Après un an en Barclays Mauritius Premier League, La Cure Sylvester écrit petit à petit son histoire chez l’élite du football local. Le club de la banlieue de Port-Louis, qui compte à son palmarès une victoire en Republic Cup, se retrouve pour la première fois sur la plus haute marche du podium. Surprenant leader qui veut cependant garder les pieds sur terre.
En y repensant bien, La Cure Sylvester veut aller dans le sens de la marche. « Il y a des aspects que nous pensons et repensons », lâche Richard Achille, qui a pris en main la destinée de l’équipe. Lesquelles ? « La préparation physique surtout ». Le point fort de l’entraîneur, en somme.
Mais il n’y a pas que la condition physique des joueurs qui l’intéresse. « Ils me font confiance ». Une règle d’or dans le monde du football, où chaque erreur se paye cash. Pourtant, la transformation de La Cure Sylvester, qui passe du statut de candidat à la fin de la saison précédente à celui d’équipe capable de bousculer la hiérarchie, est survenue au moment où l’on s’y attendait le moins.
Quelques recrutements audacieux, mais tout aussi calculés, une équipe soudée : la recette tiendrait presque à ces petits détails. « Mais il n’y a pas que ça. Nous avons mis en place une cohésion dans le groupe. Tout le staff technique a travaillé pour renforcer l’esprit d’équipe », explique encore l’ancien joueur de l’équipe de la Police.
Est-ce facile de manier une équipe de la BMPL ? « Oui et non ». La nuance se situe, en fait, sur la confiance qu’inspire l’entraîneur à son vestiaire. « Les joueurs connaissent un peu mon palmarès. Je pense qu’ils apprécient l’expérience et qu’ils veulent faire le boulot ». Finalement, les Sylvesters ont fait le boulot, comme l’a dit Richard Achille. Neuf sorties, six victoires, trois nuls : seule l’ASPL 2000, le voisin qu’ils viennent de battre, présente un meilleur total de victoires (7), avec deux défaites cependant.
« C’est vrai. Nous n’en sommes qu’au début. Il y a encore un long chemin à parcourir. Tout peut arriver », prévient-il. Mais l’optimisme dont font preuve les joueurs devient alors la source de motivation. « Il y a un rôle psychologique que l’encadrement technique joue. Personnellement, je ne mets pas de pression sur les joueurs. Leur rendement en pâtirait ». Pourtant, il a déjà connu ce genre de situation. « Je sais par quoi ils pourraient traverser. Je sais donc aussi comment gérer toute la pression autour de l’équipe ».
L’équipe, emmenée par les inamovibles Fabrice Li Tien Kee, Linley Brasse ou encore Yannick Macoa, assimile donc la charge de travail imposée par la rigueur professionnelle. « Je crains seulement les blessures. Ça briserait notre élan ». L’objectif, à court terme, serait justement de maintenir la tendance.
« Ce sera difficile. Nous sommes leaders et les équipes que nous affronterons ne nous feront pas de cadeaux », anticipe l’entraîneur de La Cure Sylvester. Mais en technicien avisé, il saura trouver les bons mots et la bonne tactique pour se sortir des situations difficiles. « Nous devrons trouver le moyen de maintenir le cap ».
Évidemment, La Cure peut bénéficier d’une aide extérieure : ses exubérants et bruyants supporteurs. Ils sont présents à chaque sortie de leur club. Mercredi dernier, contre l’ASPL 2000, ils avaient préparé tout un arsenal de pétards, de ravannes et de djembés pour célébrer la victoire (1-0) des leurs.
« Ça fait vraiment chaud au coeur. C’est très important pour nous. Ils nous le rendent bien en venant de plus en plus nombreux à nos matches », sourit l’entraîneur. Ce même fan club qui a célébré, en mai de cette année, le sacre historique de La Cure Sylvester en Republic Cup, devant le Pamplemousses SC. Un spectateur faisait remarquer, mercredi dernier, que le football spectacle était l’avenir. « Il suffit de voir la passion et la ferveur qui animent les supporters de La Cure Sylvester pour comprendre ».
Pourtant, si le début de saison est celui rêvé par tous, il est évident que la chance peut tourner. « Nous sommes la seule équipe invaincue jusqu’ici. On croise les doigts ». La route est encore longue jusqu’à la fin du championnat. « L’objectif est de terminer parmi les cinq premiers de la BMPL ». Peut-on espérer voir le club de la banlieue port-louisienne soulever le trophée récompensant le champion de Maurice ? « Nous le souhaitons. Si ça nous arrive, pourquoi pas. Pour l’instant, en tout cas, nous ne voulons pas de pression », conclut Richard Achille.