GAËTAN SIEW : « Je suis très optimiste concernant le futur des smart cities »

Notre invité de ce dimanche est l’architecte Gaëtan Siew, par ailleurs président du Construction Industry Developpement Board (CIDB), de la State Land Development Company (SLDC) et pilote du projet « Smart cities ». Dans l’interview qu’il nous a accordée, jeudi dernier à son bureau, il revient sur les questions et controverses  concernant les smart cities.

Après avoir été le président de l’Association Internationale des Architectes (UIA) et un des professionnels très écoutés de la profession, vous êtes aujourd’hui très critiqué par vos collègues depuis que vous cumulez les fonctions de président du CIDB, celui de la SLDC, et que vous pilotez le projet des smarts cities. On vous reproche d’être le porte-parole du gouvernement sur les projets de développement foncier et d’architecture, alors que les professionnels ne sont pas consultés.
J’ai été, effectivement, président de l’UIA et j’ai eu un parcours à l’étranger qui m’a donné l’occasion de travailler sur autre chose que l’architecture. Plus précisément, à Londres, j’ai travaillé sur la plate-forme « future cities ». Là-bas, avec les institutions concernées, on a travaillé sur les villes, leurs enjeux, leurs problèmes et surtout sur les solutions testées sur place avant d’être exportées. C’est sans doute à cause de cette expérience que j’ai été approché pour piloter le programme des smarts cities à Maurice et que j’ai accepté la proposition en me disant que je pouvais apporter une petite contribution pour régler certains problèmes locaux. Je n’avais peut-être pas saisi la difficulté de ce que tout cela impliquerait. J’ai eu une mission précise: mener le programme de « Smart Mauritius» qui n’était en fait pas réellement conçu à cette date.

Ce programme, qui change tous les jours et selon les ministres, est-il plus conçu aujourd’hui ?
Il l’est un peu plus. Ma mission, que j’ai accomplie avec l’aide de la BOI et du ministère des Finances, était de définir un concept général, un cadre juridique, un ensemble de mesures financières afin d’inciter les investisseurs privés à aller dans cette direction. Plusieurs projets ont été soumis, certains réunissaient des critères définis, d’autres non.

Il y avait, au départ, huit projets qui sont aujourd’hui au nombre de quatorze.
Ça, c’est le nombre de candidats, pas celui de ceux qui vont être acceptés. Pour l’instant, deux — Omnicane et Cap Tamarin — ont reçu leur letter of intent qui doit être suivie d’une autre étape et un troisième est en bonne voie…

Il faudrait signaler qu’Omnicane et Cap Tamarin sont deux projets qui existent depuis quelques années déjà.
Ce sont des projets qui ont été adaptés aux critères dont je vous parlais. Quand le cadre pour les smarts cities a été fait, on a tout de suite dit que c’était de l’IRS amélioré ou déguisé. Mais l’IRS était conçu autour du résidentiel destiné à être vendu à des étrangers fortunés. En termes de business, on ne créait que quelques postes de jardiniers, de bonnes et de gardiens. Dans les smart cities, nous avons introduit un concept qui est très important : le work, live and play. Il ne s’agit pas de villas d’habitation, mais de business qui serait installé dans les smarts cities où les expatriés qui vont y travailler vont habiter avec toutes les aménités nécessaires. Si le concept est pris à l’envers, il devient : no work, no live, no play. Donc, s’il n’y a pas de business, le reste ne tient pas. Vous avez raison, les projets d’Omnicane et de Cap Tamarin existaient déjà, mais leurs promoteurs y ont introduit la notion de work, le premier autour de l’aéroport et le deuxième autour des services pour le troisième âge. Le troisième, qui n’a pas encore obtenu sa letter of intent est Médine, qui travaille dans le tertiaire. L’autre différence importance avec les IRS, qui n’a pas été assez soulignée, c’est que les smart cities imposent un cadre vert obligatoire dans tous les projets : autonomie en énergie renouvelée, en eau, en gestion des déchets et une gestion intelligente de tout cela avec l’utilisation de nouvelles technologies.

