En mission officielle à New York pour l’assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre, Pravind Jugnuath est tenu informé des développements de la Yerrigadoo saga. Il serait en présence d’updates réguliers de cette enquête avec le principal dénonciateur, Mohamad Husein Abdool Rahim accusant Roshi Bhadain d’être derrière un complot contre l’ancien Attorney General, Ravi Yerrigadoo et, par extension, contre le gouvernement. Par ailleurs, pour sa première interventioin en tant que PM à la tribune des Nations unies, Pravind Jugnuath a proposé aux États-Unis un bail à long terme pour la base militaire de Diego-Garcia dans le cadre de l’exercice de la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos.
De New York, les instructions du PM quant à l’affaire d’affidavit contre l’Attorney General sont de “laisser les autorités compétentes faire leur enquête”, ce qui explique pourquoi Me Ravi Rutnah, dont le nom avait été cité comme un des avocats de substitution d’Abdool Rahim, n’aurait eu d’autre choix que d’adopter un low profile. Dès son retour au pays, mardi, il faudra s’attendre à voir Pravind Jugnauth être “fully briefed” officiellement des derniers développements dans ce qui est en passe de devenir un feuilleton politico-policier à rebondissements tant que l’enquête du Central CID ne sera pas bouclée.
Pour ce qui est de son discours à l’ONU, le PM est revenu sur l’importance de l’Advisory Opinion sollicitée par Maurice auprès de la Cour Internationale de Justice à La-Haye. “L’avis consultatif recherché auprès de la Cour internationale de justice permettra de trouver un programme approprié en faveur des Chagossiens qui ont été expulsés de force de cette partie du territoire mauricien en 1965. Notre décolonisation reste à compléter, cinq décennies après l’adoption de la Déclaration de 1960 sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux”, devait-il faire comprendre en rappelant que l’excision des Chagos du territoire mauricien à la veille de l’accession à l’indépendance a été exécutée en violation du droit international, y compris les obligations stipulées dans les Résolutions 1514 (XV) des Nations unies du 14 décembre 1960 et 2066 (XX) du 16 décembre 1965.  
Injustices aux habitants des Chagos
Le PM a remercié et félicité les États membres du groupe des États africains pour la démarche de la résolution du 22 juin dernier avec un vote confortable pour son adoption. “Ce vote a démontré la grande importance que les États membres du monde entier – et pas seulement l’Afrique, mais aussi l’Europe, l’Asie et les Amériques – attachent à la nécessité de compléter le processus de décolonisation, ainsi que la préoccupation qu’ils ont pour les injustices causées aux habitants évacués de l’archipel de Chagos”, a-t-il poursuivi.
Maurice a voulu se montrer rassurante vis-à-vis des États-Unis au sujet de la base militaire de Diego Garcia avec un éventuel retour des Chagos sous son contrôle. “Il n’est nullement dans l’intention de Maurice de remettre en question  des dispositifs de sécurité actuellement en place à Diego Garcia. Let me reiterate what successive Mauritian governments have clearly stated: Mauritius is willing to enter into a long-term renewable lease with the United States to allow these security arrangements to remain in place. In this regard, completing the process of decolonization will enhance security by providing legality and certainty”, a souligné le PM.
Pravind Jugnauth a saisi cette occasion pour commenter également les principales préoccupations sur le plan international, dont la réforme du Conseil de Sécurité des Nations unies, avec une plaidoirie pour un siège en faveur de l’Inde, une meilleure reconnaissance pour l’Afrique et une considération plus digne des Small State Islands Developing States, la situation qui s’est développée au Myanmar, la lutte contre le terrorisme, la situation au Moyen-Orient, les changements climatiques et l’Ocean Strategy.