FOYER NAMASTE— ABUS SEXUELS ALLÉGUÉS SUR MINEUR: Arrestation du cofondateur Steeve Savrimootoo

Suspension de la licence “Place of Safety” par le ministère du Développement de l’enfant

Steeve Savrimootoo, 31 ans, cofondateur du Foyer Namaste, est sous les verrous depuis hier suite à une déposition formelle faisant état de « causing child to be sexually abused » consignée contre lui. Il a été dénoncé mardi par un ancien résident du foyer, âgé de 14 ans. Suite à cela, le ministère de l’Égalité des genres, du Dévelopement de l’enfant et du Bien-être familial a procédé hier à la suspension de la licence “Place of safety” du Foyer Namaste, également connu comme l’Association d’hébergement pour les personnes inadaptées.
La ministre de tutelle, Mireille Martin, a convoqué la presse ce matin pour faire le point sur la situation dans ce foyer et dresser l’historique de cette affaire qui remonte à 2012. L’enfant présumé victime, âgé de 14 ans, est sorti de son silence mardi dernier alors qu’il était hébergé au CEDEM.
En juin 2012, une lettre anonyme a été envoyée au ministère dénonçant des cas d’abus sexuels sur les enfants du Foyer Namaste. Mention est faite dans cette lettre du nom d’un résident du foyer, sous la responsabilité de la Child Development Unit (CDU) qui serait susceptible de faire des révélations à ce sujet.
Le ministère a pris la décision le lendemain de le placer dans un autre foyer pour lui faire suivre une thérapie en vue d’obtenir des informations et mener une enquête. L’enfant a été suivi par un psychologue et le rapport de ce dernier en juin 2012 « did not reveal any form of abuse ».
En septembre 2012, le ministère a pris la décision de placer l’enfant au Centre d’Éducation et de Développement pour les Enfants Mauriciens (CEDEM), où il a suivi une thérapie psychologique approfondie, en vue de le faire parler. Une enquête discrète a été menée en parallèle par les officiers et psychologues du ministère qui n’ont rien trouvé à reprocher à ses membres et aux responsables. Le CEDEM a écrit au ministère le 17 janvier dernier afin de demander le retour de l’enfant dans son précédent foyer « for the sake of his emotional stability and development » jusqu’à ce qu’il ait atteint sa majorité. Le ministère a continué à enquêter en parallèle et demandé à la direction du CEDEM de garder l’enfant.
De son côté, en 2012, l’Ombudsperson for Children a demandé à la police d’enquêter sur ces cas allégués d’abus sexuels. Le rapport de la Police a conclu que les mineurs résidents y étaient tous heureux, qu’ils n’ont jamais été victimes d’abus et remarqué aucun « suspect behaviour » de la part de Steeve Savrimootoo et du responsable du centre, Jean-Alain Antoine, qui est également suspecté. « All the minors are happy at the centre and have never been victims of any abuse… We did not noticed any suspected behaviours of M. J A and M. Steve Savrimootoo. Nothing abnormal was observed at the shelter and nobody came to report any case of sexual abuse by the officer in charge of Foyer Namaste. They (the children) were treated politely and never exposed to things they don’t like », écrit la police dans son rapport. « En l’absence de solid grounds, le ministère n’a pu aller plus loin en vue d’initier les procédures à l’encontre des responsables du Foyer Namaste », explique Mireille Martin.
Les rapports respectifs de la police, du psychologue du ministère et du CEDEM, ajoute-t-elle, n’ont pas permis au ministère de prendre des actions nécessaires. Mardi, l’enfant, qui est sorti de son silence, a cependant fait des révélations aux responsables du CEDEM. Une déposition a été consignée à la police qui a procédé à l’arrestation de Steeve Savrimootoo, un habitant de Nouvelle-France.
Le ministère du Développement de l’enfant a ordonné le retrait de tous les jeunes du foyer dans un délai de 48 heures. Ils sont 33 au total ; certains sont sous la responsabilité de la CDU et d’autres ont été confiés par leurs parents. Des carers du National Children’s Council ont été placés dans les trois shelters du Foyer Namaste pour veiller au bon déroulement de l’exercice, assure Mireille Martin qui affirme avoir agi sur la base des révélations faites par l’enfant mardi. « Nous laissons l’enquête suivre son cours et nous donnons la garantie que nous allons prendre les mesures correctives et suivre la situation de très près », conclut-elle.