FRANÇOISE LIONNET, PROF DE LITTÉRATURE FRANÇAISE, FRANCOPHONE ET COMPARÉE À UCLA: « C’est maintenant que la pensée mauricienne prend son essor, grâce aux écrivains »

Au faîte d’une brillante carrière de professeure, accomplie aux États-Unis, Françoise Lionnet écrit de plus en plus sur la littérature mauricienne contemporaine, dont elle a toujours défendu l’intérêt auprès de ses consœurs et confrères américains. Cette Mauricienne est revenue récemment au pays pour « boucler la boucle » en présentant deux ouvrages dans lesquels elle nous restitue ses principaux articles critiques sur nos auteurs, fruits de 20 à 30 ans de recherche. Ainsi amène-t-elle une réflexion sur la créolité et la créolisation, le métissage et les questions de genre, le cosmopolitisme et la « cosmopolitique », qui à travers le texte, nous offrent d’édifiants miroirs de notre société et puisent aux premières sources de l’inspiration.

Votre parcours montre que vous vous êtes toujours efforcée de décloisonner les domaines, à travers les études comparées certes mais aussi par l’interdisciplinarité. Ces ouvrages que vous publiez ici s’adressent à un public plus large que celui des universitaires. Quelles sont les idées essentielles que vous souhaitez partager avec vos compatriotes mauriciens ?

Ayant fait toute ma carrière aux États-Unis, j’ai beaucoup publié sur l’île Maurice en anglais, parfois en français, en Amérique. J’ai eu des réactions du public universitaire américain, mais je pense que le public qui est le plus apte à apprécier et à apporter des critiques utiles, constructives et salutaires à ce travail est mauricien.
Dans le premier volume sur les écritures féminines, où je parle aussi de poètes mauriciens et du Réunionnais Évariste de Parny, je traite du métissage, pas simplement de façon sociologique ou biologique, mais aussi dans une approche méthodologique… Métissage contient le mot “tissage” qui vient du latin textus, texte. L’écriture, comme le travail du lin ou du coton, est une mise en rapport de différentes idées. Cette idée a toujours été très importante, très utile et porteuse pour ma propre réflexion.
J’ai joué sur ce concept à différents niveaux : culture et société, questions de races, de genres puisqu’aujourd’hui il y a beaucoup de fluidité entre les hommes et les femmes. Surtout il s’est agi de voir comment “tresser” des écrivains de différents horizons, les mettre en dialogue et les confronter afin de développer une réflexion qui mette en lumière non seulement leurs écritures mais aussi la culture qui les porte, la culture qu’ils ont influencée par la suite.

Dans le deuxième livre, “Le Su et l’incertain”, qui correspond à des publications plus récentes, vous parlez de « la cosmopolitique créole ». Pouvez-vous nous éclairer sur ces termes ?

Ayant beaucoup travaillé sur la créolisation, j’ai constaté à un moment donné que les concepts de créolisation et de cosmopolitisme recouvraient beaucoup de dynamiques similaires. Mais on employait le terme cosmopolite pour parler des élites qui voyagent, qui ont les moyens d’être très éduquées, d’avoir une vision du monde assez complexe et intellectuelle, et une capacité d’évoluer dans des milieux extrêmement différents, de s’adapter et de ne pas être cloisonnées dans des compartimentages nationaux ou chauvinistes. Depuis Kant, le sujet cosmopolite se dit citoyen du monde. Mais finalement le cosmopolitisme n’est-il pas une forme de créolisation des élites ?

D’ailleurs vous écrivez que « la créolisation demande à être pensée en tant que cosmopolitisme des subalternes et le cosmopolitisme en tant que créolisation des élites ».

