Le président du Sporting Portugal a décidé vendredi soir de suspendre tous les joueurs de son équipe mécontents de ses critiques consécutives à la défaite contre l’Atlético Madrid en Europa League, obligeant le club de Lisbonne à aligner une équipe B dimanche en championnat.

Jeudi, Bruno de Carvalho, président des Lions depuis 2013, avait étalé sa colère sur les réseaux sociaux à la suite du revers du Sporting face à l’équipe madrilène (2-0) en quarts de finale aller de l’Europa League.

« Au lieu d’être 22 comme je le souhaitais, on a très souvent joué à neuf, et ça, ça se paie cher », a-t-il pesté sur son compte Facebook. « Voir des erreurs grossières de la part d’internationaux et de joueurs expérimentés, ça ne fait qu’accroître notre souffrance », a-t-il ajouté.

Une publication qu’a eu du mal à avaler la grande majorité du vestiaire et notamment les cadres comme les internationaux portugais Rui Patricio et William Carvalho, champions d’Europe en 2016.

Si bien que l’effectif entraîné par Jorge Jesus, actuellement troisième du championnat, quart de finaliste de l’Europa League, demi finaliste de la Coupe du Portugal et vainqueur de l’édition 2018 de la Coupe de la Ligue, a décidé de réagir en organisant une fronde sur les réseaux sociaux vendredi soir.

« Nous sommes le Sporting Clube de Portugal… Nous transpirons, nous nous battons et nous honorons toujours le maillot que nous portons. Nous ne croyons pas aux joueurs parfaits parce que nous voulons toujours évoluer ! », ont fait savoir les joueurs dans un texte publié sur leurs comptes Instagram et Facebook.

Les 19 joueurs responsables de ce partage sur la toile ont également rappelé, au nom de toute l’équipe, le « respect » et le « soutien » nécessaires au sein d’un grand club, et manifesté leur « mécontentement » après la réaction publique de leur président.

« Guerre totale »

Peu enclin à désamorcer le conflit, Bruno de Carvalho a aussitôt réagi, toujours sur Facebook, à l’attitude de ses joueurs. « Enfants pourris-gâtés qui ne respectent rien ni personne, au Sporting Portugal on ne vit pas dans une république bananière », a-t-il lancé en ajoutant que les athlètes qui se sont plaints étaient « immédiatement suspendus » et qu’ils « feraient face à des sanctions disciplinaires du club ».

Samedi, l’ensemble de la presse quotidienne portugaise faisait sa Une avec la crise interne au Sporting.

« Révolte à Alvalade », titrait le Publico, « Choc frontal » disait le Correio da Manha, « Le Lion sens dessus-dessous » pour le sportif Record et « Guerre Totale » du côté de son concurrent A Bola qui évoquait même une possible démission de l’entraîneur Jorge Jésus. En effet, ce dernier ne souhaite pas aligner une équipe remaniée face à Paços Ferreira dimanche lors de la 29e journée du championnat.

« Je ne peux pas le croire, en quarante ans je n’ai jamais vu ça, c’est surréel et je pense que la réaction des joueurs est normale », confiait Dias Ferreira, un ancien dirigeant du Sporting dans les colonnes du Diario de Noticias.

A 46 ans, Bruno de Carvalho poursuit son second mandat à la tête des Lions où il a été réélu à plus de 85%. Devenu « sócio » du Sporting en 1986, il a fréquenté les groupes ultras de la Juventude Leonina et de la Torcida Verde à la fin des années 1980, gagnant le surnom de « président-supporter ».

Depuis son arrivée, le dirigeant multiplie les critiques acerbes contre les rivaux du Benfica Lisbonne et du FC Porto à qui il essaye de ravir un titre de champion que le Sporting Portugal attend depuis 2002.

-AFP