Gino Sophie

Après une carrière de plus de vingt ans, Gino Sophie a décroché pour la première fois le titre de champion, avec le Quatre-Bornes Volley-Ball Club, dans la National League. Un titre qu’il accueille avec grand plaisir, mais il avoue qu’il n’en faisait pas une obsession.

Gino Sophie, un titre de champion après tant d’années. Cela doit être certainement un très grand soulagement…

Oui et non. Oui, parce que cela fait énormément plaisir de devenir champion, car cela enrichit mon palmarès pour la première fois. Non, parce que je n’en avais pas fait une obsession de décrocher un titre de champion. Si je voulais être champion à tout prix, ç’aurait été le cas depuis très longtemps.

Expliquez-vous ?

J’ai toujours privilégié l’amitié aux choses matérielles. Si je voulais être champion, j’aurais accepté des propositions d’argent à l’époque pour signer avec les équipes qui en avaient les moyens. Je n’ai pas de regret à ne pas l’avoir fait. J’ai vu dans ma carrière de volleyeur beaucoup de joueurs qui ont été champions et qui ont disparu du circuit ou qui ont abandonné pas la suite, ou encore des champions roupillant sur le banc de touche juste pour avoir la médaille d’or et être dans les photos.

Il n’empêche que vous êtes passé par beaucoup d’équipes…

J’ai débuté avec le Centre national de volley-ball et mon premier club fut l’Union Sportive Beau-Bassin/Rose-Hill. Puis, tour à tour, j’ai évolué à l’AS Vacoas-Phœnix, au Quatre Bornes VBC, six ans à Rivière du Rempart Star Knitwear, ensuite au Curepipe Starlight et l’année dernière à Mangalkhan, pour finalement revenir à Quatre-Bornes. J’ai disputé pas mal de Coupes des Clubs Champions, où j’ai déjà obtenu la médaille de bronze, tout comme en sélection nationale aux Jeux des îles 2015. J’ai aussi participé aux qualifications des Championnats du Monde, à la Coupe d’Afrique des Nations et j’ai aussi touché au beach-volley lors de la phase finale de la Continental Cup en 2011. Je peux dire que j’ai eu une riche carrière et ce titre de champion est venu tout couronner.

Il a fallu donc que vous retourniez jouer à Quatre-Bornes pour être titré…

C’était peut-être écrit quelque part. Le projet du QBVBC m’a plus, car il voulait reconquérir le titre après cinq ans. Il y avait un amalgame d’anciens et nouveaux joueurs. Il fallait encadrer les jeunes et cela a bien marché.

Qu’est-ce qui fait la force de Quatre-Bornes ?

On a été champions dans l’adversité. C’est une équipe qui a peu de moyens, mais avec une gérance autonome. On est soudés, que ce soit sur le terrain ou à l’extérieur. Par exemple, on s’entraide au niveau du transport. C’est pour cela que ce titre a une saveur particulière. On possède aussi un bon effectif et le mot d’ordre est l’esprit d’équipe avant tout.

Vous voir évoluer encore chez l’élite, cela étonne plus d’un…

Cela m’étonne moi-même. Mais disons que, même si la condition physique ne suit pas, il y a des fois, la technique et l’expérience compensent. Il faut dire que j’ai reçu la formation adéquate pour pouvoir encore jouer les premiers rôles. Je l’ai déjà dit et je le redis, c’est grâce à Christian Marty et à Reza Itoola que j’ai pu atteindre ce niveau. À l’époque, le travail fourni par le CNFVB et ces deux formateurs était énorme. D’ailleurs, il y a encore des joueurs de cette cuvée qui sont encore encore performants, tels Nicolas Laurette, Éric Louise, Gilbert et Olivier Alfred, Sunil Mudhoo et moi-même.

Quel constat faites-vous du niveau actuel ?

Auparavant, on jouait pour le maillot qu’on portait, on avait un vrai sens d’appartenance à son club. Par contre, de nos jours, il faut gagner à tout prix. Les jeunes qui jouent actuellement sont vite jetés dans le bain ou encore, ils sont recrutés par les grands clubs dès qu’ils commencent à pointer le nez. Il nous faut un vrai centre de perfectionnement, où le travail de base doit être primordial. Il faut aussi avoir des tournois pour les jeunes. Cela dit, le niveau n’est pas si mauvais que cela, mais il y a room for improvement.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes ?

Il faut qu’ils soient patients et qu’ils aient le sens du sacrifice. Toute récompense revient après l’effort. Donc, il faut bosser dur.

Les JIOI 2019 sont derrière la porte. Cela vous intéresse-t-il de faire partie de la sélection ?

Je laisse le soin aux sélectionneurs d’y répondre. Mais pour ma part, j’ai déjà beaucoup donné au volley-ball et à mon pays. Mais si on fait appel à moi pour défendre le quadricolore, il y aura matière à réflexion.

Après ce titre de champion, quelle sera la prochaine étape pour vous ?

Ce sera la Coupe des Clubs Champions à Madagascar à la fin de l’année, où on ira en tant que champions. Retrouver le gratin de la zone 7 sera une motivation de plus pour moi et on n’ira pas pour faire de la figuration. Gino Sophie sera encore et toujours présent.

Le mot de la fin ?

Je remercie tout mon entourage et la famille du Quatre Bornes VBC, ainsi que les fans et les sponsors pour leur soutien.