Victime d’une escroquerie par fraude électronique pour un montant de Rs 115 millions, le groupe hôtelier, New Mauritius Hotels Ltd, a émis une Cautionary Announcement à l’ouverture de la Bourse de Maurice. Comme révélé en primeur et en exclusivité dans l’édition du Mauricien de samedi dernier, des escrocs étrangers, par le truchement de fake e-mails, soi-disant émanant du Chief Executive Officer du groupe, Gilber Espitalier-Noël, ont bénéficié de manière frauduleuse de deux versements bancaires de Rs 115 millions de l’Euro Account opéré par le groupe dans une banque de la capitale.
Une troisième opération en date du 15 mars et portant sur un montant de Rs 195 millions (4,9 millions d’euros) fut bloquée in extremis. Autrement, le préjudice aurait été de plus de Rs 300 millions pour le groupe Beachcomber. Dans la Cautionary Announcement, le groupe Beachcomber souligne que « the fraud was perpetrated through devious electronic means and impersonation. It resulted in two transfers to a foreign bank which were executed without arousing any suspicion in the first instance ».
L’affaire a été référée à la police à la fin de la semaine dernière avec Beachcomber faisant comprendre que « all possible steps are being taken, both in Mauritius and overseas, to try and recover the stolen money.»
Aux termes des Listing Rules à la Bourse de Maurice, le groupe hôtelier a tenu à faire état officiellement de cette affaire. « However, as a matter of prudence, an appropriate provision is being effected in the Company’s accounts which will impact negatively the performance of the second quarter. Notwithstanding the occurrence of this unfortunate fraud, the results for the full year are expected to show substantial improvement over last year’s », rassure Beachcomber.
Dans les milieux bancaires autorisés, tout en concédant que c’est l’une des rares fois qu’une entité mauricienne est victime d’une « electronic fraud » de cette envergure, des précédents ont été enregistrés dans d’autres pays du monde. Ils font comprendre que pas plus tard que samedi dernier, le Financial Times faisait état d’une escroquerie quasiment du même genre avec la Banque centrale du Bangladesh essuyée de 101 millions de dollars US (plus de Rs 3 milliards) alors que si tous les ordres falsifiés avaient été exécutés, le montant aurait atteint un milliard de dollars (plus de Rs 30 milliards).
Affaire à suivre…