Le cosmopolitisme a plus ou moins fait référence à des élites dans l’histoire européenne. Aujourd’hui, on en parle davantage en Asie. Mais à côté des caractéristiques données dans la question précédente, le cosmopolitisme recouvre aussi l’idée de l’interculturalité, la possibilité d’échanger, d’apprendre des autres, de tolérer la différence, de s’approprier des éléments de culture qui ne sont pas les nôtres, de s’épanouir au contact de ces cultures…
La créolisation par contre résulte de la rencontre dans la violence des cultures majoritaires dominantes et des cultures qu’elles ont dominées. Si la langue créole est affectée d’un coefficient si négatif, c’est qu’elle s’est forgée dans le contexte de l’esclavage, de problèmes culturels et sociaux très graves de la culture mondiale, dans la mesure où le colonialisme européen a influencé le monde entier. On parle des Créoles généralement en rapport avec les descendants d’esclaves. Même la culture des Créoles blancs est affectée d’un coefficient, pas toujours négatif mais déficitaire par rapport à une norme nationale. Schématiquement, le sujet national représente une norme bien définie, et puis d’un côté, le cosmopolite représente un surplus par rapport à ce discours. Même s’il a pu parfois être considéré comme négatif étant taxé de manque de loyauté envers la nation, aujourd’hui cet excès d’identité est positif. Par contre, par rapport à cette norme, le sujet créole serait affecté d’un coefficient négatif, un être dont la langue n’est pas vraiment une langue mais un “baragouin” qui manquerait de grammaire et d’expressivité.
La réflexion sur ces différents concepts montre que c’est l’histoire qui nous a donné cette dissymétrie, au moment de la mise en relation des sujets de culture, de langue, d’approche, d’idéologie, de religions diverses. Le sujet créole serait supposément cantonné dans un manque de culture en comparaison de l’excès de culture du cosmopolite. Pourtant, la langue créole véhicule des idiomes, des formes de syntaxe, un vocabulaire qui viennent d’une très grande variété de langues, ce qui en fait une langue très riche qu’on n’a pas suffisamment valorisée. Donc il faudrait aujourd’hui repenser le fait que les Créoles sont ouverts à toutes sortes de langues, toutes sortes de cultures, et penser la culture créole en pensant à ce que le cosmopolitisme veut dire.
La créolisation comme le cosmopolitisme est une forme de mise en relation, qui enrichit les sujets qui sont pris dans ce moment de rencontre. Ceci dit, dans un contexte de domination, on a aussi pensé la créolisation comme la façon de réagir des peuples dominés, qui développent une langue qui ipso facto se définisse dans une situation difficile, et qui donc n’aurait pas les moyens de s’épanouir. Pourtant, une langue créole comme le mauricien contient des mots qui viennent du français, de l’anglais, du hindi qui viennent eux-mêmes du persan. On trouve des mots du chinois, du malgache, etc.

L’intellectuel et linguiste américain Noam Chomsky n’a-t-il pas dit que le créole n’était pas une langue ?

N’étant pas linguiste, je ne connais pas les détails de tout cela. Certains linguistes pensaient qu’il y avait la linguistique pour étudier les langues, et puis la créolistique pour ceux qui étudiaient les créoles comme étant des langues exceptionnelles c’est-à-dire forgées dans un creuset où les dynamiques étaient supposément uniques et différentes de celles des autres langues. Or les spécialistes du créole démontrent aujourd’hui que toutes les langues se sont développées de la même manière que les langues créoles, soit en adoptant, en additionnant ou en soustrayant des termes, en fonction de l’évolution de la culture et des données politiques, économiques et autres dans lesquelles elles évoluent elles-mêmes.
J’ai retrouvé une citation d’un dictionnaire de la langue anglaise datant du 17e siècle où l’auteur Stephen Skinner définit sa langue comme on définirait le créole, en disant qu’elle est faite de saxon, d’allemand, de hollandais, de français, d’espagnol, et même de mots venant du turc ou du persan depuis l’époque ottomane, etc. L’anglais est donc un créole qui s’est forgé au fil des siècles, l’Angleterre étant une grande île où se sont croisées différentes cultures… Alors il faudrait cesser de penser le créole comme un moyen d’expression inférieur ou déficitaire par rapport à une supposée norme linguistique qui serait représentée par les grandes langues européennes.

Est-ce encore un débat chez les linguistes de savoir si le créole est une langue ?

