Sédition alléguée de l’ex-VPM Soodhun : le CCID tente en vain de consigner la déposition du leader de l’opposition
Développements à prévoir dans le sillage de l’affidavit juré par Vivek Pursun au sujet des événements du lundi 20 entre Jumbo/Vacoas/Casernes centrales
Un nouvel épisode dans le scandale de sextos impliquant l’ancien Private Parliamentary Secretary Kalyan Tarolah avec des messages à caractère indécent expédiés à partir de l’Assemblée nationale, devrait intervenir incessamment. En effet, la motion de blâme déposée par le député du MMM Rajesh Bhagwan, réclamant la démission du député de Montagne-Blanche/Grande-Rivière-Sud-Est (No 10) de l’Assemblée nationale, pourrait être inscrite à l’ordre du jour des travaux parlementaires pour des débats. En parallèle, le feu couve sous les cendres dans l’enquête au sujet de l’enregistrement compromettant comprenant des propos relevant de la sédition et attribués à l’ancien vice-Premier ministre et actuel président du MSM Showkutally Soodhun. Les enquêteurs du CCID ont tenté en vain hier d’obtenir une déposition du leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, sur cette affaire. Ce dernier affirme « n’avoir nullement confiance en la police du CP Karl Mario Nobin » alors que des développements sont à prévoir avec les révélations dans un affidavit de la séquence des événements du 20 novembre entre Jumbo, Vacoas et les Casernes centrales.
Nos recoupements d’informations de sources concordantes en marge des travaux parlementaires d’hier indiquent que la Speaker, Maya Hanoomanjee, a donné le “clearance” pour annexer la motion de blâme contre Kalyan Tarolah à l’ordre du jour d’une prochaine séance. Cette décision fait suite à un échange de correspondances entre le Speaker’s Office et le député du MMM, où le premier nommé avait réclamé des “pieces of evidence” pour soutenir cette demande de motion afin de réclamer la démission de ce parlementaire de la majorité.
De son côté, le député du MMM s’est appuyé sur le fait que l’ancien PPS avait déjà été convoqué pour être entendu “Under Warning” par le CCID et les articles de presse avec la version de la victime pour faire comprendre que le comportement de ce parlementaire porte atteinte à l’intégrité de la Chambre. D’ailleurs, répondant hier à une interpellation du député du MMM, Reza Uteem, le Minister Mentor, sir Anerood Jugnauth, a confirmé que trois plaintes ont été déposées par la victime contre Kalyan Tarolah, avec des délits relevant des dispositions de l’ICT Act, sans compter tout l’aspect indécent de ces échanges.
Des spécialistes en procédures parlementaires et avec une maîtrise des “Standing Orders” avancent qu’avec le feu vert de la Speaker, « la balle est maintenant dans le camp du gouvernement ». En effet, c’est le Premier ministre et Leader of the House, Pravind Jugnauth, qui a décidé de l’agenda des séances de l’Assemblée nationale lors du Cabinet Meeting. En l’absence de Pravind Jugnauth, il y a très peu de chance que la motion de Rajesh Bhagwan soit débattue mardi prochain. Dans la conjoncture, la question qui se pose est de savoir si cette motion de blâme sera débattue cette année.
D’autre part, des enquêteurs du CCID ont essayé hier d’obtenir la version des faits de Xavier-Luc Duval dans l’enquête policière initiée sur l’affaire de l’enregistrement controversé contenant des propos séditieux attribués à l’ancien vice-Premier ministre Showkutally Soodhun. Les prises de contact se sont déroulées via le bureau du leader de l’opposition, les hommes de Karl Mario Nobin insistant sur le fait qu’ils sont dans l’obligation de recueillir la version de XLD en marge de cette enquête sur les propos que l’ancien VPM et ministre du Logement et des Terres aurait tenus lors d’une réunion de la National Housing Development Company (NHDC) en juillet dernier. N’ayant pu obtenir la version de Xavier-Luc Duval, le Legal Panel du leader du PMSD a été approché, le but étant de recouper le fil des événements ainsi que la participation du leader de l’opposition dans cette affaire.
Dans une déclaration au Mauricien ce matin, le leader de l’opposition confirme cette prise de contact du CCID hier. « J’ai appris que la police a pris contact avec mon bureau hier et elle est allée voir mon homme de loi à ce sujet. Je réaffirme qu’après la tentative d’amener Vivek Pursun à se rétracter au sujet de sa déposition initiale (NdlR : concernant la réunion avec des habitants de Palma au sujet du complexe de la NHDC), je n’ai aucune confiance en la police et nous allons décider de la marche à suivre », a-t-il laissé entendre.
Au niveau des Casernes centrales, toutes les personnes connectées à cette réunion du 17 juillet dernier, ayant mené à la démission de Showkutally Soodhun, ont déjà été entendues. Sauf le leader de l’opposition, qui était possession de la clé USB contenant la vidéo controversée. D’autres développements se profilent à l’horizon avec une éventuelle déposition de complot contre le leader de l’opposition. En effet, le CCID pourrait être saisi  d’une demande d’enquête sur la teneur d’un affidavit juré vendredi dernier par Vivek Pursun au sujet d’une séquestration et d’un chantage avec promesse de Rs 5 millions « pou met enn sarz kont Xavier Duval ek devir lanket ».