Afreximbank, institution financière panafricaine comptant parmi ses actionnaires le gouvernement mauricien, la Banque de Maurice et des banques locales, a en projet la cotation de ses « Depository Receipts », soit des certificats représentatifs d’actions, sur le marché officiel de la Bourse. Cette opération, si elle se concrétise, constituera une grande première pour le marché boursier local et un élément de satisfaction pour la direction de la Stock Exchange of Mauritius Ltd (SEM) dans sa démarche d’internationalisation de notre marché.
Les « Depository Receipts » ou certificats représentatifs d’actions ont pour produits sous-jacents les actions émises par une société, dans le cas présent l’Afreximbank. Celle-ci vient d’annoncer officiellement qu’elle se proposait d’émettre 6 977 actions de Catégorie « D » sous forme de placement privé au prix de 43 000 dollars l’action. La valeur totale de cette émission est de l’ordre de 300 millions de dollars. Afreximbank indique qu’un montant souscrit de 100 millions de dollars serait nécessaire pour qu’elle puisse aller de l’avant avec le projet de cotation à la Bourse de Maurice. Dans l’éventualité qu’un tel montant soit obtenu, les actions de catégorie D seront placées en dépôt à la SBM Bank (Mauritius) Ltd agissant en tant que « custodian ». Avec les actions comme produits sous-jacents, la SBM Securities Ltd, désignée dépositaire de la transaction, va émettre des Depository Receipts.
Si toutes les 6 977 actions sont souscrites, la SBM Securities Ltd émettra en conséquence 69 770 000 Depository Receipts (soit 10 000 certificats pour chaque action). Le prix d’un certificat sera donc de  4,30 dollars.
Actionnaire d’Afreximbank, la SBM a, selon les observateurs boursiers, joué un rôle de premier plan pour susciter l’intérêt de la direction de la banque panafricaine à faire coter ses Depository Receipts sur le marché boursier local. 44 pays africains sont actionnaires d’Afreximbank dont le but est de faciliter et promouvoir les échanges commerciaux intra-africains. Ayant son siège social au Caire, en Egypte, Afreximbank est une institution internationale avec « full legal personality » selon les lois des pays participant à son actionnariat. Au 31 décembre 2016, le capital souscrit de la banque se montait à US$ 378,5 millions.
Le but de l’émission d’actions de catégorie « D » est le renforcement des sources de capitaux de l’institution financière afin qu’elle puisse continuer à étendre ses activités et contribuer à combler le manque de ressources financières destinées au développement du commerce en Afrique. Le « trade finance gap », selon le prospectus d’Afreximbank est estimé à US$ 120 milliards par an. Afreximbank espère également, à travers l’émission d’actions, renforcer son ratio d’adéquation du capital, subvenir à la demande de financement des opérateurs économiques au vu de la croissance projetée du commerce intra-africain et élargir sa base d’actionnariat en donnant la possibilité à des investisseurs de devenir actionnaires de la banque par le truchement des « Class D Shares ».
Si tout marche comme prévu, l’émission des Depository Receipts se fera le 25 septembre 2017, le paiement des certificats émis étant fixé au 27 septembre 2017. Le « trading » de ces certificats sur le marché boursier mauricien commencera le 4 octobre 2017.
Dans les milieux de la SEM, on se réjouit de la décision d’Afreximbank de faire coter ses certificats représentatifs d’actions sur le marché local. Interrogé par Le Mauricien ce matin, Sunil Benimadhu, chief executive de la SEM, dit noter avec satisfaction le choix de la SEM par les dirigeants de cette grande institution panafricaine, un choix qui sert les desseins de la Bourse de Maurice de se positionner comme une plateforme financière pour les sociétés africaines qui veulent lever des capitaux pour financer leur développement. Sunil Benimadhu a indiqué que la SEM s’est montrée avant-gardiste en élaborant dès le début des années 2010 les règles de cotation pour les Depository Receipts. De plus, précise-t-il, la Bourse de Maurice dispose des structures appropriées pour une telle cotation tout en étant la seule de la région à pouvoir faciliter l’émission et la transaction de titres en dollars américains (et d’autres devises dont la livre sterling et l’euro).
« Nous sommes réconfortés dans notre stratégie d’internationalisation de la Bourse de Maurice. Mais, il nous faut continuer à bâtir un écosystème et créer un environnement opérationnel susceptible d’attirer d’autres émetteurs. Pour cela, toutes les parties concernées doivent conjuguer leurs efforts afin que cette stratégie puisse porter d’autres fruits », a ajouté Sunil Benimadhu.