Un malaise grandissant se fait sentir sous le tapis au sein du gouvernement par rapport aux propos insultants et incitations à la haine attribués au vice-Premier ministre et ministre du Logement, Showkutally Soodhun, par rapport au complexe NHDC de Palma. Fidèle à sa nouvelle tactique, le Premier ministre et leader du MSM, Pravind Jugnauth, joue la carte de l’attentisme avec le paravent de l’enquête du commissaire de police, Karl Mario Nobin. Mais en privé, des membres du gouvernement cachent difficilement leur embarras devant le dernier épisode des « lake ferblan dan lakwizinn ». Rares sont-ils au sein de l’hôtel du gouvernement à prendre la défense du président du MSM dans la conjoncture, alors que les premières spéculations quant à sa succession au sein du gouvernement sont déjà enclenchées.
Dans l’immédiat, Showkutally Soodhun, qui a retenu dans le passé les services de Me Raouf Gulbul pour ses démêlés avec la police, devra se préparer à être convoqué pour être entendu Under Warning pour le grave délit d’incitation à la haine raciale. « Cette enquête sera confiée à la Special Cell au Central CID. Étant une affaire très sensible, ce cas sera traité en priorité », faisait-on comprendre ce matin officiellement. Le timing de la convocation devra être déterminé après des consultations entre le commissaire de police et le responsable du Central CID, l’ACP Devanand Reekoye. « Une décision sera prise en temps et lieu. Nous allons travailler en étroite collaboration avec le bureau du Directeur des poursuites publiques au cours de notre enquête pour obtenir des avis légaux sur plusieurs aspects », fait-on également comprendre.
Sur le plan politique, l’unanimité se fait au sein de l’opposition pour réclamer la démission, voire même la révocation, de Showkutally Soodhun du gouvernement au vu de la gravité des propos tenus (voir textes plus loin). De leur côté, en fin de matinée, Kugan Parapen et Stephan Gua au nom de Rezistans & Alternativ, soutiennent que « les propos rapportés de Showkutally Soodhun sont de graves violations des droits fondamentaux des Mauriciens. Notamment l’article 3 de la Constitution qui garantit les droits et libertés de l’individu, libre de toute discrimination ainsi que l’article 16 de la Constitution qui agit en protection de toute discrimination. »