GRAND PRIX DU BRÉSIL :Vettel champion au bout du suspense

Sebastian Vettel (Red Bull) est devenu triple champion du monde pour trois points, dimanche à Sao Paulo, après avoir frôlé l'élimination au départ du GP du Brésil. Il a fini sixième. Jenson Button (McLaren) l'a emporté devant Fernando Alonso (Ferrari), qui est passé tout près de l'exploit.
Sebastian Vettel (Red Bull) a disputé la course la plus éprouvante de sa carrière, à ses dires, pour devenir à 25 ans le plus jeune triple champion du monde de l'histoire de la Formule 1, dimanche sur le circuit pauliste d'Interlagos. Seul le dernier tour, parcouru au ralenti derrière la voiture de sécurité en raison de l'accident du Britannique Paul di Resta (Force India), aura été un moment de répit pour lui. Parti en quatrième position, l'Allemand a en effet été heurté et expédié en tête-à-queue par le local Bruno Senna (Williams) dès le virage N.3. "Il y a un dégât visible. Ce n'est pas l'aileron avant, il faut que tu restes en piste, nous ne pouvons le réparer", lui a de suite indiqué son stand.
Tombé au vingt-deuxième rang au volant d'une voiture atteinte au niveau de l'échappement arrière gauche, il a entamé une pénible remontée. A cet instant, Fernando Alonso (Ferrari), son ultime rival pour le titre, était troisième et virtuellement champion.
Rassuré sur son rythme par son ingénieur, le Français Guillaume Rocquelin, l'as de Heppenheim a alors pointé neuvième dès le septième des 71 tours au programme ; une place suffisante pour le couronner. Néanmoins, la pluie, les abandons dans le peloton et ses propres ennuis l'ont sans cesse fait passer du rêve au cauchemar. A chaque fois pour quelques points. Après son premier pit stop, au 11e tour, "Baby Schumi" a culminé au quatrième rang avant sa seconde halte (20e tour). Dans le viseur d'un Kamui Kobayashi (Sauber) qui n'avait rien à perdre, il a choisi de ne pas insister au 29e passage avant de subir l'assaut décidé d'un Felipe Massa (Ferrari) en grande forme, et qui aura joué un rôle important au service de son leader.

Pour finir, il double Michael Schumacher
Alors septième, privé de communication radio, le pilote de la RB8 numéro un est rentré au stand au 53e tour pour prendre des "dur", puis a réalisé deux boucles plus tard qu'il lui fallait à nouveau repasser parmi les siens pour chausser des "intermédiaire", mieux adaptés à la pluie qui redoublait. L'arrêt s'est avéré catastrophique : ses mécaniciens ont mis de longues secondes à trouver le pneu avant droit qui manquait…
Rejeté au onzième rang, il est aussitôt revenu dans le Top 10 grâce à l'abandon du leader Lewis Hamilton (McLaren), maladroitement attaqué au virage N.1 par le surprenant allemand Nico Hülkenberg (Force India), pointé en tête du 18e au 47e tour. En lui faisant gagner une position, ce coup de théâtre venait surtout de placer Fernando Alonso sur le podium… Avec Button de retour en tête devant Massa, Vettel a vite compris que le Brésilien allait offrir sa deuxième place à son chef de file, l'obligeant à finir dans les sept premiers. L'inversion effective au 61e tour, Vettel a réglé Kobayashi, profité des arrêts de Vergne (Toro Rosso) et Di Resta (Force India) pour s'accrocher à l'indispensable septième place. Puis en gagner une encore en passant le septuple champion du monde Michael Schumacher (Mercedes) pour finir sixième. Vettel roulait sur les traces de son idole. Il n'est pas encore certifié sept étoiles mais il fait désormais partie d'un cercle fermé comprenant Jack Brabham, Jackie Stewart, Niki Lauda, Ayrton Senna et Nelson Piquet.