Non c’est fini. Le linguiste d’origine haïtienne Michel de Graff qui travaille au MIT (Massachussets Institute), dit par exemple que la langue créole s’est développée comme toutes les langues, et que c’est une forme de racisme de décréter que ce n’est pas une langue parce qu’elle était au départ le “baragouin des esclaves”, ces hommes dont on disait qu’ils n’étaient pas vraiment des hommes.

Pour vous qui vous êtes intéressée à différentes cultures créoles, quel est l’apport spécifique des littératures des Mascareignes ?

L’influence de l’Asie est beaucoup plus importante ici que dans les Caraïbes et l’Amérique latine. Les régions du Nouveau monde qui sont créolisées ont moins de contacts avec l’Asie, exception faite de Trinidad où des Indiens se sont installés. Bien sûr il existe au départ ce qu’on appelle les langues de contact, ce que les Anglais appellent le pidgin dans certaines régions, mot que je refuse d’employer car il est péjoratif ou encore tout aussi méprisant du côté de Vancouver, le Shinuk georgen qui s’est développé entre les tribus indiennes et les voyageurs.
Qu’ils soient anglophones ou francophones, ces créoles sont des langues de commerce qui ont une utilité pratique, mais surtout il y a la langue créole qui devient vraiment la langue maternelle d’un groupe d’individus installés dans une région. S’il arrive que les créoles d’utilité ou de commerce disparaissent, comme sur les côtes africaines de la Méditerranée, par contre lorsqu’il s’agit de la langue maternelle d’un peuple en situation de colonisation, ces créoles là perdurent. Outre ces deux approches distinctes, les langues créoles peuvent prendre un autre nom comme le mauricien ici.

Ça répond peut-être aussi à la nécessité d’une nation qui se reconstruit ?

La question est là finalement. Parce que les langues sont vivantes, elles se transforment au contact d’une culture dominante. Ce processus est le même pour toutes les langues, avec l’absorption de nouveaux termes et l’oubli de ceux qui ne sont plus en usage. Les créoles se transforment de la même façon au fil des différents contacts. Donc faire une distinction entre les créoles et les autres langues est une erreur. Ne plus vouloir appeler les créoles “créole”, mais plutôt le mauricien, le martiniquais, le haïtien, c’est très bien mais avant d’arriver là, il semblerait qu’on ait besoin d’éclaircir les choses.
En Haïti, le créole est la langue nationale depuis la Révolution haïtienne ! Dev Virahsawmy a fait ici un travail remarquable par sa créativité dans l’expression littéraire. Grâce à lui, le créole a acquis ses lettres de noblesse dans la littérature mondiale. Il faut des créateurs qui enrichissent les langues pour les rendre encore plus vivantes qu’elles ne le sont quand ce ne sont que des langues utilitaires.

Le fait d’appartenir à l’Ancien monde donne-t-il à la littérature des Mascareignes une particularité par rapport aux Caraïbes par exemple ?