Donc, les smart cities sont des IRS très améliorés ?
Ce n’est pas vrai, mais je reconnais que c’est la perception générale qu’ont les Mauriciens. Mais il faut savoir que Microsoft est intéressée à créer une innovation hub à Maurice. Il faut aussi souligner que l’idée est d’associer chaque smart city a un des nouveaux secteurs de développement de l’économie comme ocean economy ou green technology. Avant de devenir une définition légale, le concept de smart city a été validé par des boîtes de consultants étrangers de Barcelone, une des villes les plus cotées au niveau des smart cities.

Il semblerait que vos confrères ne soient pas sur la même longueur que vous sur les smart cities.
Au cours des trois, quatre dernières années, le domaine de la construction, dont fait partie l’architecture, a connu un contexte difficile avec la décroissance. Et tout d’un coup, mes confrères entendent parler de grands projets, ils veulent plus de transparence, a fair share de ce qui va se passer, et à juste titre. Mais il y a, dans cette situation, une confusion et un amalgame avec beaucoup de choses. La SLDC, que je préside, a deux rôles différents. Son rôle traditionnel, en tant que compagnie de l’Etat, avec un seul actionnaire, qui détient un portefeuille foncier privé dans l’île qu’il doit gérer, développer et optimiser les recettes. Désormais, la SLDC a pour responsabilité de développer le concept « Smart cities» qui suscite l’intérêt des développeurs qui viennent avec leurs architectes et leurs urbanistes. La SLDC gère aussi Highlands avec ses 2000 arpents de terres avec Bagatelle Dam au milieu. Nous avons fait un appel d’offres international pour établir un master plan, et après, le gouvernement a décidé que 336 arpents d’Highlands vont devenir Héritage City, ce qui nous a obligés à geler momentanément l’appel d’offres.

Nous allons revenir au dossier Heritage City dans un moment. Pour le gouvernement, les smart cities vont devenir un des nouveaux piliers de l’économie mauricienne, une grosse source de création d’emplois.
Il faut préciser les choses. Dans sa vision 2030, le Premier ministre a annoncé un certain nombre de nouveaux secteurs de l’économie. Les smart cities seront la plate-forme qui va accueillir à chaque fois un de ces nouveaux secteurs. Les smart cities ne créent pas la nouvelle économie, mais offrent la plate-forme pour accueillir physiquement ces activités.

Deux projets acceptés, un troisième en cours de finalisation : vous ne trouvez pas que c’est peu pour le secteur des smart cities qui est supposé booster la croissance et créer de l’emploi ?
On peut aussi voir les choses de manière différente. En une année, nous avons créé le concept, le cadre juridique et le montage financier et nous avons pu avoir une dizaine de propositions. Mais il faut aussi savoir que certains autres projets ont été refusés parce qu’ils ne répondent pas aux critères.

Savez-vous que mercredi le Premier ministre a déclaré qu’il allait revoir le concept des smart cities, qu’il souhaitait avoir des investissements qui rapportent ?
Cette déclaration ne remet pas en question sa vision 2030. Nous avons déjà des offres écrites d’Airbus, de Microsoft, d’IBM, de Sygfox et de Cisco — qui  va envoyer la sienne — pour des projets qui n’ont rien à faire avec l’immobilier. Ce sont des multinationales qui sont intéressées par le concept et tout cela en un an. C’est peut-être pas assez vite, comme vous le dites, mais pour aller plus rapidement, encore faut-il que les demandes en bonne et due forme soient déposées.

On l’entend dans vos propos : vous êtes très optimiste sur le futur développement des smart cities ?
Je suis très optimiste concernant le futur des smart cities. Je le suis tout en soulignant que nous ne sommes pas des personnes qui pensent avoir la science infuse et refusent les critiques. Une deuxième validation de notre stratégie et de notre marketing va être faite et un appel d’offres international sera lancé à cet effet.

