L’Independent Commission Against Corruption (ICAC) compte mettre les bouchées doubles en cette fin de semaine pour conclure le premier volet de la Preliminary Inquiry sous la Prevention of Corruption Act avec pour principal suspect l’ancien ministre de l’Environnement, Raj Dayal. En effet, aussitôt consignée la déposition à charge de l’homme d’affaires, Saheed Nawab Soobhany, aussi connu sous le nom de Patrick, une escouade de limiers de l’ICAC a débarqué aux ministères de l’Environnement et des Terres en vue de procéder à la saisie de ce dossier pour un permis de morcellement sur une superficie de 35 arpents, soit 294 lots, à Gros-Cailloux, avec les habitants de la région indiquant la région comme dorénavant « Terrain Dayal ». La prochaine étape des procédures à l’ICAC devra être franchie au vu de la réunion de la Commission Anti-Corruption, confirmant l’éventualité d’une Further Investigation, avec la convocation formelle de l’ancien ministre pour interrogatoire et une éventuelle inculpation provisoire pour le délit de « public official using his office for gratification » (50 balles de poudre pour la fête Holi pour l’instant).
D’ici la semaine prochaine au plus tôt, l’ancien ministre de l’Environnement, qui s’est vu montrer la porte de sortie du Cabinet par le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, dès hier à la mi-journée, devra être fixé sur son sort quant à la décision de l’ICAC à son sujet. « It’s a straightforward case with a complainant. Il a fait des allégations spécifiques au sujet de certains faits contre un ministre. A ce stade, le Processing des détails de cette affaire, dont la vérification des faits, ne devrait nullement être Time-Consuming », fait-on comprendre des milieux rompus aux procédures de l’ICAC, suivant de près l’opération HELICAC.
D’ailleurs, dans un récent communiqué, en marge de l’opération Goldfinger avec l’Euro-Loan Saga de 1,1 million d’euros de l’ancien ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, l’ICAC souligne que « the Commission wishes to draw the attention of the public that at the stage of Preliminary Inquiries, the main focus of the investigation are to: proceed with a thorough verification of facts, and establish whether there is enough evidence connected or conducive to an act of corruption or money laundering that would warrant further investigations. »
En vue d’établir un Prima Facie Case dans le cadre de l’opération HELICAC, impliquant l’ancien ministre de l’Environnement, l’ICAC a effectué, hier, des descentes des lieux aux ministères de l’Environnement et des Terres en vue de procéder à la saisie de dossiers relatifs au projet de morcellement de Gros-Cailloux. Les promoteurs de ce projet de morcellement résidentiel affirment qu’ils sont déjà en présence de tous les permis, sauf de l’EIA Licence, pour justifier les dernières démarches avec des contacts auprès du ministre de tutelle. Il existe de fortes chances que l’ICAC sollicite la collaboration du District Council de Rivière-Noire en vue de compléter le tableau car le feu vert de cette collectivité locale est également primordial dans la conjoncture.
Trente-six heures après l’éclatement de l’affaire Dayal, fragilisant davantage le gouvernement de Lalyans Lepep sur le terrain aussi délicat de la fraude et de la corruption, l’ICAC se garde de révéler le moindre indice et encore moins le calendrier de travail à ce jour. Néanmoins, la Commission est convaincue de l’existence d’un Prima Facie Case dans cette affaire; des consultations pourraient être engagées avec l’Office of the Director of Public Prosecutions en préambule à la convocation formelle.
Ainsi lors de son interrogatoire à venir, Raj Dayal devra faire face à un barrage de questions par rapport aux différentes allégations portées contre lui par l’homme d’affaires Patrick Soobhany, notamment sur les raisons de son déplacement à Gros-Cailloux en fin de journée de lundi et plus particulièrement pour des propos tenus, en l’occurrence « pou signe (EIA Permit),  bizin donne cash » ou encore le rendez-vous de mardi dernier au ministère de l’Environnement pour la suite des tractations sur des pots-de-vin contre l’octroi de l’EIA Licence.
Face à ces éléments accablants, l’ancien ministre Dayal, et de surcroît ancien commissaire de police et ex-commandant de la Special Mobile Force, n’aura nullement la partie facile. Il y a encore l’obstacle de la teneur du communiqué officiel émis par le Prime Minister’s Office pour demander au ministre de « step down ». Dans le camp de l’ancien ministre, l’on ne veut rien ajouter d’autre à la succincte déclaration de Raj Dayal hier; la priorité est de se préparer avec les conseils légaux en vue du rendez-vous inéluctable avec l’ICAC.
Dans l’entourage des promoteurs du morcellement résidentiel de Gros-Cailloux, des réservations étant bien engagées, l’on évite de faire des commentaires au sujet des dépositions ou encore des développements à venir. « Des proches des promoteurs subissent depuis mardi soir un harcèlement incroyable et des intimidations de la part d’intermédiaires en vue de les faire taire et de mettre un terme à ce scandale gênant considérablement le gouvernement », fait-on comprendre même si ces mêmes sources refusent de confirmer officiellement si ces « menaces sous forme de komie kas to oule » ont été révélées aux limiers de l’ICAC…