Les Antilles constituent une avancée archipélique proche du continent américain, qu’on peut relier assez vite à la Floride d’un côté et au Venezuela de l’autre. L’île Maurice et La Réunion étaient des points stratégiques au milieu de l’océan sur la route des Indes. L’isolement des Mascareignes a fait que les langues et les cultures s’y sont développées au début de façon particulière à ces lieux-ci. Elles sont originales en ce sens-là.
Dans les Antilles francophones, anglophones mais aussi hispanophones, vu la proximité des cultures nord et sud-américaines, et aussi vu la façon dont la question de la décolonisation s’est articulée avec des grands penseurs comme Aimé Césaire côté francophone ou Edward Kamau Brathwaite côté anglophone, la politisation de la pensée a eu une longue et bonne influence sur la prise de conscience de la nécessité de secouer le joug colonial et de réfléchir à son identité, sa subjectivité en fonction du lieu dans lequel on se trouve et de ses dynamiques.
Cette politisation continue d’influer sur les créateurs contemporains aux Antilles. L’île Maurice n’a pas eu ses grands penseurs de la décolonisation, et c’est finalement maintenant à l’ère postcoloniale que la pensée mauricienne prend son essor de façon originale et intéressante grâce aux écrivains extraordinaires, poètes, romanciers, essayistes, dramaturges… Ceux-ci n’ayant alors plus besoin de se définir en opposition à quelque chose. Au départ anglophone, la pensée postcoloniale est une forme de binarisme où on rejette le rapport du sujet colonisé au centre colonisateur. Vous avez aussi aujourd’hui dans le contexte indien, des chercheurs comme Homi Bhabha qui pense la culture indienne indépendamment du colonialisme anglais.
À l’île Maurice, en raison des influences européennes variées à différents moments, il y a beaucoup plus de souplesse : on peut se définir dans les interstices entre les cultures européennes. Dès le début, beaucoup de nos poètes comme Robert Edward Hart ou Malcolm de Chazal ont introduit la culture indienne dans leurs écrits, donc très tôt dans l’écriture mauricienne du 20e siècle.
L’écrivain mauricien, même durant l’ère coloniale, n’avait pas besoin de faire cet effort d’opposition à la culture française, car elle n’était déjà plus dominante. Le colonialisme anglais a laissé des traces dans la politique, mais il ne représentait pas un poids énorme sur la vie quotidienne. Je pense qu’on était plus libre à l’île Maurice avant même l’Indépendance de se définir en rapport, en fonction ou en relation avec différentes autres cultures. Ce n’est pas le cas de La Réunion, ce département d’outremer, où le besoin de se définir en réaction contre la présence de la France chez soi est vif.

À un moment donné, vous opposez le concept de métissage et celui de branchement. Pour quelles raisons ?

C’est en rapport à Jean-Loup Amselle, l’anthropologue qui a écrit le livre Logiques métisses, anthropologie de l’identité en Afrique et ailleurs. Puis après il s’est démarqué de sa propre approche suite aux critiques sur cette idée de métissage. On pensait qu’en parlant de métissage on évacuait les rapports de pouvoir. On faisait comme si tous les contacts étaient à niveau égal alors que ce n’est pas le cas. Les dynamiques créolisantes sont spécifiques aux lieux dans lesquels elles s’insèrent et se développent, donc on ne peut pas parler de la créolisation comme quelque chose d’universel non plus.
Parce qu’il y a eu toutes ces critiques du métissage, dans un livre qu’il intitule Branchements, il fait appel alors à l’idée de branchement dans le sens de brancher des choses avec le courant qui passe ou qui ne passe pas. On essaie toujours de chercher un meilleur vocabulaire pour décrire ce qui se passe.
Pour ma part, je me suis lancée dans cette idée de cosmopolitique créole – et non pas cosmopolitisme – pour souligner l’importance de la politique, du milieu démocratique ou pas, dans lequel les gens évoluent. Mais ajouté à cela, l’idée de créole dit qu’il existe une cosmopolitique créole spécifique qui serait bonne à penser en dehors des schémas qui définissent le cosmopolitisme comme le surplus d’identité et la créolisation comme le déficit d’identité.

Est-ce que vous avez pour autant abandonné le concept du métissage ?

Non car pour ma pratique méthodologique, il définit toujours ce que je fais en tant que critique littéraire. Je mets en relation des textes du 19e et du 20e siècle, de l’Angleterre et de l’île Maurice, des Antilles et de l’Amérique du Nord, de l’Amérique du Nord et de l’île Maurice. Car finalement par exemple dans le sud des États-Unis, des écrivains comme Faulkner et d’autres ont un écho très important sur ce qui se passait à Maurice pendant l’ère coloniale.
Je parle des photographies d’Yves Pitchen, des nénènes créoles avec leurs enfants blancs, en lien avec le livre qui est devenu un film The help, ou La couleur des sentiments en français. Ce livre et ce film américains qui ont été tous deux sujets à controverse aux États-Unis, soulèvent des questions qui sont tout à fait celles de l’Île Maurice. De même, l’historienne spécialiste du 19e siècle américain Elisabeth Fox Genovese, qui parle des rapports entre femmes noires et femmes blanches dans le sud des États-Unis, développe une approche qui serait utile à l’histoire sociale des femmes mauriciennes.

