L’assistant commissaire de police Anil Kumarsing Dip, qui a vu trois charges provisoires logées contre lui dans le cadre de l’enquête sur le détournement de Rs 80 millions au préjudice de la défunte Bramer Bank, passe à l’offensive. En effet, par les soins de ses conseils légaux Mes Kaviraj Ramano (avoué) et Rama Valayden (avocat), il a fait servir une mise en demeure pour des réclamations de Rs 50 millions suite à son arrestation abusive le 4 décembre 2013 et son inculpation subséquente. Les personnalités visées par cette réclamation sont l’ancien commissaire de police Dhun Iswur Rampersad, les assistants commissaires de police Pregassen Vuddamalay et Heman Jangi et Ajay Ramkalawon. L’ACP Dip maintient qu’il a été « unjustly arrested and had to go through the trauma of facing a provisional charge based on mere and alleged false allegations and as a result of same, he has been interdicted from his post up to now ».
Dans la mise en demeure servie aux parties concernées, l’ACP Dip met l’accent sur le fait que l’ancien commissaire de police avait une dent contre lui et avait utilisé cette affaire de détournement de fonds à la Bramer Bank pour pousser une vengeance personnelle. Retraçant sa carrière au sein de la police, il ajoute que sous Gopalsing en tant que commissaire de police, il s’était vu confier la responsabilité de l’administration de la force et que « Dhun Iswur Rampersad was then DCP South with his office at the PHQ and with no administrative power in the day to day affairs of the force ».
L’ACP Dip a soutenu que ses malheurs devaient commencer en décembre 2007 quand il avait suggéré à l’ACP Vuddamalay que le dénommé Marcellin Humbert, appréhendé le 25 décembre 2007 dans un cas d’agression contre un officier de police, devait être remis en liberté sur parole. L’ACP Vuddamalay n’était pas de cet avis et avait répondu « al dir sa Rapmpersad, to ava kone li ki donn mwa lordr ». Cette affaire fut soulevée lors d’une réunion de la fédération de la police le 13 février 2008 et « since then Messrs Rampersad CP and Vuddamalay ACP have an axe to grind against me ».
Le 29 novembre 2013, l’ACP Dip fut convoqué formellement par le central CID dans le cadre d’une enquête sur une fraude massive à la Bramer Bank. Le rendez-vous avait été fixé au 4 décembre 2013. Auparavant, soit dès août 2011, son fils et son épouse avaient été arrêtés et remis en liberté provisoire dans cette affaire. Il devait faire comprendre aux enquêteurs du Central CID qu’il n’avait rien à faire dans cette fraude et que son conseil légal allait prendre contact avec les enquêteurs après le 9 décembre en raison de ses obligations professionnelles.
Or, le 4 décembre 2013, vers 13 h, les limiers du central CID, menés par l’inspecteur Ramkhelawon, devaient effectuer une descente des lieux à son domicile sur les ordres de l’ancien commissaire de police et l’ACP Vuddamalay. Même en l’absence de mandat d’arrêt, l’ACP Dip fut conduit de force au QG du Central CID où il fut placé en détention au poste de police de Trou-aux-Biches.
Lors de sa comparution devant le tribunal de Mahébourg le 5 décembre 2013, l’ACP Dip devait informer « the Court that he had been deprived of his right to counsel of his choice and that he had been arrested without any warrant of arrest and his house searched as well ». Trois charges provisoires furent logées contre lui. Le 10 décembre 2013, il fut de nouveau interpellé avec deux nouvelles charges avec pour conséquence qu’après plusieurs comparutions en Cour, les accusations provisoires furent rayées le 24 juin de l’année dernière, d’où la mise en demeure de Rs 50 millions.