La controverse avec vos confrères, et certaines forces vives du pays, date surtout de l’annonce du projet « Port-Louis smart city ». Entouré de trois ministres, vous êtes venu présenter un plan pour transformer Port-Louis. Peut-on repenser la capitale d’un pays, donc lancer un projet national, sans consulter, sans discuter avec qui que ce soit. En voyant votre présentation 3D à la télévision, on a eu le sentiment que tout avait été déjà décidé à l’avance.
Je reviens sur les mots « confusion » et « amalgame ». Notre rôle n’est pas de faire un master plan de Port-Louis avec, ici des gares d’autobus, là des passages piétons, ici des commerces…

C’est en tout cas l’impression que l’on a eue en regardant votre présentation en 3D…
C’est possible. Je reconnais que la SLDC a fait une faute en termes de communication et je pense que la confusion et l’amalgame viennent de là. Toute personne utilisant la capitale sait quels sont les problèmes de Port-Louis: le parking, les marchands ambulants, les autobus, etc. On n’a pas besoin de consultations pour savoir ça : tout le monde connaît les problèmes de Port-Louis. On ne peut pas envisager de régler le problème d’urbanisme de Maurice sans solutionner celui de Port-Louis. On a fait de la consultation, mais peut-être ne l’avons-nous pas faite dans la bonne direction. On a eu des consultations avec des propriétaires de terrains, quartier par quartier. Nous sommes en train d’installer à la SLDC un logiciel avec un questionnaire que les internautes seront invités à remplir sur les problèmes de la capitale.

La SLDC aurait peut-être dû avoir commencé par ce questionnaire avant la présentation...
Mais on n’a pas fini. On a d’abord listé les problèmes, défini des objectifs, puis nous avons pensé à un ensemble de solutions et quelques projets phares qui devraient être initiés selon une chronologie bien pensée. Ces projets, que j’appelle des aiguilles d’acupuncture, répondent à un certain nombre de problèmes. Les deux gares d’autobus sont les premiers projets qui vont aider à résoudre un certain nombre de problèmes, dont l’entrée dans Port-Louis, selon les recommandations de rapports d’ingénieurs déjà faits. Ces projets pourraient permettre d’avoir des places de parking et aspirer les marchands ambulants pour libérer la route et créer un couloir de bus dans la ville. Tout est lié...

Tout est lié dans le projet de Port-Louis, mais rien n’est expliqué. Aucun de ces milliers de personnes qui viennent tous les jours dans la capitale n’a été invité à donner son avis sur les transformations à venir ! Vous ne pensez pas qu’elles doivent être au moins informées des détails du projet ? Je comprends la colère des architectes et des urbanistes.
Vous avez peut-être raison sur l’absence de communication. Le problème des architectes est qu’ils croient que nous avons déjà choisi un architecte pour faire ce travail sur Port-Louis, ce qui n’est pas vrai. On a défini un concept général avec un montage légal, technique et financier qui va permettre au gouvernement de réaliser ce projet sans y mettre de l’argent. C’était mon rôle de coordonner tout ça. Et il faut souligner que dans ce cadre, j’agis en tant que président de la SLDC et pas en tant qu’architecte ? Une fois que le consortium privé-public sera établi, il va organiser un concours d’architecture pour choisir ses architectes. Cela n’a pas été compris...

Parce que cela n’a pas été bien expliqué !
Peut-être. Nous sommes en discussion avec le président de l’Association des architectes pour organiser le concours dont je viens de vous parler.

