Avec 36 branches, dont dix spécialement dédiées aux petites et moyennes entreprises, 50 ATM, 340,000 clients existants, Rs 30 milliards de dépôts, Rs 33 milliards d’actifs et 708 employés, MauBank, la nouvelle banque lancée en grande pompe par le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, au Swami Vivekananda Convention Centre, jeudi, devient la quatrième enseigne bancaire locale sur les 22 existantes désormais. Etaient également présents à ce lancement, le gouverneur de la banque de Maurice, Basant Roi, les ministres Collendavelloo, Bholah et Soodhun.
Née d’une fusion entre la Mauritius Post and Cooperative Bank (MPCB) et la National Commercial Bank (NCB), la MauBank viendra mettre un terme à deux problèmes latents qui pèsent sur le GM et ces banques: la rentabilité à moyen terme des deux banques existantes et l’accessibilité locale aux jeunes entrepreneurs à travers l’île à ces banques destinées aux PME au lieu de la seule entité prévue à Ebène, comme promis par le gouvernement à l’origine.
« L’État avait injecté Rs 1,2 milliard dans la MPCB et la NCB afin d’augmenter la capital base. Nous avons injecté Rs 3,2 milliards de plus afin de viabiliser la nouvelle banque », a expliqué le ministre des Finances qui a annoncé par ailleurs qu’il faudra attendre le 1er janvier 2016 pour l’ouverture de la nouvelle banque afin que toutes les procédures légales et administratives soient enregistrées. Il a également donné l’assurance que les comptes des clients seront protégés et que tout est mis en oeuvre pour que les erreurs du passé soient évitées et que cette banque sera prémunie contre l’ingérence politique,
La MauBank sera divisée en quatre segments : Corporate Banking, Retail Banking, SME Banking et International Banking. Cette dernière, devrait, selon le ministre des Finances, donner une viabilité accrue à cette nouvelle entité bancaire. Il a cité, à cet effet, la MCB qui génère aussi ses profits grâce à ce segment.
Il a également informé du recrutement du ressortissant indien, Sridhar Nagarajan, l’ex-Chief Executive Officer (CEO) de la Standard Chartered Bank, pour diriger la Maubank. Quant à Ashraf Esmael, l’actuel CEO de la NCB, il fera partie de l’Executive Management de la nouvelle enseigne bancaire.
Cette nouvelle banque issue de la fusion de deux entités — elles-mêmes issues d’un lourd héritage négatif — au passé sulfureux pour mauvaise gestion, des allégations de malversations et de prêts toxiques, surtout aux proches du pouvoir quel que soit le titulaire, est accueillie avec un certain scepticisme, d’autant que la nomination de son CEO, qui recevra un salaire princier, fait également débat dans le secteur bancaire…