’est ce qui ressort de la base de données sur laquelle s’est appuyé le FMI pour la préparation de son rapport sur les « Perspectives de l’économie mondiale » rendu public hier.
Selon le FMI, le Produit intérieur brut (PIB) de Maurice aux prix constants pourrait croître de 3,9% cette année, soit le même taux estimé par la mission d’Amadou Sy, qui était à Maurice sur la période fin juillet/mi-août 2017 dans le cadre des discussions sous l’Article IV. Les projections du FMI indiquent que le taux de croissance de l’économie mauricienne passerait à 4% en 2018 et 4,1% en 2019 pour se stabiliser à ce niveau en 2020. La base de données du FMI fait voir que l’investissement total dans le pays en pourcentage du PIB se situerait à 20,5% cette année et grimperait à 20,6% en 2018, 20,7% en 2019 et 20,9% en 2020. Cependant, l’épargne brute nationale (en pourcentage du PIB) prendrait une direction contraire, passant de 13,7% en 2017 à 13,3% en 2018 puis à 11,3% en 2019 avant de remonter à 13,7% en 2020.
S’agissant de l’inflation, les prévisions du FMI montrent une tendance à la hausse. Après un taux de 1% en 2016, l’inflation pourrait atteindre 4,2% cette année et se maintenir sur une courbe ascendante en 2018 (environ 5%) avant de se replier à 3,8% en 2019. Dans sa déclaration post-mission, la délégation dirigée par Amadou Sy avait fait les observations suivantes : « Inflation has picked up on the back of supply shocks, but there are signs of further building inflationary pressures. Headline inflation outcomes in the first half of the year surprised on the upside, and more than doubled to 5.3 percent year-on-year in July from 2.3 percent at the end of 2016, mostly driven by higher food and fuel prices, the increase in excises on tobacco and alcohol products. Headline inflation is expected to remain above 5 percent during the second half of 2017 onwards, mostly on account of second round effects. » La mission Sy avait appelé à un resserrement de la politique monétaire en vue de juguler les pressions inflationnistes.
Par ailleurs, selon le FMI, le taux de chômage connaîtrait une baisse en 2017, le taux estimé étant de 6,9%, contre 7,2% en 2016. Le repli du chômage devrait se poursuivre au cours des prochaines années, soit à 6,5% en 2018, 6% en 2019 et 5,8% en 2020. Quant à la dette brute du gouvernement, elle se situerait, en pourcentage du PIB, à 59,9% en 2017 par rapport à 61,5% en 2016 pour ensuite remonter à 60,6% en 2018 avant d’amorcer une baisse par la suite. S’agissant du déficit des comptes courants, une aggravation de la situation est anticipée par le FMI : de 4,4% en 2016, le déficit pourrait atteindre 5,8% en 2017, 6,2% en 2018 et 8,3% en 2019.
Dans sa dernière édition des « Perspectives de l’économie mondiale », le FMI annonce que les prévisions pour la croissance mondiale ont été relevées à 3,6% pour 2017 et à 3,7% pour 2018. Pour ces deux années, précise-t-on, les prévisions dépassent de 0,1 point celles faites précédemment et sont largement supérieures au taux de croissance mondiale de 3,2% de 2016 (taux le plus bas depuis la crise financière mondiale). Selon Maurice Obstfeld, économiste en chef du FMI, le relèvement de la croissance pour cette année s’explique principalement par l’amélioration des perspectives dans les pays avancés tandis que la révision pour 2018 se fonde davantage sur la situation dans les pays émergents et en développement. « En Afrique subsaharienne tout particulièrement, où la croissance moyenne du revenu par habitant stagnait depuis deux ans, nous anticipons une très large embellie en 2018 », souligne-t-il.
Cependant, Maurice Obstfeld est d’avis que la reprise mondiale est incomplète : 1) dans les pays du fait « que la croissance des salaires nominaux et réels reste modeste », débouchant sur un creusement des inégalités de revenus et de richesses; 2) entre les pays car bon nombre « de pays émergents ainsi que des pays à faible revenu exportateurs de produits de base demeurent dans une situation délicate » et; 3) dans le temps du fait que « la reprise conjoncturelle masque des tendances à moyen terme bien plus en demi-teinte; nombre de pays émergents et en développement afficheront une croissance par habitant encore plus faible que les pays avancés au cours des cinq prochaines années ».