Vous discutez peut-être avec le président, mais vous ne répondez pas au courrier que vous envoient les architectes. Ils vous ont écrit en mars pour demander des explications et des précisions et jusqu’aujourd’hui ils n’ont même pas reçu un accusé de réception. Le président de la SLDC n’accepterait-il pas la remise en cause et la critique ?
Pas du tout. Nous avons été occupés à faire le montage du projet et nous allons maintenant passer à la phase technique du projet où les architectes seront impliqués et pourront soumettre des projets qui pourraient être exposés au public.

Pourquoi ne répondez-vous pas aux architectes et pourquoi, dans un cas précis, avez-vous servi une mise en demeure qui ressemble à un gagging order, à un de vos confrères ?
En fait, nous avons répondu à cette lettre collective en deux fois : la première par une réunion à la municipalité où ils ont posé des questions et ont eu des réponses. Ils avaient des questions additionnelles qu’ils nous ont adressées et auxquelles nous avons répondu depuis le 30 mars, ce qu’ils ont omis de vous dire. Nous leur avons dit que nous sommes disposés à les recevoir pour discuter de toute la question lors d’une réunion. Aujourd’hui, ils viennent de proposer la date du 28 avril pour cette réunion.

Pourquoi, dans le cadre de ce débat, avez-vous servi une mise en demeure à l’un des architectes qui vous a critiqués ?
Je considère qu’un architecte fait partie d’un corps professionnel qui a un code d’éthique que je me dois de respecter. Parmi les éléments de ce code figure celui-ci : je ne dois pas critiquer mes confrères, je ne dois pas critiquer leur travail non plus. Si j’ai un problème, une divergence ou un différend avec l’un d’entre eux, le code prévoit, pour moi, une plate-forme où je viens expliquer le problème avec le ou les confrères en face.

Vous venez de me dire qu’en tant que président de la SLDC vous n’agissez pas en tant qu’architecte !
Mais les architectes utilisent la plate-forme des architectes pour dire que je ne fais pas bien telle ou telle chose !

Laissons ces querelles de petite chapelles pour revenir au projet de Port-Louis. Dans la mesure où vous avez discuté avec les propriétaires de terrains, pour certains il ne s’agirait pas surtout d’une opération foncière ?
Le concept général de Smart mauritius comprend deux volets : le premier concerne des projets dans des régions rurales, sur des terrains vierges, qui vont libérer l’espace urbain ; le deuxième concerne l’utilisation de l’espace urbain en commençant par Port-Louis avec une contrainte pas bien expliquée jusqu’à l’heure. Cette contrainte est la suivante : le gouvernement n’a pas d’argent pour financer ces projets et doit compter sur le secteur privé. Avec le BOI et le ministère des Finances, nous travaillons pour le prochain budget sur un package de mesures pour rebooster Port-Louis, pour encourager les propriétaires de la capitale à rénover leurs bâtiments, pour transformer et moderniser la ville.

Au niveau des projets d’urbanisme, il y a le tout dernier: Heritage City. Sorti d’on ne sait quelle imagination, il est devenu la priorité du gouvernement et comprend, entre autres, le déménagement du Parlement à Highlands. Ce déménagement aura lieu parce que le ministre Badhain dit vouloir rendre un hommage architectural à sir Aneerod Jugnauth. Ce « déménagement » annoncé du Parlement ne vous choque pas ?
Je regarde l’ensemble du projet. Je pense que créer une ville administrative à Heritage city va soulager une partie du flux du trafic qui vient sur Port-Louis quotidiennement. Je vois dans Heritage city une opportunité de donner un breathing space à Port-Louis où on devrait créer des espaces verts, des zones piétonnes, diminuer le flux de véhicules qui entrent dans la ville et la transformer en une vraie ville culturelle.

En tant qu’architecte mauricien, vous trouvez normal qu’on fasse appel à un architecte étranger pour dessiner le nouveau Parlement ?
Toutes les décisions concernant Heritage city sont des décisions politiques. Moi, je ne suis qu’un professionnel et ma mission est technique. Je n’ai pas le pouvoir de décision et on ne me pose pas ce genre de questions.