La créolité à Maurice est très différente du concept d’Édouard Glissant. On en a souvent une définition très restrictive. Que faire pour que le communalisme cesse de masquer tout le potentiel de la créolité mauricienne ?

C’est une énorme question. C’est seulement à l’île Maurice qu’on appelle “créoles” uniquement ceux qui sont descendants d’esclaves. On a parlé du malaise créole comme si c’était leur faute. La responsabilité de s’en sortir tout seul est rejetée sur les victimes ! Beaucoup d’intellectuels mauriciens réfléchissent à la créolité, à la créolisation comme une solution à ce communalisme mais je crois qu’il est important de faire une place à ceux qui se sont sentis lésés quelles que soient leurs origines identitaires. C’est une dialectique entre se trouver une place où ce qu’on considère être une partie de son héritage soit respecté, mais aussi montrer que se cantonner dans cet espace est impossible et qu’il faut trouver des moyens de dialoguer. Les concepts de créolisation permettent ça.
On pourrait essayer de penser les besoins politiques d’un sujet qui se sent lésé en joignant la question du cosmopolitisme et celle de la créolisation. Et ayant réfléchi à ce besoin d’espace particulier, on pourrait ensuite faire glisser cette discussion vers les droits humains mais aussi le besoin d’interactions, de relations en dehors des cloisonnements culturels qui finalement ne font que restreindre à une crispation identitaire. La créolisation va contre les crispations identitaires mais les crispations existent parce que des gens ne se sentent pas valorisés. Il faut d’abord valoriser les cultures et ce qu’elles représentent et montrer que se crisper dans ce qu’elles représentent à un moment donné ne peut suffire.

Vos recherches récentes sur les périphéries et les cultures des migrants représentent-elles le début d’un immense chantier d’étude ?

Ce n’est plus le début. Nous avons déjà publié deux livres collectifs là-dessus, en 2005 et 2011. Ils offrent une réflexion sur le fait que les périphéries se parlent maintenant indépendamment des centres qui les influençaient auparavant. On assiste à des rapports sud-sud entre différents pays qui ne faisaient pas partie des grandes puissances, où les échanges et les dynamiques sont extrêmement riches. On n’est plus obligé en tant que Mauricien francophone de penser à ce qui se fait en France pour créer. En même temps, ça n’a jamais vraiment été le cas puisque même les poètes de la première moitié du 20e siècle tels que Hart ou de Chazal s’inspiraient déjà de l’Inde. On oublie ça. On parle des modèles francophones et du fait que l’écrivain francophone parodie certains schémas européens, l’imite mais le parodie pour le critiquer. Ça existe, mais revenir sur ce fait consiste aussi à rester dépendant d’une formule littéraire européenne et à ignorer les autres dialogues qui s’installent. Et là les critiques littéraires sont fautifs parce que souvent, ils ne voient que ce modèle et le perpétuent.
Ils ont été formés dans un certain contexte et ne reconnaissent que ce qu’ils connaissent bien. Lorsque Baudelaire utilise le mot cafrine, il faut connaître la langue créole pour savoir qu’il vient de La Réunion et de Maurice. Des critiques ont commis des erreurs pensant même que Baudelaire avaient inventé ce mot.
Le multiculturalisme ambiant à l’île Maurice fait que les écrivains, les citoyens mauriciens sont à l’aise dans tous ces domaines. Et ceux qui viennent en tant qu’experts littéraires sociologues ou autres ont moins de culture cosmopolitique que ceux qui sont sur place. Le message qui me semble le plus important aujourd’hui c’est qu’il faudrait que les Mauriciens soient eux-mêmes les experts dans ces domaines de recherche universitaire en sciences humaines parce qu’ils connaissent mieux le pays que qui que ce soit. Et ce serait dommage que les chercheurs étrangers annoncent ce qui se passe à Maurice, moi y compris. J’écris ce qui me passionne, alors j’espère que ça ouvre une piste qui permette de continuer à dialoguer mais je ne me présente pas comme experte, car c’est à ceux qui sont ici de prendre la parole et de définir ce qui se passe.