Vous ne vous les posez pas ces questions ?
Je peux et je le fais pour moi. Mais ceci étant, aujourd’hui on peut dire que la pyramide du Louvre a été dessinée par un architecte chinois. Je ne justifie rien, mais je constate les faits. C’est un sujet dont je ne dispose pas tous les éléments pour formuler une opinion. Je peux donner une opinion en tant qu’architecte, mais je ne peux pas le faire comme président de la SLDC ou du CIDB.

Présider deux corps paraétatiques et piloter le projet smart cities, ce n’est pas trop de travail pour un seul homme, fût-il aussi brillant que vous ?
Ce n’est pas le travail d’un seul homme, mais de toute une équipe. Je suis dans la policy, pas dans le day to day management. Les deux corps paraétatiques ont leur personnel respectif.

La SLDC a connu une affaire assez étonnante il y a quelque temps en recrutant une personne se présentant comme architecte et urbaniste, alors qu’elle ne possède pas ces titres.
Quand on a décidé de travailler sur les smart cities, j’ai demandé à ce qu’on constitue une nouvelle équipe avec quatre postes: urbaniste, anthropologue, ingénieur informaticien et project manager. Les smart cities commandent à ce qu’on travaille dans l’innovation, le futur et pas le passé; on a demandé des candidats jeunes, connectés au monde de l’innovation et pouvant totalement think out of the box. Ces candidats choisis doivent réfléchir à des problèmes complexes et proposer des solutions urbaines innovantes. Trois candidats ont été sélectionnés, je suis ravi de travailler avec eux et j’assume totalement ce choix.

Qu’aimeriez-vous dire pour terminer cette interview ?
J’aime beaucoup voyager, mais je n’ai jamais pu le faire très longtemps. Il y a quelques années, je suis parti avec mon fils pour trois mois, dans des conditions assez précaires et difficiles. Ce voyage m’a permis de voir Maurice de loin et j’ai réalisé comment notre pays est bien. Comment ce pays a une qualité de vie, une population extraordinaire, une diversité qui est un atout et pas un handicap, comme certains le disent. Je me suis dit que malgré tout ce qu’il faut refaire, parfaire et corriger, j’aime Maurice et je voudrais y retourner pour vivre. Mais ceci étant, qu’est-ce que c’est difficile pour cette petite population à s’entendre! On est tout le temps dans la confrontation. Si on pouvait au moins s’entendre sur quelque chose, ce serait extraordinaire. Aujourd’hui je me rends compte à quel point il est difficile de pouvoir servir son pays là où je suis. Je suis vraiment surpris de la difficulté que ça peut représenter. Je dis des choses, les mêmes depuis des années, mais depuis quelque temps, ce qui était accepté est systématiquement rejeté. C’est dommage que l’on soit arrivé à ce stade à Maurice

C’est peut-être parce que vous occupez aujourd’hui un poste où l’on prend des décisions que les choses ont changé ?
Peut-être que c’est lié à ça.

On m’a demande de vous poser la question suivante: est-ce que vous n’utilisez pas votre casquette de président et de pilote des smart cities pour apporter du travail à votre cabinet. Plus précisément, est-ce que votre cabinet ne travaille pas avec les groupes Yehai de Pailles et Yihé de Roches-Noires qui ont des projets de smart cities ?
La réponse est non pour les deux cas. Quand j’ai eu la proposition de présider la SLDC, nous nous sommes réunis ici et avons décidé collégialement que nous n’allons pas participer aux appels d’offres du gouvernement. 

Est-ce qu’au niveau financier, c’est un désavantage pour votre cabinet que vous soyez président de la SLDC et du CIDB ?
Oui.

Rassurez-vous, on va compenser ce manque à gagner en inscrivant votre nom au fronton du nouveau Parlement à Heritage city!
(Eclat de rire) J’espère que non ! Je ne le